LA MINUSCA PRETE POUR LE REDEPLOIEMENT

Vendredi 11 novembre 2017 : 08H44

LA MINUSCA PRETE POUR LE REDEPLOIEMENT DES FORCES DE SECURITE INTERIEURE : QU’ATTEND LE GOUVERNEMENT SARANDJI ?

Après le coup d’Etat de la Séléka, le 24 mars 2013, la gendarmerie, la police et les Forces Armées Centrafricaines (FACA) n’existaient que de nom. La sécurité, disons-le entre guillemets, n’était assurée que par les hommes de Michel Djotodia Am Non Droko, avec le corollaire des tueries des personnes doigtées et ciblées. Peu de temps après, la gendarmerie et la police ont repris du poil de la bête. Après la destitution du régime Séléka à Ndaména, au Tchad, par les chefs d’Etat de la CEEAC et le retrait de la Séléka de la capitale Bangui, les gendarmes et policiers ont commencé normalement à faire le travail comme il se doit, tant à Bangui que dans certaines villes de nos provinces. Quant aux éléments des FACA, n’en parlons pas. On va de formations en formations, de réhabilitations en réhabilitations des structures militaires. Ceux qui sont déjà formés et entraînés sont toujours sur le banc de touche. Ils ne sont ni opérationnels ni redéployés dans l’arrière-pays ou purement et simplement sur le terrain. Ils moisissent aujourd’hui dans les quartiers et attendent d’être équipés afin de protéger efficacement leurs concitoyens et défendre l’intégrité territoriale.

Malheureusement, les jours passent et se ressemblent. Les combattants des groupes armés continuent de massacrer les populations civiles, d’incendier des villages entiers alors que nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS) existent bel et bien. La sécurité des Centrafricains et la défense du territoire national sont confiées aux Casques Bleus de la Minusca qui font ce qu’ils peuvent pour ramener la paix. Après trois (3) ans et deux mois de prise de fonction de la Minusca, rien ne va dans le bon sens voulu par le peuple centrafricain. Les tueries, les massacres, les incendies des maisons, les viols et abus sexuels, les disparitions forcées, les prises d’otages, et que savons-nous encore, croissent de jour en jour. La proportion des populations déplacées et exilées a pris une dimension inquiétante.

Face à cette situation, le porte-parole de la Minusca se dit prêt pour le redéploiement des FDS (gendarmerie, police et surtout les FACA) aux côtés des Casques Bleus pour ramener la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. C’est une bonne nouvelle pour le peuple centrafricain qui attend, depuis plusieurs années, voir ses Forces de Défense et de Sécurité à l’œuvre. C’est le moment. Les Casques Bleus de la Minusca ont toujours été accusés à tort ou à raison d’être de connivence avec certains groupes armés et de les soutenir. Avec le redéploiement des FDS aux côtés de ces soldats onusiens, les Centrafricains peuvent espérer une meilleure protection par la Minusca et nos forces de sécurité intérieure. Car, sans nous voiler la face, la Minusca était déployée en Centrafrique pour protéger les populations civiles et aider le gouvernement à restaurer l’autorité de l’Etat. Elle ne doit en aucun cas se substituer aux forces nationales. La police, la gendarmerie et l’armée nationale sont en Centrafrique. Elles ont la lourde responsabilité de protéger leurs compatriotes et de défendre le territoire contre les envahisseurs qui sèment la désolation au sein des populations civiles. La Minusca n’a pas vocation à rester éternellement en RCA, même si leur mandat sera prorogé d’ici le 15 novembre 2017. Tôt ou tard, les Casques Bleus de la Minusca quitteront la RCA. Et qui prendront leur relève ? C’est toute la question qui se pose avec plus d’acuité. 

Et par rapport au redéploiement des FDS aux côtés des Casques Bleus souhaité par la Minusca, les Centrafricains lambda se posent la question de savoir : qu’attend le gouvernement Sarandji ? Nous leur disons tout simplement que la balle est désormais dans le camp de l’Exécutif centrafricain. C’est depuis quelque temps que la Minusca clame haut et fort qu’elle ne s’oppose pas au redéploiement des FDS dans l’arrière-pays. Mais qu’est-ce qui empêche le gouvernement d’agir conformément aux vœux et aux souhaits de la population centrafricaine et de la Minusca ? Est-ce l’embargo suspendu sur la tête des FACA comme l’épée de Damoclès qui constitue un frein à la dotation et au redéploiement des FACA ? Difficile de le comprendre. On dit et on répète que rien ne s’oppose à l’opérationnalisation des FACA. Curieusement, rien ne bouge d’un iota. C’est un statu quo.

Mais nous espérons que dans les jours à venir, tout ira dans le bon sens. La nouvelle ministre de la Défense Nationale et de la Restructuration de l’Armée, madame Marie-Noëlle Koyara et le nouveau ministre de l’Intérieur chargé de la Sécurité Publique, le général de Brigade Henri Wanzet-Linguissa se battent nuit et jour pour réhabiliter et redéployer les FDS dans l’arrière-pays. Donc, l’espoir renaît peu à peu. Le gouvernement, à travers ces deux (2) membres du gouvernement, en ce qui concerne la sécurité, fait une percée fulgurante. Mais ce n’est pas visible. Les Centrafricains veulent palper, toucher du doigt leurs forces sur le terrain et les voir manœuvrer pour les libérer sous le joug des groupes armés.

Le dialogue ne doit pas aussi être perdu de vue. Le gouvernement doit continuer à dialoguer avec les groupes armés pour une sortie de crise honorable. C’est lorsque ce recours est épuisé que l’usage de la force s’avère indispensable.

Nous exhortons le gouvernement Sarandji à se jeter à l’eau pour le redéploiement effectif des FDS aux côtés des Casques Bleus de la Minusca dans un bref délai. Ceci pour ramener la paix et la sécurité en RCA. Les Centrafricains attendent le gouvernement de pieds fermes sur ce sujet. La Minusca a donné le ton, le coup d’envoi du match. Les yeux du peuple sont tournés vers le gouvernement.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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