LA FRANCE EN AFRIQUE : UNE QUESTION D’INTERET

Jeudi 08.11.2018 : 10H44

 LA FRANCE EN AFRIQUE : UNE QUESTION D’INTERET EGOISTE

La France, depuis la décolonisation de l’Afrique, n’a pas lâché d’une semelle ses ex-colonies. Cette dernière a toujours la main mise sur la politique, l’économie de ces pays. L’histoire de l’Afrique francophone nous révèle réellement que la France s’immisce encore profondément dans les affaires internes des Africains. Mais en République centrafricaine, le peuple a compris.

La visite de Jean Yves Le Drian, ministre français des Affaires Etrangères en RCA, a révélé clairement la position de la France vis-à-vis de la crise en RCA. Ce dernier est venu apporter un message de guerre et non de paix, des menaces au lieu du réconfort et diviser le peuple au lieu de chercher à le réconcilier. Depuis 2014, la Minusca est présente en RCA, avec à son passif d’innombrables défaillances et incapacités à stabiliser le pays. Malgré sa présence, les groupes rebelles continuent de commettre des exactions sur la population civile. Cette présence passive de la Minusca n’a pas changé la situation sécuritaire sur le terrain. Cependant, Jean Yves Le Drian veut dicter à la RCA sa volonté. Or, dans les relations internationales, l’on parle de la souveraineté des Etats. Aucun Etat ne peut s’ingérer dans les affaires d’un notre Etat. Mais la France s’est fortement ingérée dans la crise en RCA, dans la seule optique de déstabiliser le pays.

Si nous essayons de remonter le fil des évènements, nous pourrons comprendre que la France a toujours été dans le collimateur de la crise en RCA. Depuis l’époque où feu président Ange Félix Patassé avait déclaré les troupes françaises en RCA comme persona non grata, les relations sont devenues tendues entre la France et la RCA. Cette rupture d’avec la France avait entraîné d’innombrables problèmes en RCA. Les institutions financières nous avaient refusé des aides financières. Les arriérés de salaires se sont amoncelés. Le peuple centrafricain a eu à traverser des moments difficiles. Peu après, dans l’optique de revenir en RCA, les Français ont fait venir Bozizé au pouvoir. Ce dernier s’était autoproclamé libérateur. Avec une cohorte étrangère, notamment des mercenaires tchadiens, dits Zakawa, Bozizé a renversé feu président Patassé, de la même manière que les Français l’ont porté au pouvoir.

A bon chat, bon rat. Le pétrole centrafricain a été l’élément  déclencheur de la crise actuelle. La France a depuis toujours convoité le pétrole centrafricain. Mais quand Bozizé avait confié l’exploitation de l’or noir centrafricain à la Chine, la France s’est déchaînée, révélant ainsi son vrai visage au peuple centrafricain. La France a placé un pion en RCA, notamment les groupes rebelles issus de la coalition Séléka. Ces derniers commettent des exactions et profèrent des menaces contre le gouvernement centrafricain.

Depuis le début de cette crise, RFI ne cesse de jouer un rôle négatif en RCA. Ce média   diffuse des informations susceptibles d’envenimer le conflit. Depuis la nuit des temps, chrétiens et musulmans vivaient en paix. Mais les chaines françaises ne parle que d’un conflit intercommunautaire.

L’implication des mercenaires français dans la crise en RCA témoigne à suffisance que la France soutient les ex-Séléka. En effet, Christoph Rénauteau et Bernard Cousin sont des pions de la France pour aider à la destruction de la RCA.

La Côte d’Ivoire, au début des années 2000, a connu des périodes sombres. L’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo avait tenu tête à la France qui voulait faire main basse sur les richesses naturelles de la Côte d’Ivoire. Seulement, pour une question de recomptage des voix demandé par Gbagbo, la France a tapé du poing sur la table: c’est le début de l’Opération Licorne qui s’est soldée par l’arrestation de Gbagbo. La France lui a simplement rendu la monnaie de sa pièce.

En Libye, cette même France a joué un rôle très capital dans la déstabilisation du pays. Tous se souviennent du fameux discours de Sarkozy qui disait, « Kadhafi doit partir... ». Or, les enquêtes ont mis en cause Nicolas Sarkozy pour un financement illicite de sa campagne électorale. Mais feu Kadhafi avait été surpris de voir Nicolas Sarkozy le poignarder dans le dos.

Il est écrit quelque part que, « celui avec qui je partageais mon pain a levé son talent contre moi ». La France a clairement affirmé sa position vis-à-vis de la crise en RCA. La présence russe fâche, il faut proférer des menaces. Si Le Drian menace de demander le retrait de la Minusca, cela revient simplement à dire que la France équivaut à la Minusca qui veut maintenir le pays dans l’impasse. Or, il faut savoir que l’heure de la colonisation est passée depuis fort longtemps.

 

Jean Max DELOUGA

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