LE GOUVERNEMENT PARVIENDRA-T-IL A RETABLIR LA PAIX...

Mercredi 28.06.2017 : 09H42

LE GOUVERNEMENT PARVIENDRA-T-IL A RETABLIR LA PAIX ET LA SECURITE EN RCA ?

Deplaces 7Depuis le mois de mai, le regain des violences est observé presque sur toute l’étendue du territoire national. Les régions les plus touchées sont les préfectures de la Haute-Kotto, Basse-Kotto, Mbomou et Haut-Mbomou. Les affrontements quasi quotidiens entre certains groupes dissidents de l’ex-coalition Séléka et les éléments d’auto-défense assimilés aux Anti-Balaka ont fait de nombreuses victimes. Les dégâts matériels sont considérables : incendies de maisons et villages entiers à grande échelle, destructions des édifices  publics et privés, sans oublier les pillages des locaux des ONG nationales et internationales.

Les habitants des préfectures citées ci-haut se sont massés dans les sites des déplacés. Leurs conditions de vie se dégradent de jour en jour. Ils manquent cruellement d’aide alimentaire. Ils se débrouillent tant bien que mal pour survivre. Certains se sont cachés dans la brousse pour échapper aux foudres des seigneurs de guerre qui n’ont ni conscience ni amour, pour leurs prochains. D’autres ont trouvé refuge dans les pays voisins, principalement en République Démocratique du Congo (RDC). C’est le cas notamment des populations de Bangassou, Mobaye, Zangba, et nous en passons. S’agissant de Bangassou, les refugiés commencent à regagner timidement leurs domiciles avec la peur au ventre. En ce qui concerne les villes de Mobaye et Zangba, des refugiés affluent toujours en RDC. Ces localités ressemblent   aujourd’hui au désert du Sahara. Seuls les combattants de l’UPC de Ali Daras et leurs acolytes sont visibles. Quant à la ville de Bria secouée par des affrontements très meurtriers le mardi 20 juin 2017, un calme précaire y règne mais le risque d’un énième affrontement est palpable. Nos compatriotes dans cette localité sont terrés dans les sites et n’osent sortir sous peine d’être tués par les seigneurs de guerre, les hors-la-loi, les criminels qui ont pris position dans la ville et aux alentours.

Eu égard à cette montée en puissance des groupes armés, des voix se sont levées de partout pour condamner ces actes barbares, indignes, inhumains, bestiaux, commis par les différents groupes armés qui ont élu domicile dans ces préfectures. D’autres individus sont allés loin pour dénoncer l’incapacité, l’absence de la Minusca sur le théâtre des affrontements, la non application de son mandat et sa connivence avérée ou supposée avec les groupes armés. Ce dernier point est le nœud de tous les problèmes auxquels le peuple centrafricain est confronté. Et pourtant, les Casques Bleus de la Minusca se disent neutres, indépendants, impartiaux. Mais dans la réalité, c’est un autre son de cloche. Protéger la population civile est devenu un serpent de mer difficile à avaler. On tue, on incendie, on pille, on détruit sous la barbe même des Casques Bleus de Parfait Onanga-Anyanga. Au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes qui gangrènent le peuple centrafricain, ils ne font que tourner autour du pot. Leur principale mission qui est la protection de la population civile est reléguée au dernier rang. Ces soi-disant soldats de la paix, à la vue des richesses que regorge le sous-sol centrafricain, se sont métamorphosés en collecteurs de diamant, or, ivoires et autres.

Etant donné que la Minusca n’est pas à la hauteur de la tâche, le peuple centrafricain s’interroge en ces termes, « le gouvernement parviendra-t-il un jour à rétablir la paix et la sécurité en République Centrafricaine » ? Cette question est la bienvenue. Mais nous devons savoir que dans toute chose, il y a un début et une fin. La crise qui perdure en RCA trouvera un jour une issue favorable. Vous êtes sans ignorer que l’Exécutif n’a pas son instrument de souveraineté qui est l’armée nationale. Les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont bel et bien présents. Malheureusement, ils manquent de tout. D’autres qui sont déjà entraînés et reformés par l’EUTM existent à Bangui mais l’embargo sur les armes à destination de la RCA, imposé par le Comité de Sanction du Conseil de Sécurité de l’ONU qui est suspendu sur leur tête, les empêche d’être vraiment opérationnels et redéployés sur l’ensemble du territoire national. Mais tôt ou tard, ils manœuvreront. Les Casques Bleus de l’ONU qui nous roulent dans la poussière, certains diront un jour que la RCA a une armée redoutable. Mais quel pays de la sous-région méconnaissait la bravoure des soldats centrafricains ?

Un adage dit, « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaîtra ». C’est pour autant dire que l’Exécutif parviendra un de ces quatre matins à rétablir la paix et la sécurité au pays de feu président fondateur Barthélémy Boganda. Le dialogue prôné par le président de la République, Faustin-Archange Touadéra est une arme redoutable qui peut renverser une montagne. Mais est-il que ce dialogue prendra une autre tournure et se transformera en serpent comme le bâton de Moïse. La guerre ne résout pas un différend, une crise comme la nôtre. Dans certains cas, l’usage de la force peut s’avérer indispensable. Les Centrafricains qui gémissent, croupissent, agonisent depuis plusieurs années sous les bottes des groupes armés, verront un jour le bout du tunnel. A Dieu, rien n’est impossible. Et nous croyons aujourd’hui que le Tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre, est avec notre gouvernement qui ne prône pas la guerre mais le dialogue. Dieu éliminera tous les ennemis de la République et du peuple. Prenons notre mal en patience.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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