LA MINUSCA MET EN GARDE LES GROUPES ARMES REFRACTAIRES

Vendredi 27.01.2017 : 10H11

LA MINUSCA MET EN GARDE LES GROUPES ARMES REFRACTAIRES AU PROCESSUS DDRR CAR LA « LIGNE ROUGE » EST TRACEE A BAMBARI

Minusca patrouille 2

Le pays de feu président-fondateur Barthelemy Boganda redeviendra-t-il la République Centrafricaine d’antan considérée comme le « Havre de paix », la « Suisse africaine », et que savons-nous encore ? C’est faisable. Car ce qui est impossible à l’homme, est possible à Dieu. Ce que le peuple centrafricain attendait de la Minusca depuis plus de deux (2) ans, semble se concrétiser aujourd’hui. Et avec l’aide de Dieu, il deviendra réalité.

Au cours de la conférence de presse hebdomadaire de la Minusca, tenue ce mercredi 25 janvier 2017, à Bangui, à en croire le porte-parole de cette mission onusienne, Vladimir Monteiro, les groupes armés sont sommés d’intégrer ce processus DDRR. Cette sommation s’apparente à une mise en garde sévère contre les combattants des groupes armés qui continuent de donner du fil à retordre à leurs compatriotes dans l’arrière-pays. Si la ville de Bangui et ses environs connaissent une accalmie réelle, disons-le, certaines régions ou préfectures de notre pays sont constamment menacées par les branches dissidentes de la Séléka, telles le FPRC de Nourredine Adam, l’UPC d’Ali Daras, le MPC de Mahamat Alkhatim, les 3R de Sidiki et tant d’autres car la liste n’est pas exhaustive. A cela s’ajoute la LRA (Armée de Résistance du Seigneur) du tristement célèbre sanguinaire ougandais, Joseph Kony, très active dans les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou.

S’agissant des groupes armés centrafricains, nés après le Tsunami Séléka et qui n’ont pas adhéré au programme DDRR, Vladimir Monteiro a clairement signifié que la porte du DDRR leur est grandement ouverte. C’est une façon de leur demander, de les exhorter à rejoindre les autres qui ont pris l’initiative depuis fort longtemps. En outre la Minusca est montée au créneau en intimant l’ordre à ces va-t-en-guerre, ces hors-la-loi, ces criminels, ces bandits de grand chemin, de ne pas s’en prendre aux populations civiles, aux humanitaires qui apportent secours et aide aux personnes vulnérables, aux déplacés, sous peine d’être frappés sévèrement, durement par les soldats onusiens. La Minusca sera-t-elle entendue ? Cette énième mise en garde de la Minusca sera-t-elle exécutée ? Il le faut.

Les Centrafricains ont trop souffert dans leur chair pendant les durs moments de la crise. Et la Directrice Générale du FMI Christine Lagarde l’a souligné et reconnu dans ses propos liminaires lors de la conférence de presse, tenue le mardi 25 janvier au Palais de la Renaissance. Donc, il est temps de mettre fin aux agissements de ces groupes armés qui refusent toujours d’opter  pour le DDRR. Les Centrafricains veulent respirer un nouvel air. Il est inadmissible que dix (10) mois après le retour du pays à l’ordre constitutionnel, ces malfrats ne baissent pas les bras. On signale des affrontements par-ci, par-là. De pauvres civils sont tués, massacrés, égorgés comme des bœufs à l’abattoir sans aucune forme de procès. Alors que les Casques Bleus de la Minusca qui prétendent assurer la protection de ces populations civiles sont omniprésents en Centrafrique. Nous osons espérer que cette fois-ci les mesures prises par les soldats onusiens seront mises en pratique pour qu’un jour la RCA soit pacifiée et sécurisée.

En outre, la représentante adjointe du Secrétaire Général des Nations-Unies, Diane Corner, lors de sa visite à Bambari, ville meurtrie par des atrocités des groupes armés, a déclarée qu’une « ligne rouge » est tracée dans cette localité. Cette mesure draconienne est intervenue, au moment où les combattants du FPRC et du MPC se regroupent à Kaga-Bandoro pour s’en prendre à ceux de l’UPC. Cette « ligne rouge » est la bienvenue. Elle permettra d’épargner des vies humaines, car vous êtes sans ignorer que la ville de Bambari est devenue le refuge des déplacés venus de Bakala, Ippy, Alindao, pour ne citer que ces villes. C’est un ouf de soulagement pour les personnes vivant dans cette localité. Les vœux des centrafricains et leurs attentes se mettent doucement mais sûrement en place à travers les Casques Bleus de la Minusca. Nous leur jetons d’avance des fleurs en attendant que ces mesures annoncées soient traduites sur le terrain.

La balle est désormais dans le camp des groupes armés. Ils n’ont que deux (2) options. La première, c’est de s’aligner sur le processus DDRR, surtout les réticents. La seconde, c’est de ne pas franchir la « ligne rouge » ou la « zone rouge », instaurée à Bambari et de ne pas s’attaquer aux populations civiles. Le refus d’observer ces instructions, entrainera sans doute des conséquences drastiques. L’épée de Damoclès de la Minusca s’abattra sur leur tête, l’étau se resserrera autour d’eux et le rouleau compresseur de la Minusca se mettra en marche. Mais il convient de souligner à la Minusca que, une chose est d’inventer des formules magiques, telles, « mise en garde », « ville sans armes », « ligne rouge », une autre est de les mettre en œuvre pour redonner confiance aux Centrafricains.

Nous espérons pour notre part que cette fois-ci les Casques Bleus de la Minusca vont monter en puissance, mettront à exécution leur mandat robuste et protégerons les populations civiles comme il se doit. Les groupes armés qui n’ont pas adhéré au processus DDRR et qui commettent des exactions de tout genre, ont l’obligation de faire marche arrière pour que la foudre de la Minusca ne s’abatte sur eux.

« Un homme averti en vaut 1000 », dit un adage populaire.

Chers compatriotes, combattants des groupes armés, déposez les armes pour faire la paix. Le pays a besoin de vous pour sa reconstruction. Les Banguissois ont retrouvé la paix, la quiétude, la stabilité, la réconciliation banguissoise et la cohésion sociale dans la capitale. L’heure n’est plus aux armes, mais à la reconstruction nationale et au développement. Nous avons perdu du temps inutilement, en nous entretuant et en détruisant systématiquement notre propre pays. Il nous revient maintenant de le reconstruire sur des fondements républicains solides, dans la cohésion sociale et la réconciliation nationale. Personne ne viendra se substituer aux Centrafricains pour redresser et relever le pays. Et c’est dans la paix, la stabilité que nous pouvons reconstruire notre beau et cher pays, la RCA.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire