LA RCA SERA-T-ELLE LIBEREE UN JOUR..

Mardi 11 Juillet 2017 : 09H58

 

LA RCA SERA-T-ELLE LIBEREE UN JOUR DES GRIFFES DES GROUPES ARMES ? MAIS PAR QUI ?

L’ex-coalition Séléka de Michel Djotodia Am Non Droko se divise, se subdivise à n’en point finir. D’une coalition, on se retrouve aujourd’hui à plus d’une dizaine de groupes militaro-politiques. Il y a le FPRC de Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène, le MPC de Mahamat Alkhatim, l’UPC de Ali Daras, la Séléka rénovée de Moussa Dhaffane, le MLCJ de Albert Toumou-Déha, le RPRC de feu Joseph Zoundéko, les 3R de Sidiki, la liste est longue. A cela s’ajoute les Anti-Balaka de Edouard Patrice Ngaïssona, ceux de Maxime Mokom, sans oublier les éléments d’autodéfense qui pullulent aujourd’hui dans les villes de nos provinces.

Tous ces groupes armés sèment la terreur et la désolation au sein des populations civiles. Chaque jour qui passe, amène son lot de malheurs. Les maisons et édifices publics et privés sont incendiés, y compris les locaux des humanitaires, les lieux saints, c’est-à-dire les églises et les mosquées. Les Centrafricains sont écrasés comme des mouches ou abattus par les criminels, les bandits de grand chemin sans aucune forme de procès. Les rescapés s’entassent dans les sites des déplacés comme les sardines dans les boîtes de conserves. Certains se sont éparpillés dans les pays limitrophes de la RCA, les deux Congo, le Soudan du Sud, le Cameroun et le Tchad. Leurs conditions humanitaires laissent à désirer. Ils sont exposés à toute sorte de maladies. C’est le cas des déplacés de la ville de Zémio qui ne savent plus à quel saint se vouer pour trouver de quoi à manger. Saints Thomas et Pierre ? Dieu seul le sait. Les exactions des groupes armés les empêchent d’aller d’un lieu à un autre. Ils sont terrés dans les sites et n’osent sortir sous peine de recevoir des balles. D’après des informations qui nous sont parvenues, ce sont les combattants de l’UPC et du mouvement Révolution-Justice (RJ) qui contrôlent la ville et n’hésitent un seul instant à tirer sur tout ce qui bouge. Il faut voler au secours de ces compatriotes pour sauver des vies humaines.

De la préfecture de l’Ouham-Péndé à la préfecture du Haut-Mbomou, en passant par les préfectures de Vakaga, Bamingui-Bangoran, Nana-Gribizi, Haute-Kotto, Ouaka, Basse-Kotto, Mbomou pour ne citer que celles-ci, les groupes armés règnent en maître absolu. Ils dictent leurs lois à qui veut les entendre. L’autorité de l’Etat n’y existe pratiquement pas. Dans ces préfectures, c’est la loi de la jungle qui est pratiquée. Les Centrafricains n’obéissent qu’aux chefs rebelles qui sont vénérés comme des rois.

Et la question qui revient le plus souvent sur le bout des lèvres des Centrafricains est celle-ci : Avec l’occupation de plus de 75% du territoire par les groupes armés, la RCA sera-t-elle libérée un jour entre les griffes de ces seigneurs de guerre ? Et par qui ? C’est toute la question qui se pose avec plus d’acuité. Il est difficile d’y donner une réponse exacte, compte tenu de ce qui se passe sur le terrain. Aujourd’hui, plus de 12.000 Casques Bleus de la Minusca sont déployés sur l’ensemble du territoire national. Leur nombre est supérieur à celui des Forces Armées Centrafricaines d’antan. Ils disposent d’une armada impressionnante de guerre. Malgré tout, ces soi-disant soldats de la paix ne parviennent pas à ramener la paix et la sécurité en RCA. Ils n’arrivent même pas à protéger les populations civiles. Et pourtant, leur principale mission est et demeure la protection des civiles sans défense. Même après le retour de Jésus-Christ, ils ne feront toujours rien. Que les Centrafricains sachent dès aujourd’hui que ce ne sont pas les poulains de Parfait Onanga-Anyanga qui libéreront la RCA. Après vingt (20) ans passés au Congo Démocratique, qu’est-ce que la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO) a-t-elle concrètement fait ? A vous de nous édifier sur leurs réalisations. Mais d’ores et déjà, nous savons pour notre part que toutes les missions des Nations Unies dans le monde ont échoué sur tous les plans ou accouché d’une souris.

Bien avant la Minusca, il y avait la Micopax qui avait ouvert grandement la porte aux combattants Séléka de prendre le pouvoir de Bangui, le 24 mars 2013. La « Ligne rouge » s’était métamorphosée en un clin d’œil, en « Ligne verte ». Et les conséquences de cette complicité de la Micopax sont ce que nous vivons aujourd’hui : les tueries à grande échelle. Ensuite viennent la Sangaris, la Misca, l’EUFOR-RCA. Toutes ces forces internationales n’ont rien apporté de nouveau dans le vécu des Centrafricains. Le constat est palpable et personne n’a besoin d’une loupe ultra-moderne pour se rendre à l’évidence.

Est-ce les FACA, une fois opérationnelles et redéployées sur l’ensemble du territoire qui libéreront le pays de feu président fondateur Barthélemy Bonganda ? Sur ce, nous préférons rester bouche bée. Car, le BIT3 des FACA est déjà entraîné, formé par l’Euman et remis aux autorités démocratiquement élues du pays. Force est malheureusement de constater que les jours passent et se ressemblent. On observe à l’heure actuelle un silence de cimetière au sujet de ce BIT3. Après l’annonce du patron de la Minusca, il semble que rien ne va dans le bon sens voulu par le peuple centrafricain, à telle enseigne que les populations qui ploient sous les fardeaux des combattants rebelles ou qui sont entre leurs griffes, ne se reconnaîtraient plus dans le pouvoir de Bangui. Il suffit de faire un tour dans les villes de l’arrière-pays pour savoir ce que disent les uns et les autres. A vrai dire, les Centrafricains ne savent pas exactement qui les libérera et leur pays sous le joug des combattants rebelles. Ils avaient pensé que ce sont les FACA. Mais à l’allure où vont les choses, leur espoir s’amenuise de jour en jour. Leurs attentes sont foulées au pied. Raison pour laquelle bon nombre se sont réfugiés dans les pays voisins en attendant que la situation sécuritaire ne s’améliore. Mais quand ?

A notre humble connaissance, seule l’armée céleste peut libérer la RCA et son peuple. C’est pourquoi, nous exhortons les Centrafricains de toutes les confessions religieuses à intercéder auprès de Dieu à travers leurs prières quotidiennes pour qu’il puisse libérer la RCA. Ce qui se passe aujourd’hui dans l’arrière-pays est très grave et doit interpeller la conscience de tout un chacun de nous. Sinon…

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA 

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