LE FPRC ET LE MPC SE REGROUPENT POUR AFFRONTER L’UPC :

Lundi 16.01.2017 : 09H50

LE FPRC ET LE MPC SE REGROUPENT POUR AFFRONTER L’UPC :

LE DIALOGUE PRONE PAR TOUADERA EST-IL TOMBE DANS LES OREILLES DES SOURDS ?

Touadera 8

Un différend, un conflit, une crise ne peuvent être résolus au bout des canons, par des flèches, des machettes. Même si deux (2) pays sont en guerre, il n’y aura ni vainqueur, ni vaincu, quel que soit la puissance de frappe de l’un ou l’autre. Ils peuvent s’affronter pendant un siècle, on enregistrera toujours des morts et des blessés dans les deux (2) camps. L’exemple, le plus frappant est la guerre qui avait opposé la Lybie et le Tchad. Militairement, la puissance de frappe de la Lybie était supérieure à celle du Tchad. Mais en aucun cas, la Lybie n’a vaincu le Tchad. Et dans ce genre de guerre, d’autres pays qui ont signé des conventions militaires avec l’un ou l’autre, y font aussi leur entrée. Celle-ci se généralise et aucun des pays ne peut prendre le dessus.

Donc, c’est toujours par le dialogue, la négociation que l’on peut trouver une issue favorable à la sortie de la crise. Mais, ce qui se passe en RCA dépasse tout entendement humain. Les combattants Séléka qui étaient unis au départ pour renverser le régime du général président, François Bozizé Yangouvonda, se regardent aujourd’hui en chien de faïence. Depuis le mois d’août à ce jour, le MPC de Mahamat Alkhatim et le FPRC  de Nourredine Adam, réfractaires au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), ont fait front commun pour combattre l’UPC d’Ali Daras. Dans ces derniers temps, des hommes lourdement armés, venus des villes de Kabo, Batangafo, Moyen-Sido et même du Tchad, ont envahi la ville de Kaga-Bandoro. Ils n’ont qu’un seul objectif : prêter main forte aux combattants du FPRC et du MPC afin de combattre ceux de l’UPC. Au lieu d’en rester là, ils se lancent dans des rackets, des rançonnements. La population de Kaga-Bandoro ne peut dormir tranquillement ou vaquer à leurs  occupations quotidiennes.

Mais pourquoi tout cela ? Si les combattants du MPC, FPRC sont vraiment des Centrafricains, il est hors de question qu’ils se regroupent à Kaga-Bandoro pour s’en prendre à ceux de l’UPC. Au jour d’aujourd’hui, les Centrafricains aspirent à la paix, à la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Ils sont fatigués de cette guerre qui ne dit pas son nom. Hier, on a signalé des affrontements meurtriers entre telle ou telle branche dissidente de la coalition Séléka. Demain, on nous dira que tel ou tel groupe s’affronte avec un autre dans une ville de nos provinces. Que cherchent et que veulent les combattants du FPRC, du MPC et de l’UPC ? La misère ordurière, la souffrance, les errements de leurs compatriotes d’un lieu à un autre ne les émeuvent-ils nullement ?

Quand le sang des innocents coule à flot, leur conscience ne leur reproche-t-elle pas quelque chose ? Ceux qui meurent sous leurs balles sont-ils des animaux ou leurs semblables, en d’autres termes des Centrafricains ?

Et pourtant, le président de la République, chef de l’Etat, professeur Faustin-Archange Touadéra prône toujours le dialogue pour résoudre la crise centrafricaine. Tout porte à croire que la main tendue du chef est balayée du revers de la main par ces criminels, ces malfrats, ces va-t-en-guerre qui n’ont ni foi, ni âme. Le dialogue qui doit être l’arme de ces seigneurs de guerre, n’est plus à l’ordre du jour. Il est tombé dans les oreilles des sourds. Touadéra a-t-il pêché dans le désert du Sahara ? Nous ne le pensons pas. Car d’autres groupes armés ont entendu son appel et se sont abstenus de toutes violences. Nous citons entre autres le MLCJ, le FDPC, les Anti-Balaka (pas ceux de Mokom), la Séléka rénovée de Moussa Dhaffane… La liste est longue. Qu’attendent les autres pour emboiter le pas à ceux-là ?

Se regrouper aujourd’hui dans une ville pour élaborer un plan de guerre afin de s’en prendre à ces compatriotes, est dépassé. Cette époque est révolue. Les combattants du FPRC et du MPC, avec leurs acolytes, les mercenaires tchadiens, auraient dû se regrouper à Kaga-Bandoro pour trouver des voies et moyens pacifiques afin de résoudre le différend qui les oppose à l’UPC. Opter pour la guerre, les affrontements meurtriers dont les conséquences seront incalculables, est inadmissible, intolérable. C’est pourquoi, nous les exhortons à utiliser l’arme de la paix, c’est-à-dire le dialogue pour régler ce conflit intercommunautaire. Car les affrontements entraînent des pertes en vies humaines très considérables et détruisent les tissus socio-économiques du pays. D’où nécessité pour nous d’épouser l’idée du président de la République qui est le dialogue, rien que le dialogue pour sortir la RCA de la crise.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire