LA MINUSCA PRETEND QUE LA VILLE DE BANGUI EST S..

Jeudi 16.11.2017 : 09H35

LA MINUSCA PRETEND QUE LA VILLE DE BANGUI EST SECURISEE. QU’EN-EST-IL AUJOURD’HUI ?

Koudoukou 2La Minusca par la voix de son porte-parole, Vladimir Monteiro prétend que la ville de Bangui est sécurisée. Cela sous entend que des dispositifs ont été pris pour soit riposter soit empêcher les éventuelles attaques des criminels, des drogueurs et autres bandits de grand chemin qui sèment et continuent de semer la mort et la désolation au sein de la population civile.

Mais les derniers événements survenus à la date du 11 novembre 2017 au niveau du 5eme arrondissement de la ville de Bangui prouvent à suffisance que la République Centrafricaine demeure encore un pays à haut risque où la moindre étincelle peut remettre le feu aux poudres, conduisant le peuple à l’apocalypse. Certains témoins oculaires des événements du 5eme arrondissement ont affirmé que des contingents de la Minusca sont déployés dans le 3ème et 5ème arrondissements de la ville de Bangui. Ces casques bleus sont basés aux commissariats desdits  arrondissements.

Dans ces deux (02) arrondissements, les drogueurs, les braqueurs, les criminels et autres malfrats qui y résident agissent comme bon leur semble. C’est grâce aux efforts déployés par les compatriotes musulmans centrafricains que le km5 considéré à l’époque comme le « couloir de la mort » a retrouvé son calme, son ambiance d’antan permettant à chaque fille et fils du pays de vaquer librement à ses occupations quotidiennes.

La présence de la Minusca dans les 3ème et 5ème arrondissements de Bangui ne garantit nullement la paix et la stabilité. Selon Vladimir Monteiro, la Minusca ne cesse d’effectuer des patrouilles dans la ville de Bangui pour sécuriser la population. S’agit-il des patrouilles touristiques ? Lorsqu’un attentat se produit en France ou aux Etats-Unis, le secteur est bouclé en un laps de temps par les éléments de la police et de la gendarmerie. Et dans les minutes qui suivent, l’auteur de l’acte est arrêté et remis automatiquement à la justice, en attendant que les enquêtes se poursuivent sur le terrain pour identifier les coauteurs et les complices.

Mais nous ne savons pas exactement ce que fait la Minusca avec les hélicoptères de combats, les chars et les véhicules blindés. Sont-ils des objets de purs décors ? Il n’est pas surprenant de voir les groupes armés défier l’autorité de l’Etat à Bangui et dans l’arrière-pays. Ils (groupes armés) savent que la Minusca, même avec son armada impressionnante de guerre ne pèse pas un gramme dans la balance. C’est ainsi qu’ils n’ont pas hésité un seul instant à tirer sur les Casques Bleus. Malgré cela, la Minusca n’est restée que l’ombre d’elle-même.

Nous avons toujours dit que le calme précaire n’est pas synonyme de la sécurité, de la paix et de la stabilité. Un petit événement peut basculer tout le pays dans un chaos indescriptible. A cet effet, des dispositifs sécuritaires adéquats,  nécessaires devraient être pris par les forces internationales pour mieux sécuriser la population. Nous avons toujours suggéré qu’il faut une patrouille mixte composée des Casques Bleus ainsi que des forces de défense et de sécurité intérieure (Police, Gendarmerie, Forces Armées Centrafricaines) pour renforcer les dispositifs sécuritaires. Hélas, peine perdue! Et les mêmes spectacles se reproduisent du jour au lendemain.

La police et la gendarmerie ont pour rôle le maintien de la sécurité et de l’ordre public. La Minusca est composée des forces de police et de la gendarmerie bien équipées et qui peuvent valablement patrouiller dans toute la capitale afin de lutter efficacement contre les actes de grand banditisme. Mais le constat est amer lorsque ces forces de la police et de la gendarmerie ne patrouillent que dans certains arrondissements de la ville de Bangui au motif qu’il y a le calme dans les autres arrondissements et quartiers. Un calme est-il synonyme de la sécurité et de la paix ? Pourtant, le braquage est devenu monnaie courante dans presque tous les arrondissements de la capitale. Les conducteurs des taxis-motos sont devenus la cible principale des braqueurs. C’est la cause principale des violences aveugles entre les communautés (musulmane et chrétienne) et qui crée souvent des cas d’attaques, d’enlèvements, de tortures, de disparition, de tueries, pour ne citer que ces quelques exemples.

Il n ya pas seulement les groupes armés qui sont des criminels. Les braqueurs, les drogueurs, les personnes soupçonnées de faux et usage de faux font partie intégrante des hommes cruels. Ils sont plus criminels que les combattants des groupes armés qui perturbent la paix, la sécurité, le vivre ensemble et la cohésion sociale au sein de la société. Il faut une sécurité musclée par les forces de sécurité intérieure pour les mettre hors d’état de nuire. Et en l’absence de l’armée nationale, ce sont les forces de la Minusca qui doivent effectuer cette tâche.

 

Bénistant MBALLA

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