LA PAIX EST LA PRIORITE DES PRIORITES

Lundi 16 Oct. 2017 : 08H07

LA PAIX EST LA PRIORITE DES PRIORITES DES CENTRAFRICAINS, MEME S’IL FAUT PACTISER AVEC LE DIABLE : LA PAIX N’A PAS DE PRIX

Touad 8Depuis cinq (5) ans, la RCA est une fournaise ardente. Les Centrafricains en ont vu de toutes les couleurs, les pires horreurs que le monde n’a jamais vécues, la négation pure et simple de l’être humain. Des êtres humains brûlés vifs dans leur case, d’autres décapités, certains encore en pièces détachées. Les groupes armés ont franchi toutes les normes morales de l’horreur. La RCA est une vaste boucherie humaine à ciel ouvert. Depuis l’investiture du président Touadéra, aucune revendication politique ne tient la route. Les 14 rebellions n’ont donc aucun objectif réel et fondamental à atteindre. Ils sont simplement manipulés par les chefs de guerre en exil qui tirent les ficelles par tous les moyens. Certains hommes politiques véreux y voient une opportunité de changer la donne politique. Hypocrites, fourbes, manipulateurs, ils se croient plus malins. Malheureusement, Dieu dévoile tout, et les voilà honteux et confus.

L’Accord de Ippy entre l’UPC et le FPRC laisse les Centrafricains sceptiques. Plusieurs accords signés par le passé, n’ont jamais été respectés. Cet accord fait suite à l’entrée dans le gouvernement et à des nominations à la présidence de la République, de plusieurs représentants des groupes armés, toutes tendances confondues. Le régime Touadéra, puisque démocratiquement élu au suffrage universel, il n’y a donc aucune place pour les tueurs patentés, les bouchers humains, dans un tel gouvernement. Mais hélas, il faut bien rechercher la paix, la restaurer, afin de réconcilier les Centrafricains entre eux. Dès son investiture, il a opté pour le dialogue et la non violence, des vertus fondamentales. Malheureusement, les groupes armés ont eu un cœur de pierre, insensibles à cette main tendue. Aujourd’hui, Touadéra est allé au-delà de la Constitution pour pactiser avec l’enfer, parce que la paix n’a pas de prix. Il faut admettre que Touadéra a tout donné aux damnés de la terre pour que les compatriotes puissent recouvrer la paix et la sécurité et respirer à plein poumon un temps soit peu.

L’Accord de Ippy, au regard de la nouvelle configuration du gouvernement entrerait dans cette logique. Une sorte de réponse de la bergère au berger. Cet accord ne semble pas rassurer les Centrafricains car les combattants conservent intactes leurs armes. Cet accord ne mentionne pas le cantonnement, ni le désarmement. C’est bien au contraire un accord de non agression entre deux groupes les plus puissants et rivaux. Les Centrafricains espèrent que c’est un premier pas vers la raison et le bon sens. Le FPRC, l’UPC, le MPC, les 3R, les Anti-Balaka (Mokom), les Autodéfenses, doivent se mettre ensemble pour signer un accord global les engageant de manière irréversible au DDRR. Touadéra sera dos au mur si les efforts déployés ne sont que peine perdue. Il se dégagerait clairement que les groupes armés veulent nuire volontairement à la vie de leurs compatriotes et doivent être traités comme on traite la poubelle.

Au nom de quoi un groupuscule de Centrafricains peuvent-ils prendre en otage tout un peuple ? Bozizé était au pouvoir. Il  a été renversé par la coalition Séléka et Djotodia lui a succédé. Dans les deux régimes, aucun n’a donné satisfaction aux Centrafricains. Les Séléka ont transformé leur pouvoir en bain de sang. Catherine Samba-Panza a assuré la transition. Au terme de cette transition, les Anti-Balaka, les Séléka ne pouvaient que déposer les armes sans condition. Mais la France d’un côté, le Tchad de l’autre, la géométrie de la crise centrafricaine est devenue si fluctuante, si variable, si confuse que les chefs de guerre ont cru avoir encore un rôle à jouer. Pour Bozizé, il a prophétisé bien avant sa chute, la « somalisation du pays » et donc cela ne surprend personne. L’Accord de Nairobi a été une fausse couche, un marché de dupe, une mascarade qui cache mal l’aversion que les Anti-Balaka et les Séléka ont l’un de l’autre.

Les représentants des groupes armés au sein du gouvernement doivent jouer leur partition. Ils doivent se joindre à ceux qui sont dans le Comité Consultatif et de Suivi pour cultiver et arroser la paix. C’est ce que les Centrafricains attendent d’eux. La levée des barrières sur toute l’étendue du territoire nationale, ouvre la voie aux mouvements des populations, à la liberté d’aller et venir. Abdoulaye Hissen et Ali Darassa, ont-ils les moyens de contrôler sur le terrain , le respect de cet accord ? Cet accord, même unilatéral, doit être irréversible, afin de tendre vers le cantonnement des combattants et pour déboucher sur le désarmement. Nous avons toujours cité en exemple, le groupe MLCJ qui, après la chute de Djotodia, a décidé d’arrêter les hostilités jusqu’à ce jour. Il est resté fidèle à sa décision et à son engagement pour la paix, la sécurité, la réconciliation nationale et le développement de leur région (la Vakaga) et du pays. Le MLCJ est plus patriotique, plus responsable, plus exemplaire que les autres groupes. Le MLCJ mérite une prime d’engagement pour la paix. Deux (2) ans durant, ses combattants sont restés fidèles à leur engagement. Mieux encore, le MLCJ réhabilite un parc pour reconvertir ses combattants dans les activités génératrices de revenu.

La dynamique du MLCJ, espérons-le, pourra influencer les autres groupes, afin que les armes se taisent définitivement. Le véritable ennemi des Centrafricains, c’est la misère absolue qui court la rue. Les populations exilées et celles déplacées internes, doivent retrouver leurs domiciles. Même si elles sont détruites, tant qu’il y a la vie, il y a l’espoir, car la paix vaut plus que tout au monde. Une catastrophe humanitaire guette les Centrafricains, la famine. Les crises sont nombreuses à travers le monde, la RD-Congo, le Pool au Congo Brazzaville, la Syrie, le terrorisme au Sahel et dans le monde, l’Irak, les catastrophes naturelles aux Etats Unis et partout ailleurs. Les moyens financiers s’amenuisent. Les groupes armés doivent arrêter la grosse bêtise, une crise stérile, inutile, absurde, qui ne fait qu’enfoncer davantage le pays.

 

Julien BELA

 

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