LE GOUVERNEMENT A DU PAIN SUR LA PLANCHE POUR...

Lundi 10.04.2017

LE GOUVERNEMENT A DU PAIN SUR LA PLANCHE POUR LA RESTAURATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT

Touadera et seleka 3D’après le rapport de l’ONG OXFAM, à la fin du 1er trimestre 2017, 60% du territoire national sont occupés par les groupes armés non conventionnels. L’insécurité est grandissante. Et si rien n’est fait pour mettre un terme au regain de violences dans plusieurs préfectures du pays, notamment la Ouaka, la Haute-Kotto, le Mbomou, le Haut-Mbomou, la Nana-Gribizi, l’Ouham-Péndé, pour ne citer que celles-ci, la RCA reviendra à la case-départ.

Ce rapport inquiétant de l’ONG OXFAM est une sonnette d’alarme et doit interpeller la conscience de tout un chacun de nous. Car, si à Bangui et dans certaines régions du pays, on observe un calme précaire, par contre une bonne partie du territoire est sous l’hégémonie, la prédominance, les bottes des combattants rebelles. Dans les préfectures citées ci-haut, il ne se passe pas un jour sans que des tueries, des incendies des maisons soient enregistrés. Des exactions de tout genre sont perpétrées par ces malfrats, ces criminels, ces assassins sur les habitants desdites régions. Récemment, les combattants de l’UPC s’en sont pris à la population de la ville de Mingala, située dans la préfecture de la Basse-Kotto, faisant plus de cent (100) victimes, des maisons brûlées. La semaine dernière, des hommes lourdement armés assimilés aux combattants du MPC de Mahamant Alkhatim, ont pris contrôle de la ville de Ngaoundaï. Il y aurait certainement des pertes en vies humaines considérables et des dégâts matériels importants puisque l’enceinte de l’église catholique de cette localité a été pillée par ces hommes sans foi, ni conscience. Même au moment où nous mettons cet article sous presse, on nous apprend que la ville de Gambo serait attaquée par les peulhs de Ali Daras. Le bilan de cette attaque n’est pas encore fourni. Dans d’autres villes du pays, loin des caméras, de pareils actes barbares sont enregistrés. C’est dans ce contexte d’insécurité grandissante que cette ONG n’est pas passée par quatre chemins pour tirer la conclusion suivante : « si rien n’est fait, la RCA risque de revenir à la case-départ. Ce que les Centrafricains n’en veulent pas. Ils n’aspirent aujourd’hui qu’à la paix, rien que la paix sur toute l’étendue du territoire national. Ils sont fatigués de cette crise militaro-politique enclenchée par l’ex-coalition Séléka. Il est inadmissible qu’après plus de quatre (4) ans, les Centrafricains sont massacrés comme des bœufs à l’abattoir ou écrasés comme des mouches par des hommes qui ont le titre foncier des tueries, des incendies des maisons, des destructions systématiques des édifices publics et privés, une véritable politique de terre brûlée. Les Centrafricains sont-ils des animaux qu’on peut abattre de la sorte ? Même les bêtes ne sont pas tuées comme ce que nous voyons aujourd’hui. Curieusement, la Communauté internationale, les Nations Unies à travers la Minusca, ne font que condamner, condamner, condamner, sans pour autant prendre des mesures draconiennes pour mettre hors d’état de nuire ces sanguinaires. Où est passé le mandat robuste de la Minusca ? Où est passée sa pleine capacité opérationnelle en Avril 2015, annoncée tambour battant par Hervé Ladsous ? Qu’on cesse de nous rouler dans la farine en inventant des formules mathématiques à plusieurs inconnus, difficiles à résoudre. Les Centrafricains veulent la paix et non les tueries, les incendies, les destructions à grande échelle.

C’est dans cette situation d’insécurité extrêmement grave que nous avons affirmé que le gouvernement aura du pain sur la planche pour restaurer l’autorité de l’Etat dans certaines villes de l’arrière-pays. Ce n’est pas de la plaisanterie, c’est une réalité. Car la Minusca qui est censée aider le gouvernement pour le redéploiement de l’autorité de l’Etat dans nos villes de province, ne fait pas son travail comme il se doit. Au lieu de chercher à ramener la paix et la sécurité dans l’arrière-pays, pour permettre aux nouvelles autorités du pays d’y restaurer l’autorité de l’Etat, les Casques Bleus de la Minusca ne se contentent que de dorloter, bercer, caresser dans le sens du poils les rebelles. Ne se sentant pas inquiétés, ces hommes en armes en profitent pour agir comme bon leur semble. Comment voyez-vous l’attitude de ces soldats onusiens ?

En outre, certaines personnalités étrangères font pression sur les autorités du pays. Tantôt, elles demandent à Touadéra d’amnistier tous les rebelles, tantôt, il faut les juger. Ces mêmes personnalités exigent au gouvernement de redéployer l’administration dans les villes de province encore sous les bottes de ces seigneurs de guerre, sachant d’avance que l’insécurité y règne à 100%. Comment les fonctionnaires et agents de l’Etat peuvent travailler dans une telle situation ? Il serait souhaitable que les Casques Bleus, en l’absence de nos Forces de Défense et de Sécurité, préparent d’abord le terrain avant toute restauration de l’autorité de l’Etat. Dans le cas contraire, tous ceux qui seront redéployés dans leur zone d’affectation respective, sont envoyés dans la gueule des loups qui les dévoreront tous.

D’où nécessité pour la Minusca de déblayer le terrain. Les militaires formés par l’EUTM peuvent les épauler dans ce déblayage. Dans le cas contraire, la restauration de l’autorité de l’Etat dans l’arrière-pays sera un goulot d’étranglement pour le gouvernement. Aussi, les 60% du territoire occupés ne seront repris qu’après le retour de Jésus-Christ à l’allure où vont les choses.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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