LA PASSIVITE, LA LENTEUR, L’ATTENTISME,…

Mercredi 17 janvier 2018 : 10H18

LA PASSIVITE, LA LENTEUR, L’ATTENTISME,…DE LA MINUSCA DECRIES PAR LA CONFERENCE EPISCOPALE DES EVEQUES DE CENTRAFRIQUE

Cardinal et imamLa Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation de Centrafrique (MINUSCA), déployée en République centrafricaine le 15 septembre 2014, est confrontée à de multiples critiques émanant de toutes parts. Des Centrafricains lambda aux leaders politiques en passant par la société civile, les serviteurs de Dieu, etc. tous parlent le même langage. Il s’agit de la passivité, de la lenteur, de l’attentisme, de l’immobilisme, de la connivence de certains contingents de la Minusca avec les groupes armés, la liste n’est pas exhaustive.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, la première mission des Casques Bleus de la Minusca qui est et demeure la protection de la population civile est décriée par tous. C’est dire que ces soldats voguent au gré du vent ou rament à contre courant de la vérité, d’après bon nombre de Centrafricains. Le vrai problème auquel le peuple centrafricain est confronté, à savoir sa protection efficace par la Minusca contre les exactions barbares des groupes armés, est foulé aux pieds par les soldats onusiens. Les Centrafricains sont tués, massacrés, égorgés sous la barbe même de ces Casques Bleus. Des maisons d’habitation, des édifices publics et privés, des locaux des ONG nationales et internationales sont incendiés au vu et au su de ces derniers sans qu’ils ne bougent d’un iota. Ils sont passifs devant les actes criminels commis sur la population civile par les rebelles. Ils n’interviennent qu’en sapeurs-pompiers après que l’incendie ait tout consumé sur son passage.

Certains Casques Bleus sont lents et se déplacent sur les lieux des crimes comme des caméléons qui titubent. Ils n’ont aucune vision, aucune clairvoyance, aucun plan pour contenir les rebelles. Les Centrafricains gémissent, se lamentent, pleurent, poussent des cris de détresse, ce n’est pas leur problème. Ils se contentent seulement de se terrer dans leur tour d’ivoire ou leur bunker de peur d’être pris en tenaille par ces hommes en armes. D’autres sont accusés d’être de connivence avec certains rebelles de la branche dissidente de Séléka. C’est le cas du contingent mauritanien de la Minusca basée à Mobaye, chef-lieu de la préfecture de la Basse-Kotto. Des informations qui nous parviennent sont alarmantes. Ces soldats onusiens auraient donné des armes et munitions aux combattants de l’UPC qui ne sont autres que des Foulatha comme eux. Est-ce possible ? Pourquoi sont-ils déployés en Centrafrique ? Est-ce pour faire du tourisme militaire ? Sont-ils de purs décors humains ? Respectent-ils le mandat qui leur est confié par le Conseil de Sécurité de l’ONU ? Autant de questions qui nous laissent perplexes ?

C’est dans ce contexte que les évêques de Centrafrique, lors de leur conférence épiscopale de ce mois de janvier 2018, ont décrié les comportements rétrogrades de ces soi-disant soldats de la paix. Le secrétaire général de ladite conférence, le prêtre Joseph Tanga-Koti a décrié l’attentisme, la passivité, la lenteur des Casques Bleus de la Minusca. Ce n’est pas étonnant, si les évêques de Centrafrique montent au créneau pour dénoncer l’attitude de ces soldats dits de la paix dans les villes de l’arrière-pays. Car , vous êtes sans ignorer que la plupart de ces évêques sont à l’intérieur du pays et vivent au quotidien les bévues des Casques Bleus de la Minusca. Aussi, ils sont ensemble avec ces populations. Les exactions des groupes armés sur la population en présence des soldats onusiens se déroulent sous leurs yeux et parfois dans les paroisses, les évêchés. Ce ne sont pas les déplacés de la paroisse Notre-Dame de Fatima, des évêchés de Bambari, Kaga-Bandoro, pour ne citer ces quelques cas, qui nous démentiront. Qu’est-ce que les Casques Bleux ont fait exactement pour arrêter la furie meurtrière de ces rebelles quand ils s’abattaient sur les déplacés comme des criquets ? Ces serviteurs de Dieu n’étaient-ils pas présents sur les lieux des massacres ?

A vrai dire et sans nous voiler la face, ce ne seraient pas les poulains de Parfait Onanga-Anyanga qui stabiliseront le pays de feu président fondateur Barthelemy Boganda. Quoique la société civile, les leaders politiques, les serviteurs de Dieu, les Centrafricains lambda disent, la Minusca restera toujours l’ombre d’elle-même, puisque la RCA est riche en ressources naturelles et qu’il faut les exploiter illicitement ou illégalement. Il appartient désormais aux Centrafricains de prendre leur destinée en main en matière de sécurité. Ils doivent se protéger eux-mêmes que de compter sur les Casques Bleus de la Minusca qui se noient dans la rivière Oubangui. Le navire de la Minusca coule en ce moment. Ces soldats sont incapables de protéger réellement la population centrafricaine. Même si l’on faisait venir 1.000.000 de Casques Bleus en RCA pour protéger les populations civiles, ils ne parviendraient pas, vu leurs attitudes sur le terrain. Vingt (20) ans d’existence des soldats onusiens en République Démocratique du Congo, ont-ils apporté du concret dans le vécu des Congolais ? Cet exemple devait donner matière à réflexion au peuple centrafricain, mais hélas !

Pauvre Minusca de Parfait Onanga-Anyanga, critiquée par toutes les couches sociales de la RCA à cause de sa passivité, son attentisme, sa lenteur, son immobilisme…

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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