LA REDUCTION DU TRAIN DE VIE DES MINISTRES, DEPUTES

Lundi 20.03.2017 : 12H56

LA REDUCTION DU TRAIN DE VIE DES MINISTRES, DEPUTES, DG, UNE OBLIGATION POUR LES AUTORITES CENTRAFRICAINES : CAS DU RWANDA

Touad et ministre financesCe n’est pas par hasard que le Rwanda est devenu aujourd’hui un pays émergent. Le président Paul Kagamé, après le génocide, a déployé toute son énergie pour mettre fin aux vieilles habitudes qui ont ruiné le Rwanda. Pour matérialiser cela, il a démarré par la réduction du train de vie des hautes autorités de l’Etat. Les salaires des ministres ont été réduits. Qu’à cela ne tienne, ils ne disposaient plus de voitures de commandement. Des mesures fortes ont été également prises pour éduquer la population et réduire les actes barbares au sein de la société. A titre d’illustration, le gouvernement a pris des mesures interdisant formellement aux conducteurs de motos de circuler dans la ville sans casques et sans les papiers nécessaires : permis de conduire, carte grise... Aussi, il est formellement interdit au peuple Rwandais de se promener inutilement à des heures tardives. Il doit dormir tôt et se réveiller tôt pour vaquer à ses occupations quotidiennes. En faisant cela, le président rwandais, Paul Kagamé a non seulement mis les Rwandais sur un même pied d'égalité, mais aussi a initié son peuple à travailler durement pour le développement de son pays. Et c'était grâce aux efforts du peuple que le Rwanda est devenu ce qu'il est aujourd'hui. C'est un exemple parmi tant d'autres que les autorités centrafricaines doivent appliquer après cette grave crise militaro-politique qui a secoué le pays et continue d'ébranler les fondement de la République. « La rupture » prônée par les nouvelles autorités centrafricaines signifie qu'il faut mettre définitivement un terme aux vieilles habitudes qui entravent le développement du pays. Et cela doit commencer par les hautes autorités de l'Etat car, « le bon exemple vient toujours d'en haut », dit-on. Les ministres, les Directeurs Généraux (DG), les députés ainsi que certains cadres de l'Etat centrafricain ont un train de vie très élevé. Leurs salaires apparaissent désormais comme un gaspillage financier. La liste des salaires de certaines autorités centrafricaines publiée par le ministère des Finances et du Budget (cf . Centrafric Matin N°2429 : Tableau des salaires et indemnités faramineux), en est une parfaite illustration. Cela témoigne que certains fonctionnaires et agents de l'Etat sont mieux payés que d'autres. Or, avec un salaire brut qui s'élève à 1.141.629, les ministres perçoivent encore les « bonnes vendredis » et roulent des voitures de commandement qui coûtent extrêmement chers. Avec de tels salaires, plusieurs ministres font des business et oublient de servir comme il se doit le peuple centrafricain. Personne ne peut nous dire le contraire car les propriétaires de la plupart de véhicules de transport en commun sont des ministres. Profitant de leur statut, ils ne dédouanent pas leurs véhicules, ni paient l'impôt à l'Etat. Quand leurs véhicules de transport sont saisis pendant le contrôle de routine, c'est réveillé le chien de Lucifer. Certains éléments de la police, de la gendarmerie ainsi que ceux des Forces Armées Centrafricaines (FACA) en ont vu de toutes les couleurs quand ils exercent leur métier. Nous comprenons désormais pourquoi tout le monde cherche par tous les moyens à devenir ministre. Il en est de même des élus de la nation. Le Président de l'Assemblée Nationale (PAN) gagne 7.091.000 par mois. Un salaire qui dépasse mille fois celui d'un simple fonctionnaire ou agent de l'Etat qui gagne quatre vingt (80) ou cent mille francs (100.000F) CFA. Même le président de la république ne perçoit pas le montant touché par le PAN. Malgré l'interdiction faite aux élus de la nation de faire du commerce, ils sont pleins dans les business. Certains députés ne retournent jamais dans leurs circonscriptions pour réaliser les promesses qu'ils ont faites à leurs électeurs, alors qu'ils gagnent un salaire pharaonique. Ils attendent encore 2021 pour revenir solliciter les suffrages de cette même population qu'ils ont oubliée. La réduction du train de vie de ces hautes personnalités peut permettre à l'Etat de faire face à certaines obligations régaliennes. Cela peut aider le gouvernement à apurer une partie des arriérés des salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat, voire les pensions. Cela peut valablement aider à augmenter le nombre d'étudiants boursiers en RCA. Même les jeunes diplômés qui font des stages dans les administrations publiques et les sociétés d'Etat peuvent être pris en compte à travers ces fonds. Les autorités centrafricaines ont vraiment l'obligation de revoir les grilles salariales de certains hauts cadres du pays. D'ailleurs, ceux qui perçoivent ces grosses sommes ne font absolument rien. Certains sont tout le temps en mission. D'autres viennent au bureau à des heures qu'ils choisissent eux -mêmes. Les vrais bosseurs, ce sont ceux qui perçoivent des salaires de catéchistes. La RCA est un pays de paradoxe où les fainéants jouissent pleinement de leurs droits contrairement à ceux qui prennent tout leur temps au travail pour le développement du pays.

Le cas de la jeunesse est encore pire. Faute de moyens financiers car étant entièrement dilapidés ou avalés par certains hauts cadres du pays, la jeunesse centrafricaine ne peut payer les frais de scolarité. Voilà pourquoi, l'analphabétisme a atteint un seuil suicidaire au sein de la jeunesse centrafricaine qui n'a aucune notion du patriotisme et du respect vis-à-vis de la loi et des autorités du pays. « Ventre affamé n'a point d'oreilles », dit-on. C'est pourquoi, malgré l'interdiction de transporter trois (03) à quatre (04) personnes sur une seule moto, les conducteurs des motos-taxis en font à leur tête. Certains jeunes préfèrent prendre tout leur temps soit à côté de l'alcool, soit dans les ciné-vidéos, parce qu'ils n'ont rien à faire. Les auteurs des braquages, des viols, des pillages et autres actes inciviques dans les quartiers sont des jeunes. Beaucoup vivent uniquement de l'argent sale qui ne leur sera jamais profitable. Ce n'est pas ce que le peuple Rwandais a fait pour développer son pays. Chaque centrafricain doit prendre conscience de la situation actuelle du pays. Il n'y a que le travail qui puisse nous libérer de la souffrance et de la misère et non la politique d'intérêt personnel orienté vers la perception des salaires faramineux.

 Bénistant MBALLA  

 

 

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