LE GRENIER DU PAM EST VIDE EN RCA : 120.000 PERSONNES SONT ....

Mardi 17/01/2017 : 10H22

LE GRENIER DU PAM EST VIDE EN RCA : 120.000 PERSONNES SONT MENACEES DE FAMINE DANS LE NORD

 

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est l’un des organismes des Nations-Unies qui fournit plus de l’aide alimentaire aux personnes vulnérables, démunies. Avant la crise qui frappe de plein fouet la République centrafricaines, le PAM était présent. Il fournissait des produits alimentaires dans plusieurs établissements scolaires publics pour permettre aux élèves dont leurs parents ne sont pas à mesure de leur donner suffisamment des vivres, de poursuivre leurs études. Les réfugiés qui vivent en RCA bénéficient aussi de ces aliments.

Pendant la crise, le PAM n’a pas baissé les bras. Bien au contraire, il a accentué la distribution des aliments à tous ceux qui en ont besoin. Ce ne sont pas les déplacés internes qui ont pris d’assaut les sites et qui ont tout perdu lors de cette crise, qui nous démentiront, encore moins les réfugiés centrafricains au Cameroun, Tchad, Congo-Démocratique, Congo-Brazzaville. N’eût été l’aide alimentaire fournie par cet organisme onusien, les Centrafricains allaient mourir de faim. Car, dans les villages et villes du pays, les combattants des groupes armés ont mis feu à tous les greniers. Et cette situation perdure encore aujourd’hui avec les hommes de la LRA de Joseph Kony, ceux du FPRC de Nourredine Adam, du MPC de Mahamat Alkhatim et de l’UPC d’Ali Daras. La population centrafricaine, plus de 80%, spécialisée dans la culture des produits vivriers, ne peut plus faire de l’agriculture. Aller au champ, est une victoire de la volonté car les peuhls qui sont lourdement armés n’hésitent un seul instant à tirer sur ces cultivateurs. Malgré l’appel lancé par les autorités, la Communauté Internationale et les Centrafricains de bonne foi, pour la cessation des hostilités, les rebelles persistent et signent dans des actes barbares, contraignant leurs compatriotes à ne plus vaquer à leurs occupations habituelles, notamment, l’agriculture.

Les conséquences de ces actes irréfléchis commencent maintenant à se faire sentir. Le PAM a annoncé depuis quelques semaines qu’il n’a plus de stocks de produits alimentaires suffisants pour venir en aide aux populations du Nord qui sont durement frappées par cette crise, en l’occurrence celles de la préfecture de la Nana-Gribizi. C’est pour autant dire que le grenier du PAM en RCA est pratiquement vide. Et plus de 120.000 personnes sont menacées de famine. A entendre les responsables de cet organisme, d’ici la fin du mois de janvier 2017, le stock des produits alimentaires sera épuisé. C’est un grand danger pour la population centrafricaine qui a besoin de cette aide. La RCA risque fort bien de connaître une situation de famine comme ce qui s’était passé en Ethiopie.

C’est dans ce contexte que le chef de l’Etat centrafricain, professeur Faustin-Archange Touadéra et la Communauté Internationale ont lancé un appel aux donateurs du PAM. Seront-ils entendus ? Dieu seul le sait. Mais nous osons espérer que leurs cris seront entendus et le grenier du PAM en Centrafrique sera garni de produits alimentaires avant la  fin de ce mois. Les organismes onusiens et les ONG tant nationales qu’interactionnelles qui œuvrent dans ce domaine, connaissent bien la situation alimentaire dans laquelle se trouve la RCA. Ils vont plaider nécessairement auprès des donateurs pour qu’un geste soit fait dans quelques jours. Car, il est inconcevable que les donateurs du PAM ferment les yeux sur la famine qui guette plusieurs milliers d’individus en RCA. Ils savent aussi que les Centrafricains qui vivent dans la région Nord du pays sont de grands cultivateurs. Les préfectures de la Nana-Gribizi, de l’Ouham et de l’Ouham-Péndé étaient le grenier de la RCA. Si aujourd’hui, les habitants de ces préfectures sont frappés par une crise alimentaire, ce n’est pas leur faute. Cette insécurité alimentaire incombe aux groupes armés.

C’est pourquoi, nous demandons à ces seigneurs de guerre de déposer leurs armes pour faire la paix. Une fois les armes déposées, leurs compatriotes retrouveront le chemin des cultures vivrières d’ici les mois d’avril et de mai, période de la saison pluvieuse. En agissant ainsi, nous pensons qu’ils vont épargner la vie de leurs concitoyens et la  famine ne sévira pas en RCA. Dans le cas contraire, les habitants du Nord, en particulier, et ceux de la RCA en général, se trouveront confrontés à la famine qui ne dira pas son nom. Les Centrafricains meurent sous les balles des groupes armés. Et d’ici quelques jours, si rien n’est fait pour alimenter le stock du PAM, c’est la famine qui les exterminera.

De grâce, nous prions tous les donateurs du PAM, d’où ils se trouvent, de voler aux secours des Centrafricains pour sauver des vies humaines confrontées à la famine.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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