LA CULTURE POLITIQUE : POURQUOI CREER UN ...

Mercredi 05 Avril 2017 : 10H19

LA CULTURE POLITIQUE : POURQUOI CREER UN PARTI POLITIQUE QUAND LE LEADER N’A AUCUNE CAPACITE, UN LEADERSHIP HASARDEUX, SUBJECTIF ?

Touad 3

La guerre des idées, des concepts, des visions économique, sociale et culturelle font la force de la démocratie. Le peuple y tire matière à réflexion et se forge une opinion. La Jeunesse, l’avenir du pays, se gave, s’abreuve et se forge une personnalité. Des débats politiques sont enrichissants à tous les niveaux. Ce qui est loin d’être le cas en RCA, depuis la disparition de feu président Barthélémy Boganda et feu président David Dacko,  ceux-là, même si vous n’êtes pas militant de leurs partis politiques, vous avez envie de les écouter. La manière de s’exprimer, la sagesse, la rhétorique, le langage énigmatique, les terminologies, le langage image, ce sont de vrais hommes politiques. David Dacko avait  dit en 1981, «  vous m’avez rejeté, vous m’avez traité de femme. Vous allez voir pire que cela. Vous allez pleurer jusqu’à remplir deux paniers ». Les paroles de feu président David Dacko sont plus que vraies aujourd’hui. C’est un des grands démocrates de tous les temps en Centrafrique, dans la droite ligne du président Barthélémy Boganda. Auprès d’eux, la jeunesse a beaucoup appris, mais hélas n’a jamais utilisé ces trésors politiques.

Depuis les élections de 2015-2016, d’aucuns se complaisent dans des propos tels « Touadéra est mal élu », et que savons-nous encore. Dans ce cas de figure, il faut revoir les textes électoraux une fois pour toute, pour que les prochaines élections soient irréprochables, justes, crédibles, incontestables et incontestées. Beaucoup de leaders de partis politiques sont à l’Assemblée Nationale. L’autorité Nationale des Elections (ANE) est disposée à recevoir et corriger les imperfections, avec le concours de l’Assemblée Nationale. C’est le moment de bâtir des textes solides, résistant à l’épreuve du temps. La gouvernance de la cité n’est pas l’affaire de Touadéra seul. Malheureusement les critiques sont de bas étage et hautement subjectives. Elles n’instruisent personne, ni la jeunesse, ni les femmes, ni les hommes. C’est juste chercher les poux dans les cheveux de Touadéra, ce qui est stérile. Beaucoup de leaders politiques sont bardés de diplômes, ont occupé de hautes fonctions de responsabilité, ont eu à gérer le pays. Ce sont des atouts importants pour formuler des critiques rationnelles, scientifiques qui éclairent la lanterne de tout un chacun, notamment les médias. Les critiques qui se focalisent sur la personne, sur l’individu, ne sont d’aucune utilité pour la culture politique des concitoyens, en particulier la jeunesse. Ce n’est pas étonnant que la jeunesse Centrafricaine se retrouve déboussolée au carrefour des contraires.

L’an un du président Touadéra a permis de mesurer la qualité des interventions des leaders politiques de la RCA. Le ministère en charge du Secrétariat Général du gouvernement préside le comité des fêtes. Quand ce département s’engage, c’est l’Etat centrafricain qui débourse l’argent. Ce qui n’est pas le cas pour l’an un. C’est un comité d’organisation hors du circuit gouvernemental qui a pris en main les festivités. Touadéra a des comités de soutien. Il y a des gens au sein de ce comité qui ont mis la main à la poche pour honorer Touadéra. Toutes les activités viennent de ce comité qui a pris toutes les initiatives. C’est une grande première dans l’histoire de notre pays, que l’an 1 d’un chef d’Etat ne saigne pas le trésor public. Juste des actions sobres, symboliques, avec pour support les comités de soutien qui regorgent aussi des personnalités. Touadéra doit-il mettre la gendarmerie et la police dans la rue pour traquer ceux qui impriment les Tee-shirt ? Dès son investiture, il a été clair et net. Peut-il verrouiller tous les centrafricains ? Les gens qui ont un cœur pour Touadéra osent le faire avec leur propre argent. Pendant les élections, des particuliers ont mis la main à la poche pour financer les affiches géantes de Touadéra sans le consulter.

Il y a plus de cent partis politiques, plus de 20.000 organisations de la société civile, 140 députés, à l’échelle individuelle, la voix ne porte pas. Si ces différentes entités pouvaient s’organiser, mettre des représentants en place qui leur rendent compte, le débat serait plus intéressant. Touadéra pourra s’appuyer sur ces organisations. Il y aura quatre voix, dont celle de la jeunesse. Deux valent qu’un, dit un adage. L’individualisme, le moi, le déficit de culture politique, nous empêchent d’être efficace et de peser sur le cours des événements. Tous les jours, c’est « Touadéra, Touadéra, Touadéra », sans contenu persuasif, consistant et instructif. Les partis politiques ont accoutumé l’ensemble du peuple aux invectives, à la subjectivité.

Et cela se reflète au niveau des médias. Lorsque « quelqu’un fustige un autre », c’est là qu’il a bien parlé, c’est un homme courageux. La culture politique est éternellement naine en Centrafrique, roule trop bas et manque de hauteur et de clairvoyance. Cela rejaillit au sein du gouvernement. Alors que, les partis politiques, suite à cette grave crise, doivent éduquer, sensibiliser et former leurs militants à la culture de la paix, du civisme et du vivre ensemble. Ce n’est pas encore le cas.

Lorsqu’un chef d’Etat nomme un gouvernement, les ministres ne sont pas une propriété du président. Ils sont ministres de la République. Ils gèrent et innovent leur département, et par extension l’ensemble du pays. Un ministre est aussi un agent de développement, concevant et défendant des projets porteurs pour le pays, afin de créer les emplois et résorber le chômage. Le cabinet ministériel n’est pas une armoire pour s’y enfermer. Un département ministériel, selon ses attributions, est un tableau de bord : Qu’est-ce j’ai à faire avec ce département ? C’est développer mon champ d’action, mon secteur sur l’ensemble du territoire national. Le ministre met ses collaborateurs, ses experts au travail pour transformer en projet à réaliser, sa feuille de route. Le Conseil des ministres lui permet d’informer le chef de l’Etat, le premier ministre et ses collègues. Quelque soit le projet, il passe par un département ministériel pour se réaliser. Le ministre n’a pas le temps de dormir comme c’est le cas aujourd’hui. Face à Touadera, on joue au religieux, loin de lui, on dort copieusement sur ses lauriers. Le ministre sert son pays et non un individu, même si c’est le programme du président qu’il faut appliquer. (Suite au prochain numéro).

 

Julien BELA

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

 
×