LE HAUT-MBOMOU DANS L’ŒIL DU CYCLONE :

Lundi 26 Déc. 2017 : 10H03

 

LE HAUT-MBOMOU DANS L’ŒIL DU CYCLONE : APRES LA VILLE DE MBOKI, OBO NE TOMBERA-T-ELLE PAS SOUS LE CONTROLE DE L’UPC ?

Ali daras 11Rien ne va plus dans la préfecture du Haut-Mbomou, située dans le Sud-est du pays. Depuis plusieurs années, cette partie du pays est sous la coupe réglée des rebelles ougandais de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) du tristement célèbre Joseph Kony. Des exactions de tout genre entre autres, les déportations,  l’enrôlement des enfants-soldats, l’esclavage sexuel, les incendies de villages, de greniers agricoles, les destructions des champs, ont été perpétrées par les hommes de Kony. Des centaines de villageois ont même quitté leurs villages pour se refugier dans les grandes localités. Les chasseurs, pêcheurs ont toute la peine du monde pour exercer leurs activités. Beaucoup ont été capturés par ces hommes sans foi ni loi. Ceux qui échappent, racontent  leur mésaventure.

L’armée ougandaise et les instructeurs, militaires américains ont été déployés à Obo afin de traquer, arrêter Joseph Kony et ses hommes. La mission qui leur est assignée a accouché d’une souris. Seul un gros poisson de la LRA, Dominic Ongwen a été arrêté et traduit à la Cour Pénale Internationale (CPI) pour être jugé. Quant à son chef Kony, il serait toujours en vie quelque part dans la préfecture du Haut-Mbomou. Ses hommes continuent toujours de semer la terreur et la désolation au sein de la population de ladite région.

Comme disent les uns et les autres, « le malheur ne vient jamais seul », la préfecture du Haut-Mbomou se trouve aujourd’hui dans l’œil du cyclone. Les populations sont dans la tourmente. L’insécurité généralisée y règne. Elle est orchestrée par les combattants de l’UPC de Ali Daras. Au cours de ces derniers mois écoulés, la ville de Zémio est passée sous contrôle de l’UPC après des combats très meurtriers avec les autodéfenses (Anti-Balaka). Bon nombre d’habitants ont fui dans la brousse. D’autres se sont terrés dans les sites des déplacés. Certains se sont déplacés dans la ville d’Obo. Les uns se sont réfugiés en République Démocratique du Congo (RDC). Leurs conditions de vie se dégradent de jour en jour. Ils mènent une vie précaire en dessous du seuil animal.

Au cours de la semaine dernière, ces mêmes combattants de l’UPC se sont emparés de la ville de Mboki, à quelques kilomètres de la localité d’Obo. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous ne disposons pas d’un bilan exact de la prise de cette localité. Y a-t-il eu des morts, des blessés ? Des maisons ont-elles été incendiées par les combattants de l’UPC comme d’habitude ? Difficile de le dire. Mais ce que nous savons, de nombreux compatriotes résidents dans cette ville ont fui vers Obo. Certains sont dans la brousse. Ils ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Ils errent d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sûr.

Face à la situation sécuritaire alarmante dans les villes de Zémio et Mboki, occupées par l’UPC, les habitants d’Obo vivent la peur au ventre. Les autorités administratives et locales appellent le gouvernement et la Minusca à l’aide. C’est dans ce chaos indescriptible que nous avons dit que la ville d’Obo est dans l’œil du cyclone. Après l’occupation de Mboki, la ville de Djémah sera la prochaine cible de l’UPC. Et cette conquête des villes du Haut-Mbomou peuvent atteindre dans les jours ou peut-être les mois à venir la localité d’Obo. Car à l’allure où vont actuellement les choses, un observateur de la vie nationale centrafricaine serait tenté de dire que, la préfecture du Haut-Mbomou en général passerait sous contrôle de l’UPC.

Le gouvernement centrafricain et la Minusca doivent trouver des voies et moyens pour contrecarrer les conquêtes des villes les unes après les autres par l’UPC. Son avancée fulgurante dans le Haut-Mbomou doit être prise au sérieux. C’est un danger qui guette non seulement cette préfecture mais également les autres régions de la RCA. Il est inadmissible qu’après plusieurs accords de paix, de cessation des hostilités, l’UPC persiste et signe dans la violence. Et pourtant, son porte-parole Souleymane Daouda avait clairement signifié que son mouvement politico-militaire n’est pas offensif mais défensif. Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? Occuper les villes les unes après les autres n’est-il pas une action offensive ? Ali Daras et son porte-parole ne roulent-ils pas les autorités du pays, la Minusca, la Communauté internationale et tout le peuple centrafricain dans la boue ? Il ne fait aucun doute.

Le fait de caresser, de dorloter Ali Daras, le « Mal nécessaire » entraînera à la longue des conséquences dramatiques. Si l’UPC parvient un jour à conquérir la ville d’Obo, Ali Daras étendra sa prédominance sur les préfectures de la Basse-Kotto, du Haut-Mbomou et du Mbomou. Sans nous voiler la face, la région n°6 est en danger : Si rien n’est fait dans les jours ou mois à venir, ce sera la catastrophe. En attendant une probable solution qui adviendrait, les habitants d’Obo en particulier et ceux de la préfecture du Haut-Mbomou en général doivent prendre leur mal en patience. Vraiment, la paix n’est pas pour demain en RCA à cause de Ali Daras, Mahamat Alkhatim, Abdoulaye Hissène, Nourredine Adam...

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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