LA MANIPULATION POLITIQUE DES GROUPES ARMES

Mardi 31.10.2017 : 10H33

LA MANIPULATION POLITIQUE DES GROUPES ARMES : LA CLASSE POLITIQUE PLUS CRIMINELLE QUE LES REBELLES

Sur cent quatre vingt-huit pays dans le monde, la RCA est la lanterne rouge en termes d’indice de développement humain. Après la RCA, c’est le vide, le néant. La RCA vaut ce que valent ses hommes politiques, nains d’esprit, médiocres, haineux, citernes de rancœurs, hypocrites, fourbes, dépourvus de toute culture politique, véritables ennemis du peuple centrafricain. Dans les pays où la classe politique est douée de bon sens et de raison, une fois la compétition électorale terminée, tout le monde met la main à la pâte pour la reconstruction du pays. Les flèches politiques sont rangées dans les placards en attendant le prochain round, c’est-à-dire le prochain mandat pour rebondir. Le pays avant tout, la population d’abord. Tel n’est pas le cas en RCA.

Personne n’accepte de digérer son échec électoral. Mais cela ne suffit, il faut entraver tous les efforts de paix, de réconciliation nationale et de développement. Or, le peuple a fait son choix. L’heureux élu doit rendre compte à ce peuple à la fin de son mandat. Le peuple seul prononcera son verdict dans les urnes. La manipulation des groupes armés compromet toutes les chances de leurs auteurs de solliciter le suffrage du peuple. Ils sont des traîtres à la patrie. Auteurs intellectuels, ils sont aussi criminels que les groupes armés. Pire encore, ils manipulent les groupes armés contre leurs militants, leurs sympathisants et de surcroît leurs électeurs. Sont-ils démocrates au sens propre du terme ? Ils attisent la flamme de la violence, embrasent le pays, mais se cachent derrière le petit doigt et se permettent le luxe d’accuser Touadéra et son gouvernement et de déverser leur venin sur la Minusca. La Minusca doit se substituer à la classe politique, tout mâcher avant de leur mettre dans la bouche. Drôles de leaders politiques centrafricains, incapables de transcender leurs basses besognes.

 

« LE TEMPS DE DIEU EST

ARRIVE POUR QUE LE PETIT DEJEUNER DE PRIERE SOIT INSTITUE EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE »

 

 

Les Nations Unies et toute la communauté internationale savent que les leaders politiques ne veulent pas de la paix. Ce sont eux qui endurcissent le cœur et la position des groupes armés. Ce sont eux qui tirent les ficelles des affrontements et de la violence aveugle. Demain, en 2021, ils se présenteront devant ce peuple qu’ils ont efficacement contribué à martyriser, à massacrer, a incendier leurs maisons  et leurs villages, pour solliciter leurs bulletins. Le peuple centrafricain, contrairement à l’illusion des leaders politiques, n’est plus dupe. Ces leaders politiques vont cueillir ce qu’ils ont semé à Bocaranga, Batangafo, Bria, Bangassou, Mobaye, Kémbé, Alindao, Ippy, Gambo, Pombolo, Zémio... Les missions partent de Bangui, les appels téléphoniques téléguident les opérations. Les leaders politiques sont bien au courant des opérations des Anti-Balaka proches de Bozizé mais ils préfèrent observer un silence complice.

Le KNK est à l’Assemblée Nationale avec un groupe parlementaire. Les Anti-Balaka proches de Bozizé constituent la branche armée du parti travailliste KNK. Les députés s’acharnent sur le gouvernement, provoquent une crise institutionnelle qui n’en est pas une. Certains grands criminels issus des groupes armés, sont des députés. Quelle est leur contribution à la restauration de la paix ? Si la paix ne concerne que Touadéra et son peuple, pourquoi, diantre, manipuler les groupes armés ? Par leur silence, les députés sont également complices du KNK et de sa branche armée. Si Ali Darassa, Nourredine Adam, Abdoulaye Hissein, Alkhatim et Sidiki étaient basés à Bossangoa pour commettre les atrocités, la donne ne sera pas la même. Les Anti-Balaka, parents de Bozizé, vont semer la mort ailleurs, dans les autres localités, mais les députés se taisent parce qu’ils vont mourir dans une bouteille en acier. Si nous fermons les yeux sur la vérité et la réalité, nous devons aussi laisser la Minusca tranquille. Les Centrafricains ont peur de la mort et veulent que les autres se sacrifient à leur place. Pire encore, manipulation dans la main droite, accusation dans la main gauche, sommes-nous sérieux et conséquents avec nous-mêmes ?

Antonio Guterres n’a pas mâché les mots. Il n’y a pas de guerre religieuse en RCA, ni d’épuration ethnique, mais la manipulation de tel ou tel groupe par les hommes politiques. Bozizé, son clan et les Anti-Balaka, prennent pour cible privilégiée les peulhs et les musulmans. Tout le monde le sait, mais préfère le silence, on ne sait jamais. Les cerveaux politiques du FPRC et de l’UPC font autant de leur côté en tuant les chrétiens. Comment restaurer la paix avec autant de peaux de banane, autant de bâtons dans les roues, autant d’embûches, sur la voie de la recherche de la paix ?

Dans quel pays au monde, il y a 29 présidents ? Il n’y a qu’un seul avec un mandat précis. Ce n’est pas un mandat élastique comme en République Démocratique du Congo. Un vrai démocrate prend son échec pour une bataille perdue, mobilise ses militants, corrige les imperfections, pour repartir le moment venu à la conquête du pouvoir. Peut-on affirmer que Touadéra n’a pas réussi à ramener la paix ? Le monde entier par la voie de Antonio Gutterres, dénonce haut et fort, la manipulation des groupes armés par certains leaders politiques centrafricains. La plateforme des groupes armés l’a déclarée et se propose le moment venu de citer les noms des manipulateurs. Le général Zoundéko a dénoncé nommément le président de l’Assemblée Nationale, suivi d’un autre leader des groupes armés à Bria, Kaled. Les députés et tous les leaders politiques sont au courant de cette information. Depuis lors, le silence complice est de règle. Mais avec la Cour Pénale Spéciale (CPS), les uns et les autres seront dans l’obligation de révéler au grand jour les hiboux politiques et les loups sous la peau de l’agneau.

Le cycle des complots de coup d’Etat vient s’ajouter à la manipulation, au centre les groupes armés. C’est le niveau le plus bas qu’un leader de parti politique ne peut franchir. Qui sème le vent, récolte la tempête et qui tue par épée, périra par épée. Bozizé a pris le pouvoir par un coup d’Etat. Il a été renversé par un coup d’Etat. Djotodia s’est autoproclamé Chef d’Etat par un coup d’Etat, il a été débarqué par un coup d’Etat des Chefs d’Etat de la CEEAC. Catherine Samba-Panza a été élue à la tête de la transition, aujourd’hui, elle est sortie saine et sauve et elle joue une autre partition à l’Union Africaine, où elle supervise les élections. Voilà une femme intelligente, sage qui a vu plus loin. Après une haute fonction dans son pays, il faut des ambitions plus grandes à l’échelon international. C’est une fierté pour la RCA. Joachim Kokaté, non seulement est un homme de tenue, mais il faisait partie des groupes armés. Il a juré de dénoncer tous ceux qui fomentent un coup d’Etat, s’il en est informé, car les coups d’Etat ont fait trop de mal au pays. Il a dénoncé un leader politique qui voulait se servir de lui pour accéder au pouvoir. C’est une preuve flagrante du contact des leaders politiques avec les groupes armés, une preuve de la manipulation. Le complexe d’infériorité des leaders politiques face à Touadéra, les entraîne trop loin, voire à la perdition.

Julien BELA

 

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