LA MONTEE EN PUISSANCE DES GROUPES ARMES ...

Mardi 27 06.2017 : 09H52

LA MONTEE EN PUISSANCE DES GROUPES ARMES NECESSITE L’OPERATIONNALISATION ET LE REDEPLOIEMENT DES FACA : POURQUOI LE GOUVERNEMENT ET LA MINUSCA TERGIVERSENT ?

Sarandji 6Notre espace vital se réduit considérablement de jour en jour. Les différents groupes armés qui pullulent en RCA comme les champignons dans la forêt de la Lobaye occupent doucement mais surement une bonne partie du territoire national. Douze (12) préfectures sur seize (16) que compte la RCA, sont occupées aujourd’hui par les rebelles qui dictent leur loi à qui veut les entendre. Nous citons entre autres le Mbomou, la Basse-Kotto, la Haute-Kotto, le Haut-Mbomou, la Vakaga, la Bamingui-Bangoran, la Nana-Gribizi, l’Ouham-Péndé, et nous en passons. Dans ces préfectures, l’autorité de l’Etat n’existe que de nom. Les tâches administratives sont assumées par les leaders des groupes armés. Ils nomment à tour de bras des autorités administratives et militaires dans les zones sous leur contrôle. Cette montée en puissance des groupes armés est très dangereuse et inquiétante pour la survie du peuple centrafricain et de son pays.

Le sang des Centrafricains continue de couler à flot après le retour à l’ordre constitutionnel le 30 mars 2016. Combien de Centrafricains ont perdu leur vie depuis cette date à nos jours ? Des milliers et des milliers car il nous est très difficile de donner un bilan exact. Même la Minusca qui prétend protéger le peuple centrafricain ne peut fournir un chiffre fiable, encore moins le gouvernement de Mathieu-Simplice Sarandji. Les Centrafricains sont écrasés comme des mouches, abattus comme des bœufs à l’abattoir sans aucune forme de procès. Rien que dans la journée du mardi 20 juin 2017, on a dénombré une centaine de morts à Bria. Un jour avant, c’était plusieurs centaines de cadavres à Bangassou, Alindao, Zangba, Mobaye, Nzako, la liste n’est pas exhaustive. Et ces massacres des populations civiles se poursuivent allègrement aujourd’hui sans qu’aucune action d’envergure ne soit entreprise par le gouvernement et la Minusca pour abréger les souffrances des Centrafricains. Ils sont abandonnés à leur triste sort et à la merci des seigneurs de guerre, des hors-la-loi, des criminels, des mercenaires tchadiens, soudanais, nigériens qui les écument à longueur de journée.

Pour mettre fin à ces tueries, ces massacres, ces incendies de maisons et villages entiers, ces destructions à grande échelle, il est urgent et impératif d’opérationnaliser et de redéployer les Forces Armées Centrafricaines dans l’arrière-pays. Accords de cessez-le-feu sur accords, condamnations sur condamnations, résolutions sur résolutions, n’apporteront rien de concret dans le vécu des Centrafricains. Le gouvernement et la Minusca doivent agir le plus rapidement possible pour sauver des vies humaines en danger de mort. Pour le gouvernement, l’urgence de l’heure est d’équiper le Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT3) déjà formé et entrainé par l’EUTM. Il avait été remis au gouvernement. C’était le Premier ministre qui avait présidé la cérémonie. Un à deux mois après cette remise, c’est le statu quo. Les Centrafricains ne savent plus ce qui se passe au ministère de la Défense Nationale. A force d’attendre en vain leur opérationnalisation, ces militaires reformés ont déjà regagné les quartiers. A quoi sert de former les hommes en treillis et de les laisser sur le banc de touche ? Est-ce le fameux embargo du Comité de Sanction du Conseil de Sécurité des Nations-Unies qui bloque l’opérationnalisation et le redéploiement des FACA ? Qu’on nous le dise. Les Centrafricains sont entrain de mourir alors que leur armée est là. Qu’est-ce qui explique cette situation ? Trop, c’est trop.

La Minusca de son côté ne fait rien pour protéger les populations civiles prises en étau par les groupes armés. Et pourtant, elle est déployée en Centrafrique pour cette tâche. Tantôt on nous parle de villes sans armes, sans groupes armés, tantôt ce sont la pleine capacité opérationnelle et le mandat robuste. Toutes ces formules mathématiques à plusieurs inconnus de la Minusca sont un coup d’épée dans l’eau. Elle doit s’attaquer aux maux qui gangrènent les Centrafricains. L’utilisation de la force sera la bienvenue car c’était écrit noir sur blanc dans la résolution 2149 et peut-être celle de 2301. La Minusca a l’obligation d’appliquer son mandat à la lettre car nous avons l’impression qu’elle ne fait pas son travail comme il se doit. Elle ne fait que tourner autour du pot.

Donc le gouvernement et la Minusca ne doivent plus tergiverser. Les FACA du BIT3 doivent être opérationnelles et redéployées sur le territoire national afin de porter main forte à la Minusca qui ne parvient pas à ramener la paix et la sécurité en RCA depuis le 15 septembre 2014 à ce jour. C’est une question de survie de la RCA et de son peuple. Car si nous nous tenons à la Minusca pour ramener la paix et la sécurité en Centrafrique, nous moisirons sans voir un lendemain meilleur. Le gouvernement et le peuple centrafricain doivent comprendre aujourd’hui que ce ne sont pas les Casques Bleus de la Minusca qui ramèneront la paix en RCA. Il faut réhabiliter nos FACA le plus rapidement possible pour que cessent les violences dans l’arrière et que les larmes des Centrafricains sèchent pour toujours.

A bon entendeur, salut

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA®

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