LA CRISE CENTRAFRICAINE PLANIFIEE ET EXECUTEE PAR LA SELEKA...

Mardi 07 Mars 2017 : 09H52

LA CRISE CENTRAFRICAINE PLANIFIEE ET EXECUTEE PAR LA SELEKA POUR L’EXPLOITATION DES RICHESSES NATURELLES :  ALI DARAS, MAHAMAT ALKHATIM, NOURREDINE ADAM, ABDOULAYE HISSEIN, DES MILLIARDAIRES

Mine et diamant

La persistance de la crise centrafricaine n’est pas le fait du hasard. Déclenchée par la nébuleuse coalition Séléka de Michel Djotodia en décembre 2012, dans la ville de Ndélé, elle perdure aujourd’hui et est loin de voir le bout du tunnel. Même si treize (13) groupes armés ont adhéré au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) pour mettre un terme aux souffrances des Centrafricains, leur vision reste et demeure l’exploitation frauduleuse de nos ressources naturelles, telles le diamant, l’or…

Les affrontements meurtriers entre la coalition menée par le FPRC et l’UPC ne sont autres que des combats pour contrôler les zones diamantifères et aurifères. Nul n’est censé ignorer que les préfectures de la Ouaka et de la Haute-Kotto où se déroulent ces affrontements intercommunautaires, regorgent de l’or, du diamant. A titre d’exemples, le village Ndassima dans la Ouaka et la ville de Nzako dans la Haute-Kotto sont très riches en minerais. C’est la raison pour laquelle le FPRC et l’UPC se sont livrés à des combats fratricides très meurtriers pour le contrôle de ces zones. Le FPRC de Nourredine Adam, ayant constaté que l’UPC de Ali Daras, se fait du beurre sur son dos en exploitant ces minerais, a retourné son veste et s’est rebellé contre celui qu’il a engendré, à savoir Ali Daras. Nourredine Adam se contentait seulement de la reconquête du pouvoir de Bangui tandis que Daras visait l’économie. Il cherchait seulement à s’enrichir et non à prendre encore le pouvoir par la force.

Malheureusement pour Nourredine Adam, il s’est heurté au «  mur de Berlin » érigé par la Minusca. Ne pouvant réaliser ses projets machiavéliques de la prise du pouvoir et de la partition du pays, il est obligé de changer de tactique en exigeant à Ali Daras de quitter la ville de Bambari, ce qui fut fait. Faites aujourd’hui un tour dans les zones minières des préfectures citées ci-haut et vous conviendrez avec nous que la crise centrafricaine est une véritable ruée vers les richesses du sous-sol. Si aujourd’hui Daras, Nourredine, Alkhatim, Abdoulaye Hissein et tant d’autres chefs rebelles des groupes armés sont des milliardaires, ne soyez pas étonnés. Cette  crise qui persiste à n’en point finir est la convoitise des richesses du sous-sol de la RCA. Posez-nous la question suivante ,« n’y a t-il que les principaux chefs rebelles qui exploitent illicitement ces minerais d’or et de diamant » ?

Nous vous disons tout simplement non. En dehors de ceux-ci, certaines puissances de ce monde, ont, elles aussi, élu domicile dans ces gisements de minerais. Des avions vont et viennent à Bria, à Ndélé, à Kaga-Bandoro, à Bambari, pour ne citer que ces villes. Mais qui sont dans ces avions ? Ce sont les ressortissants des puissances de ce monde. Avec leurs valises diplomatiques remplies d’or et de diamant, ils s’envolent sous d’autres cieux, pour les écouler. Etant donné que c’est un commerce juteux qui leur profite aussi bien que les chefs rebelles, on fait tout pour que la crise ne prenne pas fin mais s’éternise.

Il n’y a pas que les rebelles et les ressortissants des puissances de ce monde qui gravitent autour de ce commerce illicite et illégal des minerais. Certaines personnalités du pays, par leur complicité, favorisent aussi cette exploitation frauduleuse de l’or et du diamant, voire des bois et ivoires. Profitant de leur position dans l’administration et avec l’absence de l’autorité de l’Etat dans nos villes de province, ces personnalités agissent comme bon leur semble. L’intérêt personnel prime au détriment de l’intérêt général. Le slogan, la  « Centrafrique d’abord » est relégué au second plan. Mais à la fin du mois, ce sont ces gens qui se bousculent à la porte des banques pour percevoir leur salaire. Quel genre de personnes ? Ne savent-elles pas que ce sont les recettes découlant de la vente de ces minerais par l’Etat qui permettent au gouvernement de faire face à ces dépenses régaliennes ? Et si celles-ci vont directement dans les poches des particuliers, comment le pays peut se développer ?  L’économie de la RCA peut-elle se porter bien, eu égard à ces manœuvres dilatoires ? Cette manière de faire est très grave et dangereuse pour le devenir du pays et l’avenir de son peuple.

Si Ali Daras est appelé aujourd’hui un « mal nécessaire », la faute nous incombe. S’il est milliardaire au même titre que les autres chefs rebelles, qui a occasionné cette situation ? Il ne fait aucun doute que ce sont les Centrafricains eux-mêmes. Nous sommes des loups pour nos compatriotes et des lions pour nos richesses du sous-sol. Demain, ceux que nous aidons à exploiter nos minerais vont repartir dans leur pays respectif et nous n’aurons que les yeux pour pleurer à longueur de journée. La misère ordurière, le chômage endémique, la pauvreté s’empareront de nous.

A l’allure où vont les choses dans les zones diamantifères et aurifères, nous exhortons nos compatriotes à abandonner leurs vieilles pratiques. Aux ressortissants des puissances de ce monde et des pays limitrophes de la RCA, nous leur disons que les richesses de la Centrafrique appartiennent aux Centrafricains. Il est hors de question d’activer  continuellement  la crise pour en profiter afin d’extraire l’or et le diamant centrafricains.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA  

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