LA VILLE DE MOBAYE DANS L’ŒIL DU CYCLONE :

Lundi 15 mai 2017

LA VILLE DE MOBAYE DANS L’ŒIL DU CYCLONE : LES COMBATTANTS DE L’UPC DE ALI DARAS SEMENT LA TERREUR ET LA DESOLATION

Ali darassa et ses hommesLa ville de Mobaye, chef-lieu de la préfecture de la Basse-Kotto, située au Sud-est du pays, vit dans la psychose générale. Après avoir perdu les préfectures de la Haute-Kotto et de la Ouaka, disons-le entre guillemets, les hommes de l’UPC de Ali Daras se concentrent dans cette localité. Cet afflux des combattants de Ali Daras, surtout les peulhs n’est pas sans conséquence.

Les affrontements meurtriers entre les Anti-Balaka et les rebelles de l’UPC, dans la ville d’Alidao à 106 Km de la ville de Mobaye, ont fait fuir de nombreux combattants de l’UPC. Aujourd’hui, ils ont assiégé la ville de Mobaye et ses environs. Les exactions de tout genre sont commises par ces hommes sans foi, ni loi sur les habitants de cette localité. A en croire un habitant que nous avons joint au téléphone et qui a requis l’anonymat, les hommes de l’UPC sèment la terreur et la désolation au sein de la population. Les rackets, les rançonnements, les passages à tabac, les tortures, les détentions arbitraires, et que savons-nous encore, sont devenus légions. Il ne se passe pas un jour sans que l’on enregistre des actes barbares. Les non musulmans sont considérés par ces derniers comme des Anti-Balaka, surtout les hommes. Sortir pour vaquer à ses occupations quotidiennes est une victoire de la volonté. Faire cent (100) pas pour prendre de l’air est un grand risque encouru.

D’après une autre source, « nous vivons ici grâce à Dieu. Nous ne bénéficions d’aucune protection, ce qui me fait dire que les habitants de Mobaye en particulier, et ceux de la Basse-Kotto en général sont abandonnés à leur triste sort. Plus personne ne daigne jeter un coup d’œil sur nous. Dans ce cas de piètre figure, nous ne savons plus quel saint se vouer ».

« Avec l’arrivée massive des combattants de l’UPC, certains habitants de Mobaye commencent déjà à regagner la République Démocratique du Congo, précisément à Mobayi-Mbongo. Les gens ont même peur de se rendre au champ surtout ceux du village Mboma où les combattants peulhs de l’UPC avaient tué de nombreuses personnes et incendié des maison à grande échelle, en 2016. Les Conditions de vie de la population de Mobaye et ses environs se dégradent de jour en jour, à cause des violations des droits humains par les peuhls d’Ali Daras. Qu’allons-nous faire ? », s’est interrogé cet habitant.

Les témoignages des habitants de Mobaye face aux actes barbares des éléments de l’UPC sont vraiment tristes, accablants et doivent interpeller la conscience de nos dirigeants et les Casques Bleus de la Minuca.

Car à l’allure où vont les choses, la localité de Mobaye sera semblable à celle de Bambari dans un passé récent. Si les habitants sont déjà pris en otage et la ville entièrement occupée par les peuhls de Ali Daras, qu’adviendra-t-il dans les jours à venir ? Ne s’achemine-t-on pas vers une boucherie humaine à Mobaye, ce que nous ne souhaitons pas ? La situation sécuritaire très tendue qui prévaut dans cette ville est grave et nécessite une intervention rapide des Casques Bleus de la Minusca pour empêcher que le sang ne coule plus à flot.

Les responsables onusiens à Bangui et à New-York doivent se mobiliser au chevet des populations civiles de Mobaye pour éviter que le pire n’arrive pas. Après la mort des quatre (04) casques Bleus et un autre porté disparu, nous avons vu des gens accourus de partout pour adresser leurs condoléances aux familles et aux pays dont sont issus ces soldats onusiens. Pourquoi ne faut-il pas faire autant pour les Centrafricains ? On tue les Centrafricains, on incendie leurs maisons, les gens ne quittent pas New-York pour Bangui. C’est un statu quo ou un silence de cimetière même de la part de nos gouvernants. Ne sommes-nous pas des êtres créés à l’image de Dieu Tout-Puissant ? La mobilisation de l’ONU au sujet des 05 soldats onusiens qui ont trouvé la mort à 20 Km de Bangassou en provenance de Rafaï, dépasse notre entendement humain. Et nous aimerions que cela se fasse autant pour les Centrafricains qui sont écrasés comme des mouches, égorgés comme des bœufs à l’abattoir, sous la barbe même des Casques Bleus de la Minusca qui ont un « mandat robuste » et des armes sophistiquées, ultra modernes, des chars et des hélicoptères de combat.

Nous voulons que ces engins de guerre soient utilisés pour mettre hors d’état de nuire ces malfrats qui écument à petit feu les paisibles populations de Mobaye qui sont laissées pour compte. Caresser toujours ces bandits de grand chemin, ces hors la loi dans le sens du poils, c’est leur donner carte blanche ou un chèque signé en blanc. La ville de Mobaye ne doit pas se transformer en un  champ  de batailles.  Les autorités démocratiquement élues  doivent faire des pieds et des mains pour parer à toutes éventualités. D’ailleurs la troisième Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT3) est déjà formée, entrainée par l’EUTM et remise au gouvernement le jeudi 11 mai dernier. Le gouvernement a tout intérêt d’équiper les éléments de FACA du BIT 3 afin de les déployer sur le terrain. La Minusca seule devant les mille et un (1001) diables des groupes armés ne peut rien faire.

Que la ville de Mobaye soit aussi déclarée dans les jours à venir « Ville sans armes » et « Ville sans groupes armés » par la Minusca.

 

Denis LOUGOUSSOUS-NGOUVENDA

       

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