LA RUSSIE DOIT INTERVENIR MILITAIREMENT EN RCA...

Vendredi 16/03/2018 : 08H41

LA RUSSIE DOIT INTERVENIR MILITAIREMENT EN RCA COMME EN SYRIE POUR ABREGER LES SOUFFRANCES DES CENTRO

Vlatimir poutine russie 1Arme ruisseeeeeeeeeeLa crise centrafricaine s’enlise, s’éternise, accroît la souffrance du peuple centrafricain. De décembre 2012 à mars 2018, cela fait presque six ans, jour pour jour, que les massacres se perpétuent. Le peuple centrafricain doit-il être exterminé au nom de quoi ? La France et le Tchad tirent-ils les ficelles pour obtenir un génocide ? Le nombre de morts en RCA avoisinerait déjà celui d’un génocide. Les Etats-Unis se sont investis à fond dans les dernières élections pour que la RCA se dote d’institutions légitimes. C’est désormais chose faite, mais hélas, les tueries ne baissent pas d’intensité. L’autorité de l’Etat peine à s’installer. Les sites des déplacés ne font que se remplir. La vague des populations pour l’exil ne fait que grossir. Les activités économiques sont paralysées, car les populations ne peuvent aller au champ, à la chasse, à la pêche. C’est une mort lente de la population sur toute l’étendue du territoire national.

Il faut abréger la souffrance du peuple centrafricain. C’est pourquoi la Russie doit intervenir militairement pour libérer le peuple centrafricain sous le joug des rebelles. La misère, la pauvreté précipitent la mort. Beaucoup de centrafricains meurent pour avoir épuisé les réserves de nourriture dans leur corps. Ils sont fragiles et exposés à toutes sortes de maladies, même les plus anodines tuent. Si la Russie a accepté d’aider la RCA, elle doit aller jusqu’au bout de sa logique, comme en Syrie. La Russie doit utiliser toute sa batterie militaire pour mettre hors d’état nuire le réseau tchadien de pillage des richesses de la RCA à travers les groupes armés. Idriss Deby Itno ira en justice au même titre qu’Hisseine Habré, avec la dictature féroce, la disparition des opposants et la terreur, notamment les arrestations arbitraires entre autres.

Le Soudan du Nord a compris et aide la RCA à renaître de ses cendres. Mais le Tchad reste une épine dans les pieds de la RCA. C’est pourquoi la Russie doit utiliser les grands moyens pour sauver la RCA du naufrage. S’il faut une loi centrafricaine pour l’autoriser, l’Assemblée Nationale est là, disponible et disposée. Les FACA, après plusieurs années de déconfiture, ne peuvent être formées dans la précipitation.

Selon le Chargé d’Affaires de l’Ambassade des Etats-Unis en Centrafrique, la RCA doit être « indépendante, autonome, au plan militaire, sans avoir à recourir à un autre pays pour se défendre ou pour défendre ses frontières. Les Etats-Unis ont pris en main la formation des officiers supérieurs et subalternes, pour l’encadrement des FACA à travers AFRICOM. Les esprits sont encore tordus au sein des Forces de Défense et de Sécurité. Le clivage tribal est très aigu et l’indiscipline sous toutes ses formes plus vivace. Même les officiers se complaisent dans le jeu politique, au lieu de s’afficher comme force nationale ; il faut beaucoup de temps pour trouver l’unicité de l’armée. Les FACA sont très marquées par les régimes passés qui avaient un fort relent tribaliste : feu président Kolingba ; feu président Patassé ; enfin, l’industriel du tribalisme, François Bozizé Yangouvonda. C’est le tribalisme exposant « n ». En termes d’effectif, l’ethnie de Bozizé bat tous les records au sein de l’armée nationale. Un surdosage ethnique qui devient un véritable danger, une menace réelle pour l’Unité nationale.

Feu général d’Armée André Kolingba, bien que tribaliste jusqu’aux ongles, avait un sens aigu d’organisation de l’armée. Les FACA étaient disciplinées, ordonnées et promptes à défendre leur pays. Il y avait des formations aux Etats-Unis, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Lybie, et bien d’autres pays, sans oublier les GIGN de la gendarmerie nationale. Kolingba est un véritable général qui a su restructurer l’Armée nationale en son temps. Quant à Bozizé, il est difficile de dire comment il a fait pour accéder au grade de général d’Armée. Il est nul, en termes de restructuration de l’Armée. Les BIT 1, 2, 3, 4, etc., n’ont rien à voir avec le Régiment de Défense Opérationnelle du Territoire (RDOT) sous le régime Kolingba. C’est dans ce corps que s’opérait le baptême de feu des nouveaux recrus. Bozizé, ne voyant partout que des coups d’Etat, bien que général, a brisé la colonne vertébrale des FACA. Les parents recrutés n’ont qu’une formation de 45 jours. Les exercices de tirs, sur le champ de tirs, ont été systématiquement supprimés. Et pourtant, Bozizé achetait des tonnes d’armes.

Sous feu président Patassé, les mutins, une partie des FACA, a fait face aux forces internationales de la FOMAC. Ils ont résisté à l’armée française. Les Tchadiens à l’époque avaient fait appel à l’intervention des forces françaises pour éviter d’être exterminés. Le général Amani Toumani Touré (ATT) ne s’est pas empêché de s’exclamer : « Je n’ai jamais vu une armée qui fait chanter les armes… ». Les FACA ont fait la fierté et la gloire du peuple centrafricain. Personne ne pouvait oser toucher un seul cheveux d’un Centrafricain dans son pays. Le comble du déshonneur est arrivé avec Bozizé. La LRA est venue s’implanter dans le Haut-Mbomou, tue, pille, déporte les populations (hommes pour le portage et pour grossir l’effectif de ses rebelles ; les femmes et filles en esclavage sexuel). Bozizé n’a jamais levé un seul doigt sur Joseph Kony jusqu’à sa chute. Ensuite, Baba Laddé », le général et opposant au régime de Idriss Deby Itno, a emboîté le pas. Il s’est fait passer pour le protecteur et le rassembleur des peulhs, mais en réalité, il arrachait de force leurs troupeaux pour ses propres affaires.

Baba Laddé a échappé de peu à la foudre du général Dollo Waya qui a conduit un détachement des FACA pour le mettre hors d’état de nuire. Voyant sa fin prochaine, Baba Laddé a demandé à Bozizé son extradition au Tchad sous bonne escorte. Il craignait pour sa vie, car Deby ne blague pas avec les brebis galeuses. Il sera par la suite nommé préfet à Moyen Sido, dans le Sud du Tchad. Depuis lors, aucune nouvelle de ce « messie » des peulhs. Est-il encore en vie, personne ne le sait, en prison, difficile de l’affirmer. La RCA avait une armée que Bozizé a contribuée à détruire, exposant ainsi son régime. Bozizé et les siens ont pris leurs jambes au cou devant des malfrats, malgré un effectif de huit mille hommes au sein des FACA. Des tonnes et des tonnes d’armes et munitions de tous calibres, ont été abandonnées. L’ex-coalition s’en est servie pour mâter la population civile jusqu’aujourd’hui. L’Assemblée Nationale est là, s’il faut une loi autorisant les russes à intervenir en tout point du territoire national. Les Centrafricains n’en peuvent plus et n’aspirent qu’à la paix, rien que la paix. Les populations déplacées et en exil pourront retrouver leur terre natale et vivre en paix. On n’est mieux chez soi qu’ailleurs. La Russie doit mettre la main à la pâte le plus vite possible.

(Suite au prochain numéro)

Julien BELA

 

 

 

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