« LE CONTINGENT MAURITANIEN DE LA MINUSCA DOIT ...

Mardi 13.06.2017 : 09H37

« LE CONTINGENT MAURITANIEN DE LA MINUSCA DOIT PARTIR DE LA VILLE DE BANGASSOU POUR COMPLICITE D’EXACTIONS SUR LA POPULATION CIVILE », DIXIT UN HABITANT

Minusca patrouille 3Selon les informations qui nous sont parvenues de la ville de Bangassou, ce samedi 10 Juin, le contingent mauritanien de la Minusca serait complice des exactions sur les populations civiles de ladite localité. Un habitant de la ville de Bangassou qui a requis l’anonymat a expliqué, « les casques bleus mauritaniens de la Minusca déployés dans notre région ne sont pas neutres et impartiaux. Ils ont distribué des armes aux musulmans qui se sont réfugiés dans la mosquée. Et les musulmans ont profité de l’occasion pour tirer à balle réelle sur la population. Les casques bleus mauritaniens de leur côté et à la moindre réplique, tirent sur tout ce qui bouge. Tous les chrétiens sont confondus aux éléments d’auto défense ou Anti-Balaka. La psychose gagne toute la ville. Nous ne savons où aller. La région du Mbomou est envahie par des seigneurs de guerre. Les éléments d’Auto-défense, les Anti-Balaka, le FPRC et l’UPC d’un côté, l’Armée de Résistance du Seigneur de l’autre, commettent des exactions sur les populations civiles. Maintenant, c’est le tour du contingent mauritanien. Au cas où les casques bleus mauritaniens restent dans la ville de Bangassou, nous allons vivre le pire un de ces quatre petits matins. Le contingent mauritanien de la Minusca doit partir de la ville de Bangassou pour complicité d’exactions sur la population civile ».

Ce témoignage semble confirmer les propos des représentants du FPRC et l’UPC au cours de l’émission « Patara » de ce samedi 10 Juin. Selon eux, « la Minusca ne fait pas son travail. C’est nous qui assurons la protection des populations. C’était en présence des casques bleus de la Minusca que des civiles ont été massacrés à Bangassou ». C’est la triste réalité que nous observons avec les forces onusiennes déployées en République centrafricaine avec pour principale mission, « la protection des populations civiles ». C’est depuis fort longtemps que la population accuse à tort ou à raison les casques bleus d’être de connivence avec les groupes armés. C’est la raison même qui pousse parfois certaines branches dissidentes de la Séléka ou des Anti-Balaka, à s’attaquer aux soldats onusiens. Une force d’interposition est celle qui est neutre et impartiale. Elle ne défend aucun groupe armé, quelque soit son origine, sa race ou sa religion. Au contraire, elle joue le rôle de la médiation entre les hommes armés et la population civile. Force est  malheureusement de constater que la Minusca à travers ses casques bleus, attise la flamme de la haine et de la violence entre les groupes armés. Ce ne sont pas les populations de Alindao, Zangba, Mobaye, Bria, Kaga-Bandoro, Ngaoundaï, Bocaranga, Koui…qui nous démentiront. Feu Joseph Zoundéko avait affirmé que Ali Daras bénéficiait également du soutien de la Minusca. Est-ce réellement pour la paix que les Nations-Unies sont déployées en République Centrafricaine ?

« Il n’y a pas de fumée sans feu », dit un dicton populaire. La recrudescence des violences observée dans plusieurs régions du pays prouvent à suffisance qu’il y a des mains invisibles qui tirent les ficelles dans l’ombre pour attiser la flamme de la haine et de la violence entre les communautés, afin de replonger le peuple centrafricain dans le bain de sang. Profitant de l’instabilité, les business coulent. Il ne restera plus de Centrafricains à l’intérieur du pays à l’allure où vont actuellement les choses. Chacun ne fait que défendre ses propres intérêts, pendant que la population est abandonnée à la merci des criminels sans foi ni loi, qui ravagent tout sur leur passage : « les diamants du sang », « l’or du sang », « les ivoires du sang », pour ne citer que ces quelques exemples. Est-ce de cette manière qu’il faut exploiter un pays où la souffrance, la misère et le chômage font rage parmi la population ? De quels soutiens aux autorités du pays parlent les responsables des Nations-Unies du moment où les casques bleus de la Minusca sont accusés d’être de connivence avec certains groupes armés et manipulent en même temps les populations à s’entretuer ? C’est très grave d’écouter les représentants du FPRC et l’UPC dire que ce sont eux qui assurent la protection des populations civiles car, la Minusca ne fait pas son travail. Leurs propos ne traduisent-ils pas la passivité, l’attentisme de la Minusca devant les massacres, les pillages et les incendies de villages et maisons ?

Pour des cas de viols, le contingent de la RD-Congo de la Minusca a été rapatrié. Mais dans le cas d’espèce, les casques bleus mauritaniens  déployés à Bangassou  sont accusés  de partialité, en distribuant des armes à une communauté. Au cas où l’information s’avère vraie, le contingent mauritanien doit être rapatrié pour complicité de crime de génocide. De tels actes dépassent tout entendement humain. Les casques bleus mauritaniens ne peuvent agir de la sorte pour boycotter le processus de la paix et de la réconciliation nationale dans le Mbomou. L’ONU à travers les casques bleus se réclame d’une « force de maintien de la paix ». Est-ce réellement ce que nous observons aujourd’hui à travers les comportements des forces onusiennes ? Les Nations-Unies qui privent l’Etat Centrafricain de son instrument de souveraineté,  notamment de son armée nationale, sont complices des malheurs du peuple centrafricain. Depuis le 15 Septembre 2014, date à laquelle la Minusca est opérationnelle, c’est toujours le statu quo : pillages, viols, massacres, incendies, destructions des édifices publics et privés, des locaux des ONG humanitaires nationales et internationales. Alors que les soldats onusiens sont toujours omniprésents sur les scènes des crimes commis par les groupes armés. Tout porte à croire que le chemin de la paix est encore long à parcourir en RCA à cause de la Minusca et sa politique de l’Autruche. Et quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, les Nations-Unies demeurent et demeureront telles qu’elles sont.

Voilà un dossier qui peut aussi intéresser la Cour Pénale Spéciale en vue. C’est le rôle de la Société civile, si elle existe réellement de mener une enquête afin d’éclairer la lanterne de l’opinion nationale et internationale sur ce sujet. « Nous n’avions jamais vu une société civile à l’intérieur du pays », a affirmé le représentant du FPRC. C’est la preuve que la « société civile » n’existe que de nom en RCA. Une société civile bien structurée regroupe en son sein toutes les organisations et est implantée dans toutes les régions du pays. C’est de cette manière qu’elle peut être forte afin d’impacter sur la vie des communautés et les actes barbares des groupes armés. Le manque de vision et de clairvoyance empêche la société civile centrafricaine de poser des actes patriotiques pour sauver la nation en danger. Pour le moment, le contingent mauritanien doit être remplacé par un autre contingent. Sinon…

 

Bénistant MBALLA

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