LE GSTC ET LA QUESTION D’AUGMENTATION DE SALAIRES

Vendredi 17/08/2018 : 11H39

LE GSTC ET LA QUESTION D’AUGMENTATION DE SALAIRES DES FONCTIONNAIRES ET AGENTS DE L’ETAT : EST-CE LE MOMENT OPPORTUN ?

Malgré la crise qui perdure en République centrafricaine où une bonne partie du territoire national est occupée par les groupes armés, le gouvernement centrafricain, à travers le ministère des Finances et du Budget, fait des progrès significatifs pour payer les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat à terme échu (le 25 de chaque mois). En plus de cela, l’Exécutif fait des efforts surhumains pour apurer les arriérés de salaires sous les régimes Djotodia, Bozizé et pourquoi pas ceux des feus présidents Kolingba et Patassé. Sachant dorénavant que bon nombre de villes des provinces où proviennent les recettes de l’Etat sont sous le contrôle des groupes armés qui perçoivent les impôts et taxes en lieu et place de l’Etat, on nous informe que le Groupement Syndical des Travailleurs de Centrafrique (GSTC) revendique l’augmentation de salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat. Est-ce vraiment le moment opportun ?

Les crises militaro-politiques qui ont secoué et secouent la RCA, n’ont pas épargné l’économie nationale. Beaucoup d’entreprises qui payaient des impôts et taxes à l’Etat ont été pillées, saccagées, vandalisées par les combattants Séléka et Anti-Balaka, ainsi que certains Centrafricains de mauvaise foi. D’autres ont mis la clé sous leur porte. Certaines tentent de relancer leurs activités. Celles qui ont résisté durant la crise éprouvent de sérieuses difficultés à joindre les deux bouts car les groupes armés ne leur font pas cadeau. En outre, face aux difficultés auxquelles font face les entreprises, nombreuses sont celles qui ne paient pas leurs impôts. Si nos mémoires sont bonnes, certaines entreprises ou sociétés ont été fermées par la direction des impôts pour non paiement de ce qu’elles doivent à l’Etat. Dans ce cas de piètre figure, comment voulez-vous qu’on augmente le salaire ? On parle d’une augmentation de salaire quand l’économie du pays se porte bien. Dans le cas de la RCA, est-ce possible ?

Nous ne sommes pas contre la position du GSTC car nous sommes conscients que les fonctionnaires et agents de l’Etat souffrent atrocement. Les prix des produits de première nécessité ont sensiblement doublé. Avec le peu qu’ils perçoivent à la fin du mois, ils éprouvent d’énormes difficultés à joindre les deux bouts, surtout les enseignants qui sont criblés de dettes jusqu’au cou. Beaucoup ont perdu leurs biens dans cette crise qui est loin de voir le bout du tunnel. Mais ils ne doivent pas oublier que le gouvernement se bat jour et nuit pour les satisfaire. Le paiement d’arriérés de salaires par le gouvernement Sarandji que les fonctionnaires et agents de l’Etat ont accumulés sous les anciens régimes ne signifie en aucun cas que les recettes de l’Etat rentrent normalement. C’est avec le concours des institutions financières internationales que l’Etat centrafricain cherche à apurer les arriérés de salaires.

Au regard de la santé de l’économie de notre pays, il serait vraiment impossible pour le gouvernement d’augmenter le salaire des fonctionnaires et agents de l’Etat à l’heure actuelle.

Même les pays producteurs de pétrole font des abattements drastiques sur le salaire de leurs fonctionnaires. Nous citons entre autres le Tchad, le Gabon, le Congo-Brazzaville. Et dans ces pays, il y a la stabilité. Est-ce le cas en RCA ?

Pour nous, les travailleurs du secteur public doivent prendre leur mal en patience. Le gouvernement que dirige Mathieu Simplice Sarandji, sous la très haute impulsion du président de la République, chef de l’Etat, Professeur Faustin Archange Touadéra, fait du social son cheval de bataille, sans oublier la sécurité qui préoccupe aussi les Centrafricains. Donc, il entendra la voix du GSTC.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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