LE BUDGET DE LA RCA PEUT-IL DOTER LES ...

Lundi 17.07.2017 : 11H26

LE BUDGET DE LA RCA PEUT-IL DOTER LES FACA EN

ARMES APPROPRIEES POUR LA DEFENSE DU PAYS ?

Meckassoua 5

Le président de l’Assemblée Nationale, Abdou Karim Meckassoua en séjour en France, a accordé une interview à RFI, ce vendredi 14 juillet 2017. Au sujet de la dotation des FACA déjà remises à niveau par l’EUTM, Karim Meckassoua a préféré réveiller les vieilles querelles d’hommes. Selon RFI, « pourquoi les FACA déjà formées par l’EUTM ne sont pas déployées sur le terrain ? ». Pour Karim Meckassoua, « c’est le sujet de l’interpellation du ministre concerné qui ne veut pas déférer devant l’Assemblée Nationale ». La réponse du PAN nous pousse à nous interroger sur le budget de la RCA. C’est l’Assemblée Nationale qui vote le budget de l’Etat. Le ministère de la Défense est-il copieusement servi dans sa ligne budgétaire pour pouvoir doter les FACA en armes ?

Une Armée nationale a une double mission : assurer l’intégrité du territoire national et garantir la libre circulation des personnes et des biens. Les armes qui permettent à une armée d’être efficace, redoutée et redoutable, ne sont pas des moindres. Elles coûtent excessivement chères : les chars, les tanks, les armes lourdes ou légères, les missiles sol-sol, sol-air, les grenades offensives et défensives, les hélicoptères de combat et de reconnaissance, les avions de chasse, les bombardiers. Et dans le cas d’espèce, les FACA renaissent de leurs cendres. Il faut tout acheter à zéro. Le Président de l’Assemblée Nationale est mieux placé que quiconque pour apprécier le budget de l’Etat et la marge de manœuvre de l’Exécutif dans ce dossier combien sensible et lourd qui engage la survie de la RCA. Dire que l’interpellation du ministre de la Défense et son refus de déférer devant l’Assemblée Nationale sont la cause fondamentale pour la dotation des FACA, ce n’est pas tout gentil.

Et pourtant, le PAN a globalement bien répondu aux autres questions de Christophe Boisbouvier. Seulement, sur l’aspect de la dotation des FACA en armes, le PAN a avalé sa langue alors que la réponse est toute faite et à portée de la bouche. Si le PAN et les élus de la nation consentaient à sacrifier la moitié de leurs indemnités au profit du ministère de la Défense pour la dotation des FACA en armes, ce serait un acte patriotique de la plus haute importance dans l’histoire de notre pays, une initiative salutaire pour la paix en Centrafrique. C’est dans un tel cadre que l’interpellation du ministre de la Défense aura tout son sens. Il sera dans l’obligation de rendre hommage aux élus de la nation, car ils ont contribué pour la paix.

Dans bien des pays ravagés par la guerre, les catastrophes naturelles, le gouvernement fait des coupes sur les indemnités, les salaires, impose des taxes pour joindre les deux bouts, afin de construire le pays. Les députés et les travailleurs sont-ils prêts à consentir un tel sacrifice au profit des FACA ? La dotation des FACA n’est pas une mince affaire. Elle ne peut être traitée avec autant de légèreté. La RCA, ventre mou de l’Afrique centrale, est devenue un repère des mercenaires de tout poils. A cela s’ajoutent les bandes armées, les braconniers, les groupes armés transfrontaliers qui font irruption à nos frontières avec le Tchad, les Soudan du Nord et du Sud, les rébellions de la République Démocratique du Congo, de l’Ouganda et on ne sait plus quel pays encore. Les FACA par leurs armements doivent être au-dessus de la mêlée, impressionnantes et redoutées. Les armées tchadiennes, camerounaises, de la RDC, du Congo Brazzaville, des deux Soudans, ont des armureries très garnies, suffisamment étoffées pour faire face à toute éventualité. Ce qui n’est pas le cas pour les FACA. La dotation doit rassurer les populations, la convaincre que son armée a maintenant les moyens de sa mission. Les FACA doivent elles-mêmes se dire que oui, nous avons ce qu’il faut pour notre travail. Les militaires centrafricains ne doivent pas avoir l’impression qu’on les envoie à l’abattoir avec des armes rudimentaires. A propos de la véritable dotation en armes des FACA, les députés ne doivent pas céder à la politique politicienne. C’est une question fondamentale, vitale, qui engage la survie de la nation toute entière. C’est une question de vie et de mort. il faut la traiter froidement, sérieusement avec la tête sur les épaules. Les députés ne doivent pas perdre de vue le phénomène du terrorisme qui est à la porte de la RCA. Le G5 au Sahel compte sur les armées des pays qui le composent avant de solliciter l’aide extérieure.

La question de la reconstruction des FACA, leur dotation en armes, interpellent toutes les institutions de la République. Il faut s’asseoir autour d’une table, faire l’état des lieux, ce qui a été déjà fait, et envisager les moyens à mettre en œuvre pour redonner à l’armée centrafricaine ses lettres de noblesse et en faire un véritable instrument de la souveraineté nationale. Équiper une armée dépasse très largement le cadre du maigre budget de la RCA.

Julien BELA

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