LA VILLE DE BAMBARI DANS L’ŒIL DU CYCLONE

Jeudi 08 décembre 2016 : 13H011

LA VILLE DE BAMBARI DANS L’ŒIL DU CYCLONE : LA  PREFECTURE DE LA OUAKA  EN DANGER

Nourredine et ali daras 2La préfecture de la Ouaka, située au centre de la République Centrafricaine, vit au rythme des affrontements à répétition. Il ne se passe pas un jour sans que l’on signale des combats. Les combattants du FPRC et de l’UPC s’affrontent sans cesse. Depuis le mois de novembre dernier, l’UPC et le FPRC se regardent en chien de faïence. Du village Kolaga à Bria, chef lieu de la préfecture de la Haute-Kotto, des affrontements très meurtriers ont opposé ces deux (2) factions dissidentes de la Séléka. Le bilan était très lourd, plus de quatre vingt (80) morts. Mais en réalité, il est bien plus supérieur au chiffre annoncé.

Au lieu d’en rester là, l’UPC d’Ali Daras et le FPRC de Nourredine Adam ont préféré étendre ces affrontements au-delà de la préfecture de la Haute-Kotto.  C’est ainsi qu’après des combats acharnés et féroces, la ville de Bakala est tombée entre les mains du FPRC, la semaine dernière. Mais des heurts entre l’UPC et le FPRC sont signalés encore dans la ville de Bakala qui pourtant serait sous contrôle du FPRC. L’UPC s’est-il réorganisée pour lancer une contre-offensive afin de déloger les combattants du FPRC de Bakala ? Difficile de le dire, car les humanitaires ne peuvent avoir accès à cette ville. Les seigneurs de guerre ne laissent aucune chance, aucune ouverture aux ONG humanitaires  pour s’occuper de ceux qui ont besoin de leur aide, leur apport multiforme. De ce fait, quel bilan peut-on avoir, du moins que toutes les portes (les entrée et les sorties) de la ville sont hermétiquement fermées ?

Pire encore dans sa folie de reconquête des villes, les unes après les autres, Nourredine Adam et ses hommes ont attaqué les positions de l’UPC dans la ville d’Ippy. Les affrontements se  poursuivent aujourd’hui. Les habitants, pris de peur que de mal, se sont refugiés dans la brousse. Les uns ont pris d’assaut le site des déplacés sous le contrôle des Casques Bleus de la Minusca, basés dans la région. D’autres seraient entrain d’affluer vers la ville de Bambari ou dans d’autres villes du pays. Leurs conditions de vie se dégradent du jour au lendemain car les humanitaires qui leur venaient en aide se comptent aujourd’hui au bout des doigts dans la préfecture de la Ouaka. La plupart  des humanitaires se sont retirés et attendent probablement que la situation se normalise pour reprendre leurs activités. Mais jusqu’à quand ? Dieu seul le sait. Les populations de Bakala, d’Ippy et autres, doivent prendre leur mal en patience.

Au vu et au su de ce qui se passe aujourd’hui dans les villes de Bakala et Ippy, un observateur serait tenté de dire que la préfecture de la Ouaka est en danger et que la ville de Bamabari est dans l’œil du cyclone. Si la ville d’Ippy passe d’une main à une autre, c’est-à-dire de l’UPC au FPRC, comme celle de Bakala, alors Nourredine Adam poursuivra allègrement sa conquête. Mais une fois que les affrontements entre l’UPC et le FPRC atteindront la ville de Bamabri, on assistera sans doute à une véritable boucherie humaine. Pourquoi ? Tout simplement parce que Ali Daras ne pourra pas laisser tomber cette ville le plus rapidement possible, car considérée comme son fief. Il va concentrer toute son énergie pour défendre ladite ville.et si Nourredine Adam tient absolument que la ville de Bambari passe sous son contrôle, c’est de là qu’on assistera au combat des deux (2) éléphants dont les conséquences seront incalculables.

Mais ce qui paraît obscur dans ces affrontements, c’est qu’on ne connaît, ni l’ambition de Nourredine, ni celle de Daras, puisque ces deux (2)  va-t-en-guerre n’ont pas encore fait des déclarations sur les ondes des radios nationales et internationales. C’est vraiment un statu quo ou le silence de cimetière. Que veulent-ils ? Que cherchent-ils ? Pourquoi Nourredine tient coûte que coûte à découdre avec Daras et vice versa ? Nous le saurons dans les jours ou les semaines à venir.

En attendant, le gouvernement et la Minusca doivent conjuguer leurs efforts  pour éviter que ces affrontements entre l’UPC et le FPRC ne se déroulent pas dans la ville de Bambari. C’est un danger tant pour les populations civiles que pour le gouvernement. A l’allure où les affrontements se rapprochent du chef-lieu de la préfecture de la Ouaka, la population centrafricaine en général et les Banguissois et Banguissoises en particulier, sont inquiets. Cette montée en puissance d’insécurité grandissante dans les villes de Bria, Bakala, Ippy et autres, doit interpeller la conscience du gouvernement et de la Minusca. Ils ont aussi intérêt à s’interroger de la manière suivante : « qu’est-ce qui se cache réellement derrière ces affrontements » ?

Si la ville d’Ippy bascule dans le camp du FPRC, alors Bambari serait la prochaine cible de Nourredine et la préfecture de la Ouaka risque de sombrer dans un regain de violence qui ne dira pas son nom.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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