LE GOUVERNEMENT SARANDJI DEMISSIONNAIRE DEVANT...

Mardi 29 Août 2017 : 09H39

LE GOUVERNEMENT SARANDJI DEMISSIONNAIRE DEVANT LES EXACTIONS DES GROUPES ARMES : UN BALAYAGE GOUVERNEMENTAL S’IMPOSE EN URGENCE

Les exactions des groupes armés sur les populations civiles ces derniers temps deviennent de plus en plus  inquiétantes et dangereuses. Chaque jour qui passe, des Centrafricains sont tués, leurs maisons incendiées et saccagées par les mercenaires et leurs compatriotes qui se sont constitués en autodéfenses ou qui pullulent au sein des groupes rebelles. Des informations qui nous parviennent de l’arrière-pays sont accablantes.

Dans la commune de Niem-Nyélowa, des affrontements très meurtriers ont opposé les combattants des 3R de Sidiki aux éléments d’autodéfense basés dans la région. D’après le porte-parole du mouvement Retour, Réclamation, Réhabilitation (RRR), ces combats font suite au vol des bétails des peuhls par les autodéfenses. Du côté des autodéfenses, c’est du mensonge car l’un des responsables de ce mouvement a balayé du revers de la main cette accusation. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, l’on ne sait exactement ce qui se passe dans cette région. Selon le député de cette ville, ces combats ont fait déjà plus de cinquante (50) morts et des blessés. La population terrorisée par les combattants non conventionnels s’est refugiée dans la brousse et ses conditions de vie se dégradent davantage. Les habitants de cette localité ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. D’autres ont franchi les frontières pour se refugier au Cameroun voisin. Débutés le mercredi 23 août 2017, ces combats se poursuivraient certainement à l’heure où nous mettons cet article sous presse.

Dans les préfectures du Mbomou, du Haut-Mbomou, de la Basse-Kotto, de la Haute-Kotto, de la Nana-Gribizi, la liste n’est pas exhaustive, des actes barbares des rebelles sur les civils se poursuivent allègrement. Les combattants Séléka d’un côté, les autodéfenses de l’autre, nos compatriotes dans l’arrière-pays sont pris en tenailles. Ceux qui sont soupçonnés par les combattants d’appartenir à tel ou tel groupe armé sont systématiquement traqués, arrêtés et exécutés sans aucune forme de procès. D’autres sont torturés jusqu’à ce que mort s’en suive. Une chasse à l’homme est mise en marche tant par les combattants Séléka que les autodéfenses assimilés aux Anti-Balaka. Vivre sur la terre centrafricaine est devenu un serpent de mer difficile à avaler par certains compatriotes qui affluent vers la République Démocratique du Congo (RDC), le Cameroun, les deux Congo et le Soudan du Sud. Les Centrafricains dorment dans la brousse comme des animaux sauvages, des reptiles et se nourrissent de ce que la nature leur offre. Ils ne sont différents des hommes de Cro-Magnon ou de Neandertal alors que nous sommes au 3ème millénaire. Un individu créé à l’image de Dieu peut-il vivre ainsi ?

C’est vraiment regrettable pour le gouvernement de Sarandji. Les compatriotes sont tués, massacrés, égorgés, torturés, cette situation ne fait pas douche froide dans le dos de certains membres du gouvernement. Tout porte à croire que la RCA ne se  résume qu’à la ville de Bangui la capitale. Les ¾ du territoire national sont abandonnés entre les mains des seigneurs de guerre, les criminels, les malfrats, les bandits de grand chemin qui écument le peuple centrafricain à longueur de journée. Aucune stratégie concrète, à vue d’œil, n’a été mise en application pour contenir les actions des groupes armés. Pire encore, personne ne tousse quand les gens sont abattus. Les Centrafricains sont-ils sacrifiés sur l’autel des groupes armés ? Qu’est-ce qui explique le mutisme du gouvernement Sarandji ? Un gouvernement digne de ce nom doit être au devant de la scène. Mais tel ne semble pas être le cas.

Face à la situation alarmante dans laquelle se trouve la population dans l’arrière-pays, certains compatriotes disent qu’ils ne se reconnaissent pas dans ce gouvernement qui n’intervient même pas quand ses administrés sont attaqués par des individus en armes. Et l’on a l’impression que c’est la Minusca qui assure la sécurité en lieu et place du gouvernement légitime. Dans ce cas de piètre figure, comment les Casques Bleus ne peuvent-ils pas agir comme bon leur semble ? La sécurité d’un pays peut-elle être assurée par des forces internationales ? En Centrafrique, c’est possible. Et c’est ce que nous voyons aujourd’hui. Tout est Minusca, Minusca, Minusca. Où est la place du gouvernement dans la sécurité ? Quel rang occupe-t-il ? Et que fait-il concrètement pour sécuriser le peuple centrafricain ?

C’est au vu et au su de la passivité du gouvernement que nous avons affirmé sans nous tromper que le gouvernement de Sarandji est démissionnaire devant les exactions des groupes armés sur les populations civiles. Ce n’est un secret pour personne. Dix-sept (17) mois après le retour à l’ordre constitutionnel sans un effort palpable en matière de sécurité par le gouvernement Sarandji, nécessité oblige de faire un remaniement ministériel. Le président de la République, professeur Faustin Archange Touadéra doit prendre ses responsabilités en prenant une décision courageuse. Lors de son discours à la nation à la veille de la commémoration du 57ème anniversaire de l’accession de la RCA à l’indépendance, il avait parlé d’une décision politique engageant la vie de la nation. Le peuple centrafricain attend de pieds fermes cette décision qui tarde à venir.

Vraiment, rien ne va plus en matière de la sécurité et de la protection des Centrafricains. Il faut agir vite pour sauver le bateau en naufrage. Les Centrafricains souffrent dans leur peau et dans leur chair. Dans certains ministères, la rupture prônée par le Chef de l’Etat n’est que l’ombre d’elle-même. Les gens ne font qu’à leur tête. C’est vraiment dommage !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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