LA MINUSCA SE DIT « DEBORDEE » FACE...

Mercredi 27 Juin 2018 : 09H58

LA MINUSCA SE DIT « DEBORDEE » FACE A L’AUGMENTATION DES MENACES DES GROUPES ARMES. ET POUTANT…

Anti balaka seleka minuscaDans un article rendu public par nos confrères du journal Jeune Afrique,  Parfait Onanga-Anyanga, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en République Centrafricaine et Patron de la Minusca, a affirmé devant le conseil de sécurité des Nations-Unies, «la Minusca est débordée. Les menaces contre le personnel du maintien de la paix continuent de s’accroître ». Et pourtant, la Minusca dispose de dix mille cinq cents (10.500) hommes avec toute une armada impressionnante de guerre pour faire face aux menaces des groupes armés. C’est la preuve que la Minusca est déployée en République Centrafricaine pour caresser les rebelles dans le sens du poils et non pour les désarmer et pacifier l’ensemble du territoire.

Face à ce propos, nous pouvons affirmer sans pour autant nous tromper que la principale mission des Casques Bleus qui est et demeure la protection des populations civiles et le désarmement des groupes armés est vidée de sa subsistance. Parfait Onanga-Anyanga vient de donner raison à la presse qui ne cesse de dénoncer les insuffisances de la Minusca quant à la protection des populations civiles centrafricaines à Bangui et dans les villes de provinces, face aux menaces et attaques des groupes armés.

Dans un récent rapport, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU a reconnu aussi que la Minusca ne peut à elle seule assurer le fardeau de la sécurité en Centrafrique. La responsabilité première revient au gouvernement pour sécuriser le pays. Il a souhaité par ailleurs l’accélération et la mise  sur pied des forces armées nationales. Faut-il dans ce cas d’espèce continuer à maintenir la RCA sous embargo ? Nous pensons que non. Antonio Guterres doit désormais lever totalement l’embargo pour favoriser la réhabilitation et la mise sur pied effective de toutes les Forces de Défense et Sécurité (policiers, gendarmes et Forces Armées Centrafricaines) afin d’assurer la protection du peuple et les institutions de la République contre les attaques des groupes armés.

Bien des pays veulent doter la RCA en armes et autres effets militaires pour favoriser la réhabilitation et le redéploiement rapide des FSI. Mais l’embargo suspendu sur la tête de la RCA comme l’épée de Damoclès empêche certains Etats à voler au secours de l’armée centrafricaine. La quantité d’armes fournies par la Russie ne suffit pas pour équiper tous les éléments des FACA formés et d’autres qui se trouvent encore en formation. A cela, s’ajoute également le problème de la  logistique et d’autres équipements militaires pour le redéploiement de l’armée dans toutes les villes du pays.

Certes, la responsabilité première incombe au gouvernement de protéger son peuple et son territoire. Mais avec quels  moyens les autorités du pays peuvent assurer la protection du peuple et de la patrie, du moment où la procédure de la restructuration de l’armée s’avance à pas de caméléon et que l’embargo empêche toujours la dotation des FACA en armes et autres effets militaires ?

En 2017, un groupe d’experts de l’ONU a, dans un rapport, dénoncé les sources d’approvisionnement des groupes rebelles. Nous avons cru que les responsables des Nations Unies allaient prendre des mesures sécuritaires qui s’imposent pour couper ces sources d’approvisionnement. Hélas, peine perdue. Aucune mesure n’est prise jusqu’à la date d’aujourd’hui, puisque les frontières de la RCA avec ses voisins demeurent toujours poreuses et continuent de servir de couloirs de trafics illicites d’armes et munitions de guerre aux milices armées. Ce qui ne peut en aucun cas favoriser le retour de la paix dans tout le pays.

Le chargé d’affaires de l’ambassade des Etats-Unis à Bangui, a souligné cet aspect très important des frontières de la RCA qui restent poreuses. Ce qui constitue un handicap pour les autorités centrafricaines de prendre le contrôle des ressources du pays, du commerce et de l’immigration légale sur le territoire centrafricain.  C’est depuis fort longtemps que nous attirons l’attention de la communauté internationale sur cet aspect. Mais en fin de compte, il semble que nous prêchons toujours dans le désert du Sahara.

Heureusement, l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre est intervenu à la tribune du conseil de sécurité des Nations Unies, en sommant tous les groupes armés de déposer leurs armes et de s’engager sans délai et sans condition dans le processus de la paix. Le peuple centrafricain en a marre des dialogues qui pleuvent, mais sans résultat concret quant au respect des accords. Que pourrait se produire après le énième dialogue avec les groupes armés sous l’égide de l’Union Africaine ?

Seul l’avenir nous en dira plus car « qui vivra, verra », disent nos aïeux. A bon entendeur salut !

Bénistant MBALLA

 

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