LA PASSIVITE, L’ATTENTISME, L’IMMOBILISME...

Jeudi 26 Oct. 2017 : 09H48

LA PASSIVITE, L’ATTENTISME, L’IMMOBILISME, L’INEFFICACITE DE LA MINUSCA NE FAVORISENT GUERE LA SORTIE DE CRISE : ANTONIO GUTERRES DOIT RECADRER LE TIR POUR SAUVER LA RCA

La Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation de Centrafrique est déployée en RCA le 15 septembre 2014. Les Centrafricains s’attendaient à un retour rapide de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national après trois (3) ans d’existence de la Minusca. Malheureusement, les jours passent et se ressemblent. Après le retrait de l’Opération militaire française dénommée Sangaris au mois de décembre 2016, rien ne va dans le bon sens, le sens voulu par le peuple centrafricain. Etant seule sur le théâtre de l’opération militaire, la Minusca vogue au gré du vent. Aucune stratégie militaire n’est mise en place pour stabiliser le pays de feu Barthelemy Boganda.

La passivité de la Minusca face aux actes barbares des groupes armés a accentué les tueries, les incendies de maisons, les destructions massives des édifices publics et privés, les tortures, les massacres, les disparitions forcées…Les Casques Bleus de la Minusca n’interviennent presque jamais pour mettre hors d’état de nuire ces malfrats, ces bandits de grand chemin, ces criminels patentés, ces va-t-en-guerre. Ils arrivent sur les lieux des incendies après que le feu ait tout consumé. Parfois, ils sont cloués dans leur base et n’osent sortir pour sauver les populations civiles en détresse, en danger de mort. Certains de nos compatriotes ont perdu leur vie à cause de l’immobilisme de ces soldats onusiens, dits soldats de la paix. Ce ne sont pas les populations de Bangassou, Zémio, Kémbé, Bria, Mobaye, Alindao, Bambari… qui nous démentiront. Sous leur barbe, nos compatriotes ont été massacrés par les combattants Séléka et Anti-Balaka. Ces comportements des Casques Bleus de la Minusca ont été décriés à maintes reprises tant par les leaders des partis politiques, de la société civile que le commun des mortels.

De part leur passivité, leur immobilisme, leur attentisme, ils sont inefficaces sur le terrain. Ils détalent le plus souvent comme des lapins à l’avancée des groupes armés.  A Bangui, la capitale, ces cas étaient fréquents. Un jour, lors de la conférence hebdomadaire de la Minusca, son ex-patron Babacar Gaye s’est énervé contre les professionnels des médias lorsqu’ils ont affirmé avoir vu des Casques Bleus prendre leurs jambes au cou au vu des criminels. Ce n’est pas un secret de polichinelle. Les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en savent quelque chose.

Comment dans ce cas de piètre figure les soldats onusiens de la Minusca peuvent vraiment protéger les populations civiles ? Sans nous voiler la face, la Minusca a failli à sa mission de protection des civils centrafricains. Chaque jour, des voix s’élèvent pour dénoncer les bévues, l’inefficacité, l’immobilisme, la passivité, l’attentisme et la non-clairvoyance de la Minusca. Pire encore, leur connivence avec certains groupes armés n’est pas à démontrer. Pour vous rassurer, allez dans les villes où les contingents Mauritanien, Pakistanais, Bangladesh et autres sont déployés. Posez des questions aux habitants et ils vous diront tout sur les comportements de ces soldats onusiens. Nous jetons tout de même des fleurs aux contingents Rwandais, Burundais, pour ne citer que ceux-là, qui font leur travail avec neutralité et impartialité. Mais d’une manière globale, la Minusca n’est pas à la hauteur de sa tâche malgré une armada impressionnante de guerre qu’ elle possède.

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU qui séjourne actuellement en Centrafrique, a l’obligation de recadrer le tir car les comportements et les attitudes des Casques Bleus sur le terrain ne favorisent guère la sortie de crise. Si la région du Sud-est de la RCA est aujourd’hui en proie aux violences interethniques, une bonne part de responsabilité incombe aux Casques Bleus de la Minusca, surtout le contingent Mauritanien. Antonio Guterres, patron de l’ONU, a intérêt à donner des instructions fermes à Parfait Onanga-Anyanga, chef de la Minusca et aux responsables militaires et civils de respecter le mandat qui leur est dévolu par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. La Minusca est déployée en RCA pour protéger les populations civiles. Mais ce n’est pas ce qui se fait actuellement. Le sang des Centrafricains a trop coulé depuis que la Minusca est déployée en Centrafrique. Le moment est venu pour que cessent tous les actes barbares des groupes armés, sans oublier la passivité, l’attentisme, l’immobilisme, l’inefficacité,… des Casques Bleus de la Minusca. Et c’est Antonio Guterres qui doit donner le ton. Aujourd’hui, les yeux des Centrafricains sont tous tournés vers le patron de l’ONU pour sauver la RCA du naufrage. Que cette crise centrafricaine ne soit plus oubliée. La Communauté internationale doit se joindre à Guterres pour sortir le peuple centrafricain sous l’hégémonie, les bottes, les griffes des groupes armés. Les Centrafricains ont droit à une vie descente, à la liberté d’aller et venir, à la protection par les Casques Bleus de la Minusca. Antonio Guterres n’a pas droit à l’erreur. S’il a consacré sa première visite officielle en RCA après sa prise de fonction en janvier 2017, c’est qu’il donne de l’importance à ce pays et à son peuple meurtris depuis plusieurs années par des crises militaro-politiques à répétition. Qu’il dise aux poulains de Parfait Onanga-Anyanga de cesser leurs manœuvres machiavéliques car les Centrafricains n’aspirent qu’à la paix, rien que la paix sur la terre de leurs ancêtres. Les Casques Bleus de la Minusca doivent changer de fusil d’épaule pour stabiliser réellement la RCA. En cas de besoin, faire partir Parfait Onanga-Anyanga très incompétent.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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