LA MOBILISATION GENERALE POUR L’ASSAUT FINAL :

Jeudi 06.04.2017 : 09H07

LA MOBILISATION GENERALE POUR L’ASSAUT FINAL : METTRE FIN AUX EXACTIONS DES GROUPES ARMES SUR LES POPULATIONS CIVILES

TouadeDepuis la date du 30 mars 2016 à ce jour, des efforts sont entrepris par les autorités centrafricaines et la Communauté internationale pour aider le peuple centrafricain à sortir définitivement du bourbier. Sur le plan humanitaire, plusieurs déplacés internes de la ville de Bangui ont prouvé leur sens du patriotisme, en acceptant de regagner leur domicile malgré la situation sécuritaire encore précaire. Et ce, grâce à l’action du gouvernement avec le concours des ONGs humanitaires qui ne cessent d’œuvrer pour la cohésion sociale, le vivre ensemble et la réconciliation nationale. Sur le plan socioéconomique, la réussite de la table ronde de Bruxelles a permis la relance des activités agropastorales, à l’exemple de la culture du coton lancée dans les préfectures de l’Ouham et de la Ouaka. Nous assistons également à la réhabilitation des infrastructures routières à Bangui et dans certaines régions du pays. Au plan sécuritaire, les quatorze (14) groupes armés se sont presque adhérés au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Mais le grand défi à relever reste l’insécurité grandissante sur une bonne partie du territoire, empêchant la restauration de l’autorité de l’Etat et la libre circulation des personnes et des biens. C’est pourquoi, une mobilisation générale pour l’assaut final s’impose pour mettre fin aux exactions des groupes armés sur les populations civiles  dans les régions encore en proie à la violence.

C’est la sonnette d’alarme maximale que nous lançons aux hommes politiques, à la société civile, aux personnalités politiques indépendantes, bref à tous les Centrafricains, s’ils veulent réellement faire la paix et reconstruire leur pays. La rédaction de Centrafric Matin se rend finalement compte que la solidarité n’est pas centrafricaine. Où sont passés les mille et un (1001) partis politiques qui s’agitaient lors des campagnes électorales ? Pendant qu’on tue, massacre, pille, incendie des villages et maisons,_ c’est le silence de cimetière du côté des leaders politiques centrafricains. Il n’y a que ceux qui ont réussi aux élections législatives qui déploient des efforts pour sauver la vie des populations dans leurs circonscriptions. C’est le cas des députés de l’Ouham-Péndé qui ont effectué l’autre jour une visite dans leurs circonscriptions pour débattre de la situation sécuritaire avec les groupes armés en conflits. Et lorsque les groupes armés s’affrontent dans la Ouaka et la Haute-Kotto, les autres pensent aussi que c’est l’affaire des députés desdites régions. C’est le « chacun pour soi » que nous observons au sein des élus de la nation. Il n’y a plus en RCA un leader politique au sens propre du terme. Quand on perd les élections, c’est fini, la vie s’arrête là. Beaucoup ont disparu  aujourd’hui sur la scène politique nationale, abandonnant les populations civiles à leur triste sort. Ils n’osent tousser un seul mot, ni lever le petit doigt pour dénoncer les exactions des groupes armés. Ils attendent juste les prochaines élections pour revenir solliciter le suffrage de cette même population qu’ils ont oubliée. Or, la situation actuelle de la RCA devrait mobiliser tous les leaders politiques centrafricains pour aider la population qui souffre à sortir sous les bottes des groupes armés.

Le cas de la société civile est encore pire. Une société civile digne de ce nom est celle qui regroupe toutes les organisations nationales. Cela signifie que la société civile couvre l’ensemble du territoire. C’est une occasion pour elle de mener des campagnes de sensibilisations pour démolir les murs de clivage et de la haine, sources de division au sein de la population. Elle doit aller sur le terrain et discuter avec les groupes armés pour qu’ils renoncent aux actes de violences. Malheureusement, ce n’est pas le cas de la société civile centrafricaine. Elle n’a aucune vision, aucune initiative allant dans le sens de la paix et de l’unité nationale.

Quand on critique, il faut à la fin proposer une solution qui peut aider la population à retrouver la stabilité et la paix. Quel est l’apport des hommes politiques et de la société civile en termes de sensibilisation des groupes armés ? Néant. C’est quand l’acte est consommé que les pécheurs en eaux troubles sortent de leur coquille pour critiquer, critiquer et critiquer. Ils ne proposent jamais une solution pour la sortie de crise. Tout compte fait, les centrafricains n’ont aucun sens de l’amour. La paix et la sécurité ne sont pas l’affaire d’un régime ou d’une seule personne. La RCA nous appartient tous. Il est du devoir de tout un centrafricain quelque soit son origine, de se mobiliser comme un seul homme pour lutter contre les actes barbares des groupes armés. Quand certaines régions du pays sont paralysées c’est toute la population qui tire les conséquences. A quoi bon de croiser les bras et observer nos frères et sœurs mourir de faim et des maladies dans la brousse et sur le site des fortunes ?

 

Bénistant MBALLA

 

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