LA VILLE DE KABO ABANDONNEE PAR LA MINUSCA :

Vendredi 09 juin 2017 : 09H04

LA VILLE DE KABO ABANDONNEE PAR LA MINUSCA : LES GROUPES ARMES Y PRENNENT CONTROLE ET SEMENT LA PANIQUE ET LA DESOLATION AU SEIN DE LA POPULATION

Carte rcaPendant que la ville de Bossangoa, chef-lieu de la préfecture de l’Ouham renoue peu à peu avec la cohésion sociale, le vivre ensemble, la réconciliation nationale, voire la sécurité, c’est le contraire qu’on observe dans la ville de Kabo, pourtant faisant partie intégrante de la préfecture de l’Ouham. « La situation sécuritaire commence à s’améliorer grâce aux multiples patrouilles du contingent Camerounais  de la Minusca déployé dans la ville de Bossangoa », a affirmé le secrétaire général de la préfecture, représentant  madame le préfet de l’Ouham. Toutefois, il n’était pas passé par quatre chemins pour dire, « il n’y a aucune force internationale dans la ville de Kabo après le retrait du contingent Camerounais de la Minusca déployé dans la localité. Les actes de violences commis par les groupes armés sont enregistrés tous les jours dans la ville ». Autant dire que la ville de Kabo est abandonnée dans la main des criminels sans âme ni conscience et qui écument à petit feu les populations civiles.

Cette situation a été décriée depuis longtemps par le maire de la ville de Kabo. Selon lui, « après le retrait du contingent camerounais de la Minusca, la ville de Kabo est abandonnée à son triste sort. C’est le couloir de trafics d’armes à ciel ouvert qui permet aux groupes armés de commettre les exactions sur la population. La Minusca et le gouvernement doivent prendre leur responsabilité pour envoyer des forces de sécurité dans la ville afin de protéger les populations civiles ». Malheureusement, rien n’a été fait. Les populations de la ville de Kabo sont restés jusqu’à la date d’aujourd’hui sur leur soif. Elles sont toujours inquiètes et ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. A l’allure où vont actuellement les choses, il ne restera plus de centrafricain dans l’arrière-pays, à cause de la Minusca et sa politique de l’autruche. La ville de Kabo est très stratégique par rapport à sa position géographique. Située au Nord-ouest, près de la frontière avec le Tchad, cette localité est souvent victime d’incursion d’hommes armés appelés « Mbarara » venus pour la plupart de temps du Tchad à dos de chameau. Ils commettent des exactions sur les populations civiles. C’est depuis l’époque du président déchu François Bozizé que ces hommes armés faisaient irruption dans cette localité du pays. Ils incendiaient de maisons et villages entiers et repartaient comme bon leur semble.

Ce qui est encore grave, c’est que le pays continue de traverser une crise militaro-politique depuis plus de quatre (04) ans aujourd’hui. Les frontières de la RCA avec les Etats voisins sont totalement poreuses. Les principales sources de ravitaillement des groupes armés sont le Tchad, le Sud-Soudan et la RD-Congo. Nous ne cessons d’attirer tous les jours l’attention des autorités du pays et de la Minusca sur cet aspect. Hélas, peine perdue. Les populations des régions proches des frontières avec les pays voisins sont sacrifiées sur l’autel des seigneurs de guerre qui détruisent tout sur leur passage. Tous les jours, c’est la même chanson qu’on entend à longueur de journée, « la Minusca a pour mission principale la protection des populations civiles ». Alors qu’en réalité, des têtes tombent sans cesse dans l’arrière-pays, en présence des casques bleus de la Minusca. Ces mêmes Nations-Unies bloquent la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaines et assistent sans réagir aux massacres des populations civiles. Sans pour autant nous voiler la face, ce sont les Nations-Unies qui roulent les populations dans la farine et maintiennent la population en otage. « La Minusca a renforcé ses dispositifs et multiplie des patrouilles à l’intérieur du pays », affirme la Minusca. Qu’en est-il des villes de Bangassou, Alindao, Bria, Bocaranga, Ngaoundai et récemment Nzacko ?

Dès que l’acte est consommé, c’est de là que les pêcheurs en eau trouble sortent de leur tanière pour jouer aux sapeurs-pompiers. Douze mille cinq cents (12.500) casques bleus déployés dans le pays, l’effectif est suffisant pour sécuriser l’ensemble du territoire ainsi que la population civile. Il est impensable que le peuple centrafricain puisse continuer de souffrir depuis quatre (04) ans en présence des soldats onusiens avec toute une armada impressionnante de guerre. Nous prenons à témoin la Communauté internationale de la souffrance du peuple centrafricain.

 

 Benistant MBALLA

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