LA RCA ABANDONNEE A SON TRISTE SORT

Mardi 03.10.2017 : 10H18

LA RCA ABANDONNEE A SON TRISTE SORT PAR LA PUISSANCE COLONISATRICE AU PROFIT DU TCHAD, MAIS PAS DONALD TRUMP

TrumpLa République centrafricaine fait face depuis plusieurs années aux coups d’Etat, rébellions, mutineries qui se succèdent les uns après les autres. Depuis 1990 à nos jours, le pays de feu président fondateur Barthélemy Boganda est confronté à de nombreuses difficultés. La crise enclenchée par l’ex-coalition Séléka en décembre 2012 dans la ville de Ndélé, au Nord de la RCA a enfoncé le clou. C’est la crise la plus destructive que la Centrafrique n’ait jamais connue depuis son indépendance en 1960. Elle se poursuit allègrement aujourd’hui. Chaque jour qui passe, des maisons sont incendiées, des Centrafricains sont tués, massacrés à longueur de journée dans l’arrière-pays. Le nombre de déplacés internes et de réfugiés s’accroît de jour en jour. Leurs conditions de vie sont déplorables. Les Centrafricains mènent une vie bestiale. Ils ne font que réclamer aux ONG humanitaires de la nourriture, des médicaments, des habits, des lits (nattes) pour se coucher, des fournitures scolaires pour leurs enfants alors qu’ils ne dépendaient pas de toutes ces aides. Les combattants des groupes armés sont et demeurent les maîtres incontestés et incontestables de la RCA. Ils dictent leurs lois à qui veut les entendre. Une bonne partie du territoire national est contrôlée par ces criminels, ces va-t-en-guerre, ces hors-la-loi, ces bandits de grand chemin.

L’Opération militaire française dénommée Sangaris était déployée en décembre 2013 en RCA. Les Centrafricains ont cru que c’est leur Moïse, leur Messie, celle qui est venue les délivrer sous les bottes des groupes armés. Mais en réalité, il n’en était rien. En pleine crise qui continue de secouer le pays, la France de François Hollande à l’époque a décidé de retirer ses troupes de la RCA, ce qui fut fait fin octobre 2016, donc bientôt un an. Malgré l’opposition de l’Exécutif, de l’Assemblée Nationale, la France n’avait pas entendu de ses oreilles. L’Opération Sangaris a plié bagages abandonnant les Centrafricains entre les griffes des mercenaires tchadiens, soudanais, mauritaniens, maliens, nigériens et autres. Les tueries, les incendies de maisons, les destructions massives, les massacres, les tortures, les traitements inhumains et dégradants ont redoublé d’intensité après leur départ. Les Casques Bleus de la Minusca qui ont pris le relais, voguent au gré du vent. Le témoignage d’une vieille maman de Bocaranga sur les ondes de la Radio Centrafrique, le dimanche 1er octobre 2017 était alarmant. Elle a affirmé que les Casques Bleus déployés dans cette ville n’ont rien fait en ce qui concerne leur protection quand les combattants des 3R alliés aux hommes du MPC branche Bahr s’emparaient de la ville. Où est la soi-disant protection des populations civiles ?

Dans ce chaos indescriptible où la Minusca ne parvient pas à protéger les populations civiles, à stabiliser la RCA, le nouveau président de la France, Emmanuel Macron ne daigne jeter un regard sur la RCA qui s’enfonce davantage dans l’abîme. Est-ce parce que les partisans du déchu président François Bozizé Yangouvonda ont brûlé le drapeau français que les nouvelles autorités font fi des malheurs qui s’abattent sur les Centrafricains ? Il ne fait aucun doute. Mais ce qui se passe en RCA est très grave. Aujourd’hui, la RCA est attaquée par des mercenaires étrangers avec l’accord militaire que la RCA a signé avec la France, et en tant que pays colonisateur, elle doit voler militairement au secours de notre pays en chassant ces derniers.

Malheureusement, la France a tourné le dos à la RCA. Le pays qui l’intéresse, qui l’attire de nos jours est le Tchad de Idriss Deby Itno. La coopération militaire entre ces deux (2) pays se renforce davantage. L’Opération Barcane est sur le sol tchadien et a pour mission de lutter contre l’Etat Islamique (EI) au Sahel. Et ceux qui tuent les Centrafricains aujourd’hui ne sont-ils pas les combattants de l’EI ? Comment expliquer ce revirement spectaculaire, inimaginable de la France ? Un régime dictatorial comme celui du Tchad peut-il bénéficier du soutien de la France alors que le régime démocratique en Centrafrique peine à se relever à cause des exactions des mercenaires de tout bord qui pullulent dans ce pays ? Le soutien de la France au Tchad est difficile à expliquer et cette situation dépasse tout entendement humain.

Heureusement que le chef de l’Exécutif américain, Donald Trump, ne s’est pas laissé emporter par les manœuvres du Tchad. Dans un décret migratoire, pris le dimanche 24 septembre, les citoyens tchadiens sont devenus persona non grata aux Etats-Unis. A compter du 08 octobre 2017, étudiants, touristes, hommes politiques et hommes d’affaires tchadiens ne mettront plus pieds aux USA. Pour justifier cette décision, Washington a jugé que Ndjamena ne coopère pas assez dans la lutte contre les terroristes. Cette décision a surpris les autorités tchadiennes. Mais ce n’est pas étonnant. Nous ne savons pas pourquoi Ndjamena s’agite. La décision est claire, précise et nette. Le Tchad de Deby abrite ou aide des terroristes. C’est leur base arrière. C’est depuis le Tchad que la RCA est attaquée par des mercenaires. Ils viennent en Centrafrique et repartent au Tchad comme bon leur semble. Les exactions de tout genre qu’ils commettent sur les populations civiles sont des preuves concrètes. Et en aucun cas, le Tchad n’a arrêté un terroriste sur son sol. Il les soutient. Dans ce cas de piètre figure, comment voulez-vous que les USA ne sanctionnent pas le Tchad ?

De grâce, nous demandons à la France d’emboîter le pas aux Etats-Unis d’Amérique. En outre, la France doit apporter ses soutiens militaires aux autorités centrafricaines pour bouter hors du territoire national les mercenaires tchadiens et autres qui écument à petit feu le peuple centrafricain. La France fait partie des pays amis de la RCA. Et un adage dit, « on reconnaît les vrais amis dans le malheur ».

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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