LA SITUATION ACTUELLE DE L’ARMEE CENTRAFRICAINE PASSE...

Mercredi 08 Octobre 2016 : 08h25

 

LA SITUATION ACTUELLE DE L’ARMEE CENTRAFRICAINE PASSEE AU PEIGNE FIN  PAR LE CHEF D’ETAT-MAJOR

DES ARMEES

Chef etat major armees

Le Chef d’Etat-major des Armées, le Général de Brigade Ludovic Ngaïfeï a animé une conférence de presse, ce mardi 18 octobre 2016, aux environs de 09 heures 30 minutes, dans la salle de conférence du camp de Roux, siège de l’Etat-major des Armées. Il était assisté de ses proches collaborateurs, à savoir le sous-chef d’état-major en charge des Opérations, Colonel Isidore Ngreppé et le sous-chef d’état-major en matière de Planification, colonel Ismaël Kouagou.

Lors de cette conférence de presse, le Chef d’Etat-major s’est appesanti sur trois (3) points, en l’occurrence la situation générale de la sécurité dans le pays, l’historique de l’armée et ce qui est fait au sein du ministère depuis un certain temps. Abordant le premier point, le Général de Brigade, Ludovic Ngaïfeï a signifié, « c’est à plusieurs reprises que la population centrafricaine sollicite la grande muette. C’est pour cette raison que le ministre de la Défense m’a donné l’autorisation de sortir de ce mutisme pour dire quelque chose à la population. Face aux menaces actuelles, nous avons fait une situation générale de la sécurité dans le pays. Les menaces sont multiformes depuis une vingtaine d’années. Après la prise du pouvoir par la Séléka, dans un esprit de sursaut patriotique, les Anti-Balaka se sont retrouvés dans les mêmes exactions que les combattants Séléka. Ce qui a poussé la Sangaris à intervenir le 05 décembre 2013.

Face à ces menaces, l’attente de la population est grande : redéployer les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sur toute l’étendue du territoire national dans un délai raisonnable. Nous prenons en cœur ce qui se passe chez-nous ».

Abordant l’histoire de l’armée centrafricaine, le conférencier de dire, « Créée en 1961 dont Bokassa fut le premier chef d’Etat-major, l’armée centrafricaine a opté pour la défensive et non l’offensive. Les matériels employés par les militaires sont à la limite. Depuis sa création, on n’a formé que quatre (4) générations des officiers. C’est juste à partir de 1979 que l’armée centrafricaine est montée en puissance. Mais, c’est en 1996 qu’elle a connu tout son déclin : division ethnique, mutineries, rebellions. A partir de ce moment, notre armée n’avait pas un chef d’Etat-major digne de ce nom car cette fonction était assurée par le Chef de l’Etat lui-même. Ensuite, on n’a jamais dissocié le politique de l’armée. Avec toutes ces approches, l’armée ne se retrouvait pas ».

Quant aux réalisations déjà faites par le ministère de la Défense Nationale, celui-ci a indiqué, « Le ministère de la Défense s’est attelé à mettre des étapes pour sortir une armée qui répond aux normes, aux menaces qui pèsent aujourd’hui sur la République Centrafricaine. Nous avons déjà une feuille de route. Aujourd’hui, nous nous focalisons sur la maîtrise du personnel, le contrôle physique. S’agissant du niveau opératif, nous sommes prêts pour Bruxelles sur le dossier de formations, d’infrastructures. C’est un chiffre qui dépasse les ressources de l’Etat. Mais il le faut car depuis fort longtemps, l’Etat n’a pas inscrit dans son budget, les équipements et les infrastructures de l’armée.

Pour répondre aux besoins de garnison, nous avons quatre (4) zones de défense, y compris la zone autonome de Bangui. Il nous faut aussi des unités spécialisées : commando, parachutisme, infanterie mécanisée. Dans le domaine pratique, nous avons mis en place quatre (4) zones de regroupement (ENAM, Camp Kassaï, Kolongo et l’ancienne base du RDOT à la sortie nord de Bangui) qui permettent de récupérer ceux qui ne sont pas revenus . Un tiers (1/3) des militaires parmi ceux qui n’avaient pas répondu à l’appel est de retour. Aujourd’hui, nous avons une armée pluriethnique à dominance car d’autres ethnies ne s’y intéressent pas ».

Répondant aux questions des journalistes, Ludovic Ngaïféi a reconnu que notre pays est menacé, mais que l’armée est consciente de la situation. Il a ajouté que « la formation qui se déroule actuellement et qui est faite par l’EUTM, c’est pour chercher la bonne graine. C’est pourquoi, il ne faut pas se précipiter. Il nous faut partir sur de bonne base. D’ici peu, il y aura la présence pour la sécurisation de la ville de Bangui d’abord. Ces militaires ont déjà été au front. En ce moment, l’EUTM forme un bataillon de plus de 600 militaires.

Le Comité de Sanction nous dit d’utiliser ce que nous avons pour protéger alors que nous n’avons rien. Les voyages de certaines hautes personnalités du pays s’inscrivent dans ce sens. Les gens disent que ce sont les hommes politiques qui s’initient dans l’affaire militaire. Il y a aussi des hommes d’affaires, des commerçants, des opérateurs économiques.

Pour lever l’embargo, il faut remplir les conditions suivantes : avoir de magasin d’armes ; il faut que l’armée soit organisée avec l’emploi de force. Nous ne sommes pas les seuls à être frappés par l’embargo. Avec l’engouement des jeunes, même avec les bâtons, nous sortirons de ce bourbier. Pour libérer notre pays, ce sera une longue lutte. Les tueries, les massacres, les incendies des maisons, cela nous fait aussi mal. Il faut patienter et démarrer sur un bon pied. Nous avons des contraintes, des limites ».

La population centrafricaine, au regard de ce qui est dit par cet officier supérieur de l’armée, doit prendre son  mal en patience. Mais nous osons croire que l’opérationnalisation des FACA  n’est qu’une question de jours. Nous devons tout simplement continuer à placer notre confiance aux Forces Armées Centrafricaines, car le ministère de la  Défense Nationale fait un travail remarquable mais ce sont les moyens qui lui manquent. Notre armée nous libérera un jour et nous devons nous mobiliser autour d’elle.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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