LE GENERAL ZOUNDEKO EST EN ENFER ALORS QUE ALI DARAS EST EN VIE

Mardi 14/02/2017 : 08H55

LE GENERAL ZOUNDEKO EST EN ENFER ALORS QUE ALI DARAS EST EN VIE : « SELEKA CHASSE SELEKA », UNE ABSURDITE

Zoudenko

Pour les besoins de la cause, l’ex-coalition Séléka avait recruté tous les mercenaires disponibles aux alentours : soudanais, Njanjawide du Darfour, tchadiens. Recruter les mercenaires, c’est facile, mais s’en débarrasser n’est pas chose aisée. Depuis plus d’un an, Ali Daras allié d’hier, est devenu l’ennemi à abattre  d’aujourd’hui. Il est traqué de toute part par le FPRC et le MPC qui jurent vouloir sa peau par tous les moyens. Les mobiles d’un tel revirement de Séléka contre Séléka, demeurent obscures. Pour les uns, le FPRC et le MPC visent Bambari comme capitale pour la partition du pays ; pour d’autres, Ali Daras se serait taillé la part du lion, en occupant les zones géographiques les plus juteuses et se fait du beurre sur le dos du FPRC et le MPC qui broient du noir. Malheureusement, le Général Zoundéko ignore que « la liberté est le produit d’une règlementation », comme disait Durkhein. En société, personne n’a le droit de faire tout ce qu’il veut. La Minusca a érigé la ligne rouge à ne pas franchir. Cela fait partie de l’ensemble des règlementations qui concoure à l’harmonie au sein de la société.

Relevons que les ex-combattants Séléka se sont accoutumés à minimiser la Minusca, à fouler aux pieds ses ordonnances. Chaque jour n’est pas dimanche en fait. Aveuglé par la vanité de sa pensée, de son orgueil, le général Zoundéko a osé braver l’interdit très formel de la Minusca : « La ligne rouge n’est pas le mur de Berlin », une merveilleuse citation qui vibre comme la sonnerie aux morts. Malheureusement, le Général Zoudéko a fini ses jours au pied de la ligne rouge. D’où peut provenir une telle rage, une telle détermination, une telle volonté de rayer de la carte des vivants un allié d’hier ? A cause de Ali Daras, le FPRC et le MPC vont envoyer leurs combattants à l’abattoir à ciel ouvert qu’est le QG de Ali Daras à Bambari. Le FRPC, le MPC ont mobilisé tous leurs combattants pour donner la chasse à Ali Daras. La population civile de Bambari est très dense et à ce titre, la Minusca ne peut tolérer quelques velléités d’affrontement dans le chef-lieu de la Ouaka. La ligne rouge est bel et bien, le mur Berlin puisque le Général Zoundéko n’a pu le franchir.

Que cache le harcellement de Ali Daras ? Combiens de combattants vont être sacrifiés pour obtenir la tête de Ali Daras ? Le pays a plus que besoin aujourd’hui de bras valides pour sa reconstruction, son développement et sa modernisation. Nourredine Adam va-t-il faire décimer toute la jeunesse du Nord-Est du pays pour ses intérêts égoïstes ? Il revient donc à cette jeunesse combattante du FPRC et du MPC, de prendre ses responsabilités, de prendre son destin en main. Le général Zoundéko ne reviendra plus, car on n’est sur cette terre qu’une seule fois. Faut-il avoir combattu pour rien, et après avoir perdu le pouvoir, mourir pour l’orgueil d’un individu, cela dépasse l’entendement humain. Le MLCJ a été très sage dès l’aube du programme DDRR et profite aujourd’hui pleinement du Pré-DDRR où les combattants deviennent utiles à leur pays et à leur société. Une frange des Anti-Balaka a suivi ce choix de la vie. Il ne reste que le FPRC seul contre tous, avec le soutien inconditionnel du MPC. Ces deux groupes armés (FPRC et MPC) courent derrière le vent et l’attraperont-ils, c’est toute la question que se posent les Centrafricains doués de raison et de bon sens.

Zoundéko a aussi fait dans son interview, des révélations troublantes concernant certaines personnalités du pays, qui apporteraient un soutient sans faille à Ali Daras, à quel dessein ? Dans le monde actuel, il n’y a plus de secrets et tout ce qui est caché finit par apparaître au grand jour. Certaines rumeurs finissent par s’avérer vraies, à la grande stupéfaction de tous. Le général Zoundéko dans son assertion qui s’apparente à un testament désormais reconnait détenir des preuves accablants. Malheureusement, la mort a coupé court cet épisode alléchant, cette révélation fracassante. Et pourtant entre la démocratie et la rébellion, le fossé est grand. Mais en RCA, les jongleurs entre le jour et la nuit ne font guère défaut.

Une chose est sûre, tous les groupes armés sont attendus au programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Les Centrafricains veulent la paix et rien que la paix. Luanda et Vatican ont pris le relais des négociations avec les groupes armés pour tenter de mettre un terme définitif à cette crise. Les Centrafricains attendent voir le bout du tunnel pour pousser enfin un ouf de soulagement qui libérera les populations déplacées et celles en exil dans les pays voisins. Les nouvelles autorités auront les mains libres pour se consacrer  à la reconstruction du pays.

 

Julien BELA

 

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