LE CERCLE DE LA CRUAUTE AU-DELA DE L’HORREUR EN

V. 07.07.2017 : 13H03

 

LE CERCLE DE LA CRUAUTE AU-DELA DE L’HORREUR EN RDC ET EN RCA : QUELLE IMAGE ENVOIENT LES BARBARES AU RESTE DU MONDE ?

Il n’y a pas un vocable pour qualifier la manière dont les enquêteurs des Nations Unies ont été assassinés en REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO. Il en est de même des mutilations des corps des Casques Bleus à Bangassou. Comment croire que dans le monde moderne d’aujourd’hui, il y a encore des êtres humains capables de traiter leurs semblables comme des ordures, comme un singe qu’on tue et qu’on met en pièces, en carcasse. D’où remonte une telle culture au-delà de l’horreur ? Il y a des gens sans foi ni loi, des hommes cruels, sadiques, mais jamais au-dessus de l’insoutenable. Un être humain devient un sac de foin dans lequel on donne des coups de machettes, on enfonce des baïonnettes, on le transforme en passoire, en bouillie, en amas de chairs.

Dans d’autres cas, un être humain est coupé en morceaux, dépiécé, la tête mise sur un poteau de bois. Tout cela, pour obtenir quoi, pour exprimer quoi ? Est-ce la solution aux problèmes qui fâchent et poussent à prendre les armes ? Les rébellions en Centrafrique et en République Démocratique du Congo ont révélé la facette cachée des créatures de l’enfer qui cohabitent avec les êtres humains normaux. Ces images resteront gravées dans la conscience universelle puis qu’elles font le tour du monde. Même les primitifs, les hommes du paléolithique supérieur, n’ont pas franchi ce seuil du raisonnable. La rébellion a toujours été un mode de revendication hors de la loi, souvent par les armes. La rébellion ne veut pas dire s’acharner sur un corps humain, fut-il votre ennemi juré. La rébellion se déchaîne contre un système et non contre l’être humain pour le dévaloriser, lui faire subir une fin plus qu’atroce. Comment expliquer un tel phénomène ?

Toutes les constitutions à travers tous les pays de la planète terre, consacrent « la personne humaine comme sacrée ». Les Hommes, sous-entendus, hommes, femmes, enfants et vieillards ont tous des droits, notamment le droit à la vie. Nul n’a le droit d’ôter la vie à son prochain. L’humanité baigne de nos dans l’ère des « Droits de l’Homme ». Certaines ethnies ont-elles des ADN sataniques, des gènes de l’enfer ? Que gagne-t-on en mettant un être humain en pièces détachées, en bouillie, en passoire ? Même la torture fait partie des pratiques inhumaines, combattue par la conscience universelle. La peine de mort est de plus en plus, bannie comme verdict d’un procès. Ces créatures de l’enfer envoient au monde des signaux indignes de l’Afrique. Même les terroristes parviennent parfois à libérer certains de leurs otages. Quel est le véritable objectif des rebelles centrafricains et ceux de la RDC pour s’en prendre à des enquêteurs des Nations Unies et aux Casques Bleus de la Minusca ? Les gens qui sont venus nous aider à sortir d’une crise larvée et perlée depuis 1996 à ce jour, sont-ils responsables de nos déboires politiques, économiques, sociaux, culturels et sportifs ? Les Centrafricains sont l’alpha et l’Oméga de leurs malheurs. Ceux qui viennent nous aider ont certes leur force et leur faiblesse. Il s’agit d’une crise armée et les accrochages peuvent avoir lieu. Faut-il pour cela mutiler les corps ? N’eut été la communauté internationale dont les Nations Unies et les Casques Bleus, que seraient les Centrafricains aujourd’hui ? Peut-on parler d’un pays, d’un Etat, d’un peuple ?

Aucun pays au monde ne vit en autarcie. Israël et la Palestine ne sont pas abandonnés à eux-mêmes. La Syrie n’est pas seule, il y a d’un côté les Etats-Unis et leurs alliés, de l’autre la Russie. L’Irak a le soutien des Etats-Unis dans sa lutte contre les terroristes. Aucun pays ne peut-être abandonné à son triste sort, délaissé par la communauté internationale. Il y a des Casques Bleus en RDC. Après la prise du pouvoir par l’ex-Séléka, le 24 mars 2013, il n’y a plus d’objectifs politiques à atteindre. Malheureusement, les différentes rébellions avec leur géométrie variable, ont pris pour cible la population civile sans armes et sans défense : Kaga-Bandoro a payé un lourd tribut et ce n’est pas fini. Cette population civile qui avait applaudi le renversement de Bozizé, est prise en otage, massacrée, torturée, violée, des familles entières brûlées dans leur maison.

Malgré toutes ces atrocités, la communauté internationale a coupé court en organisant les élections. Force est de constater que malgré le retour à l’ordre constitutionnel, les carnages se poursuivent. Pire encore, les vrais ennemis d’hier, signent un Accord, s’entendent pour rendre le pays ingouvernable. C’est toujours le peuple centrafricain qui souffre dans son âme et dans sa chair. En RDC, le pouvoir est loin à Kinshasa, alors que les rebelles s’en prennent à la population civile et aux enquêteurs des Nations Unies. Dans les fosses communes, c’est la population civile qu’on tue comme des mouches. Les mouvements de populations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec son cortège de famine, de maladie de tout genre, d’intempéries et autres calamités. Ce n’est pas le gouvernement de la RDC qui souffre. Faut-il se jeter comme des fauves sur la population civile pour exprimer sa colère, ses revendications, pour se faire entendre ? La rébellion est désormais à la mode en Afrique. Le terrorisme vient compléter le macabre tableau, et c’est l’arithmétique des cadavres qui foisonne dans les médias. Le dernier sommet de l’Union Africaine (UA) prétend éteindre les foyers de tensions sur le continent. Il y a encore du chemin à parcourir pour sortir les peuples africains de leur statut de chair à canon.

Julien BELA

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×