LE COMITE DE SANCTION DE L’ONU,

Lundi 06.02.2017. 08H54

  LE COMITE DE SANCTION DE L’ONU, A TRAVERS LA PROROGATION DE L’EMBARGO, CRUCIFIE LA RCA ET SON PEUPLE

L’embargo sur les armes et autres effets militaires à destination de la RCA et même sur les Forces Armées Centrafricaines (FACA), qui devrait théoriquement prendre fin ce mois de février 2017, a été une fois de plus prorogé pour un an par le conseil de sécurité de l’ONU, aux termes de la résolution 2339. Les raisons évoquées pour cette prorogation qui court jusqu’au 28 février 2018, sont et demeurent floues. Les Centrafricains ne s’y reconnaissent pas et la considèrent comme une punition ou une façon pour l’ONU de maintenir sa présence aussi longtemps en Centrafrique.

Car, comment comprendre que les combattants des groupes armés, tels que l’UPC, le FPRC, le MPC et les 3 R, sont très actifs et tuent à volonté leurs compatriotes dans certaines régions du pays, pendant que l’embargo est prorogé ? L’ONU a-t-il mesuré les conséquences qui pourront découler de la résolution 2339 ? C’est vraiment impensable et inadmissible que les quinze (15) membres du Conseil de Sécurité puissent adopter à l’unanimité cette résolution. Au lieu de chercher à lever ou à alléger cet embargo pour permettre aux éléments des FACA qui, sont déjà formés par l’EUTM d’être déployés sur le terrain, le Conseil de Sécurité se contente ou se permet le luxe d’enfoncer le clou à la RCA et son peuple. N’est-ce pas une manière de laisser libre cours aux groupes armés non conventionnels de massacrer le peuple centrafricain en l’absence de ses Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ? Il ne fait aucun doute. C’est le cas d’exactions qui ont été perpétrées le jeudi dernier, par les éléments des 3R de Sidiki à Bocaranga. On a dénombré plus de vingt (20) morts tant du côté des déplacés que des combattants Séléka et Anti-Balaka.

La prorogation de l’embargo, décidée par le Conseil de Sécurité de l’ONU est considérée aujourd’hui comme l’épée de Damoclès suspendu sur la tête des Centrafricains et de leur pays. C’est dire que celle-ci a définitivement crucifié une nation toute entière. Les FACA seront-elles opérationnelles ? Dieu seul le sait. Si les combattants non conventionnels ne désarment pas, cela est dû à la non levée de l’embargo. Même si les avoirs de certains chefs rebelles ou de ceux qui les soutiennent sont gelés, cette sanction imposée par ce Conseil de Sécurité n’a aucun effet. Car, pensez-vous que Ali Daras, MahamatAlkhatim, Sidiki, Abdoulaye Hissein, ont des comptes dans les banques européennes, américaines, africaines, et nous en passons ? Nous ne le pensons pas. Le plus souvent, ces criminels, ces malfrats préfèrent thésauriser leur argent que de le loger dans les banques à l’étranger. Pour nous, cette sanction est nulle et non avenue.

Il s’avère indispensable que les 15 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU trouvent des voies et moyens pour traquer, arrêter et traduire en justice les responsables des actes barbares sur les populations civiles, les humanitaires et les forces internationales. C’est de cette façon que la paix et la sécurité pourront revenir en Centrafrique. La deuxième option est de doter les Casques Bleus de la Minusca d’un mandat robuste, c’est-à-dire que cette force de maintien de la paix devient la force offensive et non défensive comme nous constatons aujourd’hui. Une fois que cela est adopté par le conseil de sécurité, alors les Centrafricains respireront un nouvel air. Les criminels de tout bord qui poussent comme des champignons dans la forêt de l’Amazonie déposeront les armes d’eux-mêmes et adhéreront au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Continuer inlassablement à proroger l’embargo, alors que les principaux chefs rebelles se promènent librement et ne sont nullement inquiétés, c’est sacrifier les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest sur l’autel du diable.

Tous ceux qui ont été à l’origine de cette prorogation, nous pensons qu’ils ne s’inquiètent de rien, vivent paisiblement dans le pays de Donald Trump alors que le peuple centrafricain est massacré à longueur de journée par les criminels. Cette situation ne les émeut nullement. Les richesses du sol et du sous-sol de la RCA partent en fumée ou sous d’autres cieux, en l’absence de ses FDS, cela ne fait ni chaud, ni froid dans le dos des auteurs de la prorogation. Où le Conseil de Sécurité de l’ONU veut mener la RCA et  son peuple ? A l’enfer ou dans la jungle ? Trop, c’est absolument trop.

Maintenir une armée nationale dans cette situation ou l’immobiliser pendant plus de quatre (4) ans, c’est tuer un pays et tout son peuple. Le Conseil de Sécurité de l’ONU doit revoir sa copie. La RCA est un pays souverain, indépendant. La priver de son armée nationale, c’est condamner son peuple à être massacré par les seigneurs de guerre, sans foi, ni loi.

Que les 15 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU cessent de crucifier la RCA et son peuple au poteau de supplice  à travers leur fameuse prorogation de l’embargo, adoptée le 27 janvier dernier.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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