LA MARCHE VERS LA PAIX, DESORMAIS IRREVERSIBLE :

MARDI 31 .01.2017

LA MARCHE VERS LA PAIX, DESORMAIS IRREVERSIBLE : BANGUI A TOURNE LE DOS AUX ARMES ET LES CŒURS, LES ESPRITS, SONT AUX AFFAIRES ET AU DEVELOPPEMENT

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Bangui roule dans la paix, la réconciliation nationale et la cohésion sociale. Et pourtant, le désarmement n’a pas encore eu lieu. Les armes sont restées dans les quartiers. Mais la prise de conscience nationale est plus forte. Chaque Centrafricain a vécu dans son âme et dans sa chair, les affres de la guerre. Personne aujourd’hui ne veut revoir ces scènes d’horreur. Les valeurs morales remontent peu à peu en surface et le Centrafricain se rend à l’évidence qu’il est tombé trop bas, en dessous du seuil minimal. « Plus jamais ça », n’a été qu’un slogan de rencontre à « Brazzaville, alors que les Centrafricains devaient en faire un style de vie de tous les jours. Il faut le chanter en chœur « Plus Jamais ça ». Beau coup de sites de déplacés sont aujourd’hui vides, les gens ont regagné leur maison ou les ruines de leur maison, certains avec la peur au ventre, sentiment somme toute légitime, du fait que le désarmement n’est pas encore à l’ordre du jour.

Cependant, le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) avance quant au chapitre formation des combattants à des métiers divers. Malheureusement, il est à déplorer quelques groupes récalcitrants, les Anti-Balaka pro-Bozizé et le FPRC. Les revendications politiques n’ont plus droit de cité en RCA, dès lors que les élections ont déjà eu lieu et la communauté internationale a validé ces scrutins, les qualifiant des crédibles, démocratiques et transparents. Peut-on encore prendre certains compatriotes en otages, priver le quart du pays de liberté d’aller et venir et de leurs occupations quotidiennes ? Bozizé et Djotodia sont passés à la tête de l’Etat centrafricain. Lorsqu’on perd le pouvoir, on se range dans le camp de l’opposition et en ordre de bataille politique pour reconquérir le pouvoir par les urnes.

Bozizé et Djotodia sont les maux qui minent le pays. Que les Centrafricains souffrent, ce n’est pas leur affaire. Ils sont tous en exil, mais tirent les ficelles de leurs groupes armés respectifs et ils font mal aux Centrafricains et non à un régime, en particulier la population rurale qui mène une vie bestiale, inhumaine, dégradante, horrible.  Bozizé n’a aucun état d’âme pour ses compatriotes centrafricains, ceux-là qu’il a abandonné sous les feux des bombardements pour déguerpir, car débusqué comme un lapin. Bozizé peut-il s’entendre avec Djotodia, et contre qui ? Si Bozizé est capable de conclure un Accord avec les Séléka, il est aussi capable de reconnaître la souffrance du peuple centrafricain. Bozizé et Djotodia réconciliés, trinquant les verres, cela ne peut profiter qu’à la paix, car il n’y a plus de haine, d’ennemis, d’adversité, de rancœur. Nous nous persuadons de plus en plus que les Anti-Balaka pro-Bozizé et le FPRC de Djotodia, tiennent encore les armes contre la communauté internationale qui leur a coupé l’herbe sous les pieds avec les élections du 30 décembre 2015. Il n’y a plus d’objectifs politiques à atteindre, encore moins des revendications politiques qui tiennent la route. C’est désormais la logique de l’absurde, d’où des affrontements inter-Séléka, soit des exactions gratuites sur les populations civiles.

L’entêtement d’un groupuscules ne mènera nulle part bien du contraire, il contribue à exaspérer la communauté internationale qui entend soulager la misère des populations prises en otages dans les préfectures de la Ouaka, de la Haute-Kotto, du Bamingui-Bangoran, de la Vakaga, de la Nana-Gribizi et une bonne partie de l’Ouham-Péndé et la Nana-Mambéré. Les groupes ayant adhéré au programme DDRR, attendent depuis belle lurette dans la Vakaga, à Bangui, dans la Nana-Mambéré et bien d'autres localités. Nourredine Adam, Alkhatim, Abdoulaye Hissène, doivent se résoudre à déposer les armes et à intégrer le DDRR dont la porte reste grandement ouverte. A force de tirer sur la ficelle, bien des leaders  rebelles ont fini par y laisser leur propre peau: Jonas Savimbi en Angola en est une parfaite illustration. Bozizé et Djotodia doivent libérer le peuple centrafricain du joug de leurs groupes armés, car plus rien ne justifie leur posture hostile.

Bozizé a un parti politique, le KNK pour aller à l'assaut du pouvoir en 2021. A l'époque, le FPRC était conçu comme un parti politique né des cendres de l'ex-coalition Séléka, la rébellion la plus cruelle, la plus horrible, la plus sanguinaire de l'histoire de la RCA. Nous avons connu des mutineries avec des affrontements qui n'ont jamais atteint un tel seuil d'horreur. Malgré tout, les Centrafricains sont en pleine mutation morale pour tourner définitivement la page. Les Anti-Balaka n'en sont pas moins encore plus pire. Les Centrafricains sont entrés avec les élections de 2015, dans la sphère de la paix, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale.

 

Julien BELA

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