LA VIE DE 5.000.000 D’AMES SUSPENDUE AU DDRR, MAIS

Mercredi 19.12.2018 : 09H52

 

LA VIE DE 5.000.000 D’AMES SUSPENDUE AU DDRR, MAIS L’OMBRE DE L’ECHEC DU DDR SOUS BOZIZE PLANE ENCORE ET BIEN DES OBSERVATEURS SONT PESSIMISTES

Ddrr 2Les hauts responsables en charge de la gestion du Programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), ont une lourde responsabilité devant les hommes, l’histoire et Dieu Tout-Puissant. L’échec du DDR sous le régime Bozizé trotte encore dans tous les esprits, tant à l’échelon national qu’international. Ce qui fait dire à l’expert français Laurent Marchal qu’ « il ne croit pas à la réussite du DDRR », s’appuyant sur la triste expérience sous le régime Bozizé, alors que Touadéra était premier ministre. Le quotidien « Centrafric Matin » partage entièrement le pessimisme de Laurent Marchal. L’attraction pour l’argent en RCA est si monstrueuse, si gloutonne, qu’il y a bel et bien lieu de s’inquiéter de la gestion et du succès du DDRR.

Les groupes armés font toujours allusion à cet échec retentissant sous Bozizé qui a plongé le pays dans cet apocalypse que nous connaissons aujourd’hui. Le pessimisme de Laurent Marchal que partage Centrafric Matin doit être perçu comme une sonnette d’alarme, un avertissement, une mise en garde à tous ceux qui gravitent dans le macrocosme du DDRR. C’est la survie du peuple centrafricain qui se joue dans ce programme. Cinq millions de vies humaines, hommes, femmes et enfants, sont suspendues au DDRR. La cupidité océanique des gestionnaires du DDR sous le régime Bozizé, a plongé le pays dans l’abîme. Pour aller à la douche, il faut des frais de mission ; pour respirer, il faut des frais de mission ; pour dire bonjour, il faut des frais de mission. Tout porte à croire que le puits financier est intarissable, inépuisable. Des missions bidons, sans importance, sans impact, sont créées pour se remplir les poches à longueur de journée, de semaine et de mois. La consommation financière est ahurissante sur fond de gaspillage. L’inconscience, l’irresponsabilité, la cupidité hors pair des gestionnaires du DDR ont été payés cash par Bozizé qui a perdu le pouvoir. L’échec du DDR de Bozizé, c’est le bain de sang dans lequel nous sommes engloutis jusqu’au cou.

Ceux qui ont la responsabilité de la gestion du DDRR se croient au-dessus de la mort, au-dessus de Dieu, intouchables parce qu’ils ne rendent compte qu’au chef de l’Etat. Est-ce qu’il y a une structure de suivi-évaluation à chaque étape ? Tout échec de l’actuel DDRR équivaut à la disparition de la RCA de la carte du monde. Aucun prétexte ne sera toléré. Une gestion transparente, honnête, rigoureuse, qui pourrait pousser les partenaires du DDRR à y contribuer davantage, afin de restaurer la paix, la sécurité qui sont les aspirations profondes du peuple centrafricain, est capitale. Le président Touadéra doit être intraitable, intransigeant inflexible et rigoureux quant à la gestion financière du DDRR. Mieux vaut travailler le ventre vide, mais que le DDRR soit un plein succès, avec des combattants satisfaits que de s’enrichir et plonger dans l’apocalypse la RCA. L’avenir politique du président Touadéra se joue dans ce programme DDRR, lancé à Paoua, ce lundi 17 décembre 2018. « Tout peuple qui ignore son passé apocalyptique est condamné à le revivre au plus pire ».

Les Centrafricains ont toujours la mémoire courte, de sorte que le présent ne se construit pas au regard du passé. Les Centrafricains ont une faiblesse inqualifiable vis-à-vis de l’argent. C’est le péché originel du Centrafricain qui perd rapidement sans sang froid quand il est en face des milliards de francs CFA à gérer. Seulement, pour le présent DDRR, c’est une question de vie et de mort pour la nation centrafricaine. Personne ne croit à la force d’esprit du Centrafricain de résister à la cupidité, pour réussir un projet, un programme avec succès et félicitations des bénéficiaires.

Le Conseil de Sécurité de la RCA doit veiller au grain sur la gestion financière du présent DDRR. Que les combattants soient la priorité des priorités. Rien ne sert de courir, car qui va doucement, va sûrement, point par point, afin que rien ne soit laissé au hasard. L’humilité précède la réussite et la gloire. Les combattants sont les plus importants puisque c’est leur programme. Nous ne cesserons de le répéter, 5.000.000 de Centrafricains sont suspendus au DDRR et attendent la paix et la sécurité au bout du tunnel.

Centrafric Matin espère que tous ceux qui ont accepté de porter cette lourde responsabilité extrêmement sensible n’ont pas vu l’argent, mais la survie de tout un peuple meurtri, fatigué, livide et presque mort à moitié. Le pessimisme de l’Expert français Laurent Marchal, que partage entièrement Centrafric Matin, doit trotter dans leurs têtes à chaque seconde pour les galvaniser et les porter vers un succès éclatant. La nation toute entière leur sera vivement reconnaissante, voire leur faire des gratifications à la hauteur de leurs peines, de leurs souffrances, pour relever ce défi du pessimisme. La cupidité baleinière est le talon d’Achille des Centrafricains. Les responsables en charge du DDRR doivent vaincre ce signe indien qui colle à la peau des Centrafricains. Le peuple centrafricain a payé très cher et cash les pots cassés de la mauvaise gestion du DDR de Bozizé. Alors, un homme averti en vaut mille. Les Centrafricains ne pourront plus pardonner le moindre dérapage. C’est une question de vie et de mort pour le peuple. A bon entendeur, salut !

Julien BELA

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