LA RCA ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME DES GROUPES

Jeudi 30 Nov. 2017 : 09H58

LA RCA ENTRE LE MARTEAU ET L’ENCLUME DES GROUPES ARMES, DES BRAQUEURS, DES

VIOLEURS…

La situation sécuritaire de la RCA au jour d’aujourd’hui est très alarmante, inquiétante. A l’approche des fêtes de fin d’année, il semble que les démons de l’enfer sont tombés sur la tête des Centrafricains et les tourmentent. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les affrontements intergroupes armés, les braquages, les viols et abus sexuels, les incendies de villages, bref des actes barbares ont repris de plus bel.

A Bangui et ses environs, les braquages, les vols à main armée ont pris une ascendance exponentielle. Les vieillards, les femmes, les jeunes filles, les enfants sont braqués à longueur de journée. Durant la nuit, ces braquages s’accompagnent de viols et abus sexuels sur les filles et les femmes.

Dans les circonscriptions électorales de Bimbo 2 et 3, les habitants sont excédés. Il ne se passe pas un jour sans que des braquages, viols et abus sexuels soient signalés. Les quartiers Gbaya Dombia et Boeing dans Bimbo 3, sans oublier Guitangola 1, 2 et 3 dans Bimbo 2 sont constamment visités par ces malfrats. A cela s’ajoutent les quartiers Kina, Gbatouri, Fatima-Sandoumbé, Fatima-Béthanie dans le 6ème arrondissement de Bangui. Une bande de criminels patentés soutenus par quelques éléments des forces de l’ordre sèment la terreur et la désolation au sein des populations civiles sans être inquiétés. A l’aide des armes blanches, des Kalachnikovs, des grenades et autres engins de guerre, ils dépouillent les paisibles citoyens de leurs biens : montres, chaînettes, boucles d’oreilles arrachées, téléphones portables, argent et autres de valeur emportés. Dans les autres quartiers de Bangui et Bimbo, ces phénomènes se développent aussi à une vitesse effrénée.

Les viols et abus sexuels sur les mineurs, les jeunes filles, les femmes sont devenus aussi monnaie courante dans l’arrière-pays. Lors d’une mission effectuée par les leaders de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC), du 07 au 10 novembre 2017 dans la ville d’Alindao, son Eminence Dieudonné Cardinal Nzapalainga a affirmé au cours d’une conférence de presse que « durant une nuit, douze (12) jeunes filles ont été violées par les combattants des groupes armés ». Si ces viols massifs se poursuivent au même rythme pendant un mois, combien de jeunes filles seront violées ? Au total 360 jeunes filles violées. C’est un chiffre énorme. Les conséquences de ces actes irréfléchis sont incommensurables : troubles psychiques, stigmatisations, rejets… Cette situation doit interpeller la conscience du gouvernement, de la Minusca, des Centrafricains intègres, sans oublier la Communauté internationale. Des mesures draconiennes doivent être prises à l’encontre de ces voleurs, ces braqueurs, ces malfaiteurs qui hantent la vie de leurs compatriotes. Ce ne sont pas des gens à caresser dans le sens du poil. Ils méritent d’être punis sévèrement à cause de leurs actes barbares. Les gendarmes, policiers, Casques Bleus de la Minusca doivent mener des enquêtes, conjuguer leurs efforts afin de mettre hors d’état de nuire ces bandits, braqueurs, violeurs, malfrats qui rendent la vie difficile, infernale à leurs concitoyens. Il faut les traquer jusque dans leur dernier retranchement. Certains sont connus des habitants mais ils ont peur de les dénoncer publiquement de peur d’être attaqués par cette bande. Une enquête minutieuse menée par la police, la gendarmerie et la Minusca auprès des habitants des quartiers cités ci-haut, permettra de mettre la main sur ces fauteurs de trouble.

Dans l’arrière-pays, les affrontements entre les groupes armés sont diluviens, intermittents, quasi quotidiens. Les branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka mènent des offensives un peu partout contre les Anti-Balaka. Sur le tronçon Ippy-Ouadda, les combats font rage. Dans un passé récent, les Séléka, probablement de Nourredine Adam et de Abdoulaye Hissein, ont chassé les Anti-Balaka sur cet axe routier. Pris de peur, les habitants des villages longeant cette route ont trouvé refuge sur le site des déplacés du Pk 3, à la sortie Sud de Bria pour se mettre à l’abri des violences de ces hommes en armes. Beaucoup de gens ont perdu leur vie dans ces affrontements. Une vingtaine de blessés ont été admis à l’hôpital de Bria pour des soins.

Sur le tronçon Kémbé-Bangassou, ce sont les Anti-Balaka (Autodéfenses) qui règnent en maîtres absolus. Le dimanche 26 novembre, un convoi de la Minusca est tombé dans leur embuscade. Cette attaque a fait un mort et quatre (4) blessés parmi les Casques Bleus égyptiens. Cinq (5) assaillants (Autodéfenses) ont été neutralisés suite à la riposte des Casques Bleus de la Minusca.

Ailleurs, certains actes barbares à l’encontre des populations civiles et des soldats de maintien de la paix se perpétuent. Sur l’ensemble du territoire de la RCA, les Centrafricains vivent la peur au ventre. Certains ne dorment même pas dans leurs maisons de peur d’être attaqués par ces criminels. Ils ne savent pas à quel saint se vouer pour se protéger. Braquages, viols et abus sexuels, intimidations, menaces, disparitions forcées, traitements inhumains et dégradants, par-ci, affrontements intergroupes armés faisant des morts et de nombreuses victimes par-là, rien ne va plus au pays de feu président fondateur Barthélemy Boganda.

Et sans nous voiler la face, la RCA est entre le marteau et l’enclume des groupes armés, des braqueurs, des violeurs, des assassins, des criminels, des bandits de grand chemin, des malfrats, des hors-la-loi, des va-t-en guerre, et que savons-nous encore. Sortira-t-elle dans ce chaos indescriptible ? Dieu seul le sait. Mais avec Dieu, rien n’est impossible. Il pourvoira aux attentes des Centrafricains qui sont la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Mais les autorités de la République, les forces de sécurité intérieures, les Casques Bleus de la Minusca, y compris tous les Centrafricains épris de paix, doivent redoubler de vigilance. Les ennemis de la République et du peuple ne se comptent plus maintenant. Ils sont si nombreux que les sables au bord du fleuve Oubangui pendant la saison sèche. Les Centrafricains doivent se méfier de leur ombre. Le mal centrafricain ne vient pas du ciel, mais de ces filles et fils. Ceux qui braquent, violent, tuent, incendient des maisons ne sont pas sur la planète Mars mais  plutôt proches de nous. Vigilance ! Vigilance ! Vigilance !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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