LA MINUSCA ET LE GOUVERNEMENT DOIVENT PRENDRE...

Lundi 26.03.2018 : 12H18

DETERIORATION DE LA SITUATION SECURITAIRE ET REGAIN DE VIOLENCES A BAMBARI, ALINDAO… LA MINUSCA ET LE GOUVERNEMENT DOIVENT PRENDRE LEURS RESPONSABILITES

Onanga anyanga 1A l’approche de l’an 2 du président Touadéra au pouvoir depuis le 30 mars 2016, l’on observe un regain de violences dans certaines villes de nos provinces. Dans les préfectures de la Basse-Kotto, de la Ouaka, de la Nana-Gribizi, les affrontements entre les combattants de l’UPC du tristement célèbre mercenaire nigérien Ali Daras, Mahamat Alkhatim du MPC et les Anti-Balaka ou Autodéfenses sont quasi-quotidiens et ne permettent pas le retour à la sécurité et à la paix tant recherchées par les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Chaque jour qui passe, on entend parler des détonations d’armes de tout calibre par-ci, par-là.

Dans la préfecture de la Basse-Kotto, précisément à Alindao, au tout début de la semaine passée, des affrontements ont opposé les éléments de l’UPC aux Anti-Balaka. Les habitants de cette ville, pris de peur, paniqués, dépassés par les malheurs qui s’abattent sur eux, se sont réfugiés non loin de la base de la Minusca. Malgré tout, les combattants de l’UPC les ont poursuivis. Ne pouvant rester indifférents aux cris de détresse, de lamentation de ces déplacés, puisque leur mission principale est de protéger ces derniers, les Casques Bleus de la Minusca et les Séléka se sont affrontés violemment. A l’issue de ces échanges de tirs, deux (2) éléments de l’UPC ont trouvé la mort et deux (2) Casques Bleus légèrement blessés. Un calme précaire règne dans la ville, à en croire le directeur de l’information de la Minusca, Hervé Verhoosel. Mais d’après les informations dont nous disposons, émanant de la ville d’Alindao, la situation sécuritaire peut se dégénérer, car les Séléka sont toujours sur leurs dents. S’agissant des Anti-Balaka, ils se regrouperaient aujourd’hui. Donc la ville d’Alindao risque de sombrer dans une autre crise qui serait catastrophique pour les populations civiles déjà meurtries par tant de mois de violences inouïes, bestiales, inhumaines, perpétrées par les Séléka et les Anti-Balaka.

Non loin de la ville d’Alindao, un énième affrontement a eu lieu dans les environs immédiats de Bambari, chef-lieu de la préfecture de la Ouaka. Il oppose toujours les hommes de l’UPC aux Anti-Balaka. C’est l’assassinat odieux d’un Anti-Balaka soupçonné par les Séléka qui a mis le feu aux poudres. Enervés, les Anti-Balaka s’en sont pris à ces derniers, tuant plus d’une dizaine sur une barrière. En représailles à ces tueries, les Séléka, venus d’Ippy et du village Maloum, ont pris pour cible les pauvres civils sans défense, tuant plusieurs compatriotes dont un prêtre et un directeur d’une école, tout en incendiant leurs maisons d’habitation. Bon nombre ont trouvé refuge dans la brousse. Ils manquent de tout : nourriture, eau potable, habits. Leurs conditions de vie se détériorent davantage. Ils ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger. Ces combattants Séléka ont progressé jusqu’à 35 kilomètres de la ville de Bambari, dans leurs exactions de tout genre, à en croire le député de Bambari 3.

A Mobaye, la tension est encore vive entre les rebelles de l’UPC et les Anti-Balaka. Ces derniers continuent d’affluer vers cette localité. Selon un habitant joint au téléphone, il a affirmé que tout peut arriver à tout moment. Les esprits des Anti-Balaka sont surchauffés. Quelques retournés ont encore repris le chemin de l’exil. Ceux qui ont regagné leurs demeures, repartent encore dans la brousse.

A Kaga-Bandoro, l’assassinat d’un élément Anti-Balaka par les hommes de Mahamat Alkhatim a failli mettre le feu aux poudres. Grâce à la médiation des autorités locales, un calme précaire règne dans la ville mais la tension est toujours palpable. Les activités commerciales ont repris timidement.

Face à cette détérioration de la situation sécuritaire dans les préfectures citées ci-haut, la Minusca et le gouvernement doivent prendre leurs responsabilités afin d’éviter un bain de sang. Les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA), formés et entraînés par l’EUTM doivent être équipés et redéployés dans les villes de l’arrière-pays où la tension entre les groupes armés ne faiblit pas. Nous pensons aussi pour notre part que ceux qui sont entraînés aujourd’hui au maniement des armes russes sont déjà prêts pour une opération militaire de grande envergure. Qu’est-ce qui empêche leur redéploiement ? Qu’attend le gouvernement ?

Le regain de violences qui gagnent de plus en plus certaines villes de nos provinces est inquiétant et grave. D’où nécessité pour le gouvernement d’agir vite, car il n’est sensé ignorer le redéploiement et l’opérationnalisation des FACA,  réclamés à cor et à cri par les Centrafricains du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Malheureusement jusqu’à ce jour, ils sont restés toujours sur leur soif. Et en absence des Forces de Défense et de Sécurité, les groupes armés en profitent pour tuer, massacrer les populations, incendier leurs maisons et greniers. C’est trop, et c’est déjà trop. Les FACA sont là. Ils faut les doter et les redéployer dans les zones en proie aux violences pour sauver des vies humaines.

La Minusca, de son côté doit se mettre résolument au travail. Les Casques Bleus ont pour mission principale, la protection des civils. Mais nous avons l’impression que cette protection ne se fait pas comme il se doit. Où est passé le slogan, « Bambari, ville sans armes et sans groupes armés », pour qu’on puisse entendre encore parler des tueries, des incendies des maisons dans Bambari 3 ? En ne mettant pas en pratique leurs mises en garde contre les groupes armés, leurs ultimatums, ils sont inefficaces devant ces seigneurs de guerre, ces hors-la-loi, ces malfrats et criminels de tout bord. Car un ultimatum, une fois expiré, l’intéressé doit agir le plus rapidement possible pour prouver à son adversaire ce dont il est capable. Mais avec les Casques Bleus de Parfait Onanga-Anyanga, c’est tout le contraire. C’est vraiment dommage pour une mission onusienne de maintien de paix dans le monde.

Toutefois, nous jetons des fleurs aux contingents de la Minusca basé à Alindao. Les témoignages des habitants, des serviteurs de Dieu qui nous parviennent de cette ville au sujet de ces derniers, sont  positifs. Que Dieu les protège dans leur mission en Centrafrique jusqu’à leur retour dans leurs pays respectifs. Ils ne seront jamais oubliés par les Centrafricains. Mais ceux qui soutiennent, ravitaillent les rebelles en armes et munitions, Dieu seul sait ce qu’il fera au dernier moment.

Pour ne pas aller trop loin, nous demandons tout simplement à l’Exécutif et à la Minusca de renforcer les dispositifs sécuritaires pour mieux protéger les civils dans les préfectures de la Ouaka, de la Basse-Kotto, de la Nana-Gribizi en particulier, et dans toute la République centrafricaine en général.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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