LA CPI, LA CPS, LA COUR CRIMINELLE :

Mercredi 12.07.2017 : 10H25

LA CPI, LA CPS, LA COUR CRIMINELLE : LE ROULEAU COMPRESSEUR EST EN MARCHE ET LA DOCUMENTATION NE FAIT GUERE DEFAUT

Justice, Vérité, Réconciliation, Réparation sont les quatre (04) piliers de la restauration de la paix et de la sécurité en Centrafrique. Les poursuites seront simultanées pour les juridictions. Il faut répondre de ses actes devant la loi. Les requins, les baleines, les dauphins iront à la Cour Pénale Internationale (CPI), car ce sont les leaders, les chefs de guerre. Ensuite, ce sera le second pallier avec la Cour Pénale Spéciale (CPS). Enfin, les tueurs patentés, les destructeurs, les chiens méchants, seront collectés par la Cour Criminelle. La justice va rattraper tout le monde. Le MAPING englobe la documentation sur les crimes commis en RCA. Ce sont des pistes qui permettent à la justice de bien faire son travail. Tout a été documenté par les juridictions centrafricaines, les ONG internationales dont Human Right Watch, la FIDH, les ONG Humanitaires, les ONG locales. Il y a les sources gouvernementales à propos des assassinats, des crimes économiques et autres délinquances fiscalo-douanières.

Les sous-marins torpilleurs, les manipulateurs, les auteurs intellectuels, nuisent-ils à Touadéra, ou participent-ils aux massacres du corps électoral ? Candidats à la présidentielle, c’est vers le peuple, précisément le corps électoral qu’on se tourne pour solliciter son suffrage. Peut-on contribuer aux carnages de la population et demain aller solliciter son suffrage ? Le peuple centrafricain n’est pas aussi absurde qu’on le pense. Les partis politiques en savent quelque chose. Le peuple centrafricain a balayé du revers de la main tous les partis politiques à la présidentielle. Malheureusement, en RCA, l’histoire se répète. Cependant, à en croire les groupes armés, nous n’irons pas seuls en prisons, les manipulateurs, les sous-marins torpilleurs, les pêcheurs en eau trouble, seront avec nous. Le moment opportun, nous allons les dénoncer avec les preuves à l’appui. C’est pourquoi, selon les groupes armés, il faut agrandir la maison centrale de Ngaragba pour contenir tout le monde.

Peut-on faire l’Union Sacrée avec le couteau dans le dos ? Lorsqu’on a perdu les élections, il faut laisser l’heureux gagnant terminer son mandat et se préparer plus sérieusement aux prochaines échéances électorales. Pourquoi tant de haine, de jalousie, de rancœur, de tacles irréguliers ? Et si demain c’est votre tour d’être élu, seriez-vous content qu’on perturbe votre mandat ? Etes-vous réellement des démocrates ou des aventuriers, des marchands d’illusion, des profito-situationnistes, des charlatans politiques ? En Sierra Léone, au Ghana et partout ailleurs, il y a des élections. Les vaincus ont rangé leurs bottines pour attendre le match retour. Les leaders politiques centrafricains sont singuliers en leur genre.

Or, dans tous les pays de la zone CEMAC, aucun Chef d’Etat ne blague avec son pouvoir. Les disparitions et les arrestations sont monnaie courante. Personne n’est à l’abri, notamment les journalistes et les leaders de la société civile. Il suffit de tousser pour être en prison. Dire ce qu’on pense équivaut à la prison. Les réunions sont toutes suspectes. L’opposition, la société civile, les journalistes vivent dans la terreur. Ce sont des régimes totalitaires, absolus. Il suffit, pour un journaliste, de faire un tour dans le cadre de son travail, dans une zone où œuvrent les terroristes pour écoper de plusieurs années de prison. Tous les moyens sont bons pour museler systématiquement ses adversaires politiques, soit les faire disparaître pour toujours.

En Centrafrique, il faut avoir les nerfs de Touadéra pour ne pas céder à la tentation. On parle de coup d’Etat comme s’il s’agissait d’un jeu d’enfants. Des manipulateurs sont dénoncés, mais ils restent libres de leur mouvement. Les virgules dans le dos du pouvoir ne se comptent plus, mais personne n’est inquiétée. Des réunions obscures se tiennent çà et là, tout le monde est au courant, mais les auteurs ne sont nullement inquiétés. Kurunziza au Burundi n’a jamais fait de cadeau aux leaders politiques de l’opposition. Beaucoup vivent en exil. En RCA, il n’y a que les réfugiés et les déplacés internes fuyant les affrontements intergroupes armés. Le pouvoir de Bangui est hautement démocratique, affirmant la primauté du droit et du droit seul, comme principe de régulation de la société centrafricaine.

La Cour Pénale Internationale (CPI), la Cour Pénale Spéciale (CPS) et la Cour Criminelle attendent de pieds fermes. Il va falloir sortir indemne des mailles de la justice pour être sur la ligne de départ en 2021. La justice rattrapera tout le monde, les groupes armés, les leaders politiques ayant les mains trempées dans le sang des Centrafricains, répondront de leurs agissements devant la barre de ces tribunaux. Le Nuremberg à la centrafricaine mettra le rouleau compresseur du droit en marche en octobre 2017. Les quatre piliers, Justice, Vérité, Réconciliation et Réparation évolueront ensemble. La CPI, la CPS et la Cour Criminelle auront de bout en bout le soutien des victimes organisées en association pour réclamer la réparation des préjudices subis. Les ONG de défense des droits humains, tant nationales qu’internationales, fourbissent leurs rapports. Les avocats sont en période d’échauffement avant le marathon judiciaire du siècle. La RCA va vibrer au rythme des grosses pointures du droit où les terminologies barbares tomberont comme la neige.

 

Julien BELA

 

 

 

 

 

 

 

 

DESTABILISATION DES REGIMES DE BANGUI (PATASSE ET  BOZIZE) : DEBY ACCUSE DIRECTEMENT LA FRANCE 

 

«  Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil apparaitra », chantait le grand et célèbre musicien de la République Démocratique du Congo (RDC), Koffi Olomidé. Et c’est exactement  le cas aujourd’hui avec la France et le Tchad, pour leur implication effective dans les différentes crises militaro-politiques centrafricaines. La France et le Tchad s’accusent et rejettent mutuellement leurs responsabilités dans la déstabilisation des régimes en RCA. A ce  titre, les coups d’Etat du 15 mars 2003 et du 24 mars 2013 contre les régimes du feu président Ange-Félix Patassé et du déchu président François Bozizé Yangouvonda, sont révélateurs à plus d’un titre. Il ne fait aucune ombre de doute que la France et le Tchad y avaient joué des rôles très importants permettant à Bozizé et à Michel Djotodia de l’ex-coalition Séléka de prendre le pouvoir de l’Etat par des voies anti-démocratiques et violentes. D’où les malheurs et les souffrances qu’endure actuellement le peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Et qui nous dira le contraire ? Ni la France, ni le Tchad, qui sont responsables de l’insécurité généralisée, des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en RCA.

D’ailleurs, quand le président Deby déclarait dans une interview exclusive accordée à nos confrères de la RFI, de la TV5 et Le Monde, « … qui a armé les Anti-Balaka avec des grenades, des Kalachnikovs ? Qui a créé les affrontements entre chrétiens et musulmans ? Ce n’est pas le Tchad. Il faut demander à la France de faire une enquête. On a étiqueté le Tchad pour ne pas être accusé seul… ». Donc, Deby n’est pas passé par quatre chemins pour accuser la France d’être responsable de cette grave crise militaro-politique dont sont victimes la RCA et son peuple.

Qu’à cela ne tienne, pour nous et par déduction, nous disons aussi que c’est le Tchad qui a fourni des armes de guerre aux combattants de la nébuleuse ex-coalition Séléka. Et tous les Centrafricains, y compris les Nations-Unies le savent très bien. Alors pourquoi aujourd’hui, la France et le Tchad  nient leurs implications dans la déstabilisation des régimes en RCA ? Et pourquoi s’accusent-ils mutuellement ? A  vrai dire, « il n’y a pas de fumée sans feu », dit un adage africain populaire. C’est donc une guerre de positionnement géopolitique stratégique, transposée par la France et le Tchad sur le territoire centrafricain.

 (Suite au prochain numéro).

Le Petit YEKOA

 

 

 

QUI ALIMENTE LA CRISE ET LA SOUFFRANCE DES CENTRAFRICAINS ?

LA FRANCE, LE TCHAD, LES POLITIQUES, LES GROUPES ARMES

Jamais une crise n’a tant duré en RCA comme celle déclenchée par l’ex-Séléka. La RCA, depuis plusieurs années, a traversé des crises. Nous citons entre autres des coups d’état, des mutineries, des mouvements sociaux etc. Ces différents soubresauts ont fini toujours par s’éteindre en un laps de temps. Mais cette crise qui perdure et qui est loin de voir le bout du tunnel, a certainement des ramifications quelque part. Et les Centrafricains s’interrogent en ces termes ; qui alimente réellement la crise centrafricaine, la France, le Tchad, les politiques, les groupes armés… ?

C’est toute la question qui se pose avec plus d’acuité aujourd’hui. Comme un adage populaire dit, « il n’y a pas de fumée sans feu », c’est pour autant dire que la crise centrafricaine est alimentée par des mains invisibles. Et ce n’est un secret pour personne.

Au plus fort de la crise, la France, à travers l’Opération Sangaris, avait été accusée à tort ou à raison d’avoir distribué des armes et munitions aux groupes armés afin qu’ils s’entretuent, s’entredéchirent. Ce ne sont pas les populations de Bambari, du quartier Km5 à Bangui et tant d’autres qui nous démentiront. Certains leaders des partis politiques, des patriotes épris de paix, disons-le, sont monté au créneau pour dénoncer ces pratiques honteuses, machiavéliques qui n’honorent pas la France, ancienne puissance colonisatrice de la RCA. Si l’Opération militaire française, dénommée Sangaris qui est déployée en Centrafrique le 05 décembre 2013 au moment où les Anti-Balaka sont entrés dans la danse, a permis de sauver des vies humaines à Bangui et dans certaines villes du pays, néanmoins elle a fait trop de mal au peuple centrafricain. Au lieu d’éteindre complètement le feu qui consume la RCA, la Sagaris s’est retirée de ce pays à la fin octobre 2016, sept (7) mois après l’accession du président Faustin Archange Touadéra à la magistrature suprême lors de l’élection présidentielle qu’il a remporté au second tour devant le président de l’URCA, Anicet-Georges Dologuélé. L’Opération Sangaris fut un véritable goût d’inachevé. Aujourd’hui, la France ne tousse même pas sur la crise centrafricaine. Toute porte à croire qu’elle a pris ses distances vis-à-vis de la RCA.

Le Tchad, de son côté, a été à maintes reprises accusé par les Centrafricains de soutenir les rebelles de la Séléka, principalement le FPRC, branche dissidente de l’ex-coalition Séléka, patronnée aujourd’hui par  Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène. Entretemps, ce pays voisin a participé activement à la chute du président général François Bozizé-Yangouvonda. Dans les régions du Nord, du Centre-est sous le contrôle du FPRC, la présence des mercenaires ou militaires tchadiens est toujours signalée. A Bria, ils sont pleins et rendent la vie difficile aux habitants de cette localité. Le rapport des Nations Unies sur les exactions commises en RCA depuis 2003 à 2015 n’est pas passé par quatre chemins pour rendre coupable l’armée tchadienne dans les tueries, les incendies des maisons, les meurtres, les disparitions forcées, et la liste n’est pas exhaustive. Malgré la fermeture des frontières Tchado-centrafricaines par les autorités tchadiennes, des incursions des mercenaires et peut-être des soldats tchadiens en RCA sont quasi-quotidiennes. Ce ne sont pas les habitants de Kaga-Bandoro, Kabo, Bémal, Markounda, Sido et autres qui diront le contraire. Ces hommes en armes venus du Tchad sont visibles. D’autres ne parlent ni Français, ni Sango, la langue nationale. C’est dire qu’il y a d’autres mercenaires qui se sont joints aux tchadiens pour écumer à petit feu le peuple centrafricain.

En outre, selon le constat des uns et des autres, il n’y a pas que la France et le Tchad qui alimenteraient la crise en RCA. Selon certains leaders des groupes armés, un groupuscule d’hommes politiques centrafricains participent d’une manière ou d’une autre au regain des violences qui ensanglote le pays de feu président fondateur Barthélémy Bongada. Ceux-là, on les appelle les « assoiffés de pouvoir ». Ils veulent prendre le pouvoir de Bangui par la force. Ayant échoué sur tous les plans, ils manipulent aujourd’hui les groupes armés. Leur ultime objectif, c’est de parvenir au pouvoir. Et ce sont les combattants des groupes armés qui sont mieux placés pour les hisser sur la lune. Certains compatriotes centrafricains qui avaient pris les armes et qui n’en ont plus besoin, parce qu’ils veulent la paix sur toute l’étendue du territoire national, disent haut et fort qu’ils les dénonceront le moment venu. A l’heure actuelle, les Centrafricains attendent avec patience ce moment-là pour connaître ces complices ou coauteurs. Les noms de certains sont déjà révélés au grand jour. Nous n’avons pas besoin de vous le dire, vous les connaissez déjà.

Il convient aussi de signaler que certains groupes armés qui ont pourtant signé des accords de paix alimentent encore la crise centrafricaine. Aveuglés par les butins de guerre, ils n’ont nullement l’intention de déposer les armes. Car, aujourd’hui, ils signent des accords de paix, de cessez-le feu immédiat, demain, on les voit manœuvrer des armes. Sont-ils manipulés comme ils l’affirment ? Qu’est-ce qui les empêche de dire non à ces manipulateurs ? Rien et absolument rien. S’ils persistent dans la violence, c’est qu’ils y ont trouvé leur compté. S’ils  étaient des vrais fils de ce pays, déposer les armes pour faire la paix, ne devrait pas poser des problèmes pour eux. Hélas, ils sont aussi comme leurs manipulateurs, agissent exactement comme ces derniers.

Donc, de la France au Tchad en passant par les politiques, les groupes armés et tant d’autres complices, chacun a sa part de responsabilité dans la persistance de la crise en  Centrafrique. Nous pouvons accuser à tort ou à raison n’importe qui que ce soit, mais nous devons savoir aussi que chaque centrafricain a contribué à la violence sous d’autres formes. Raison pour laquelle nous demandons aux Centrafricains de nous mobiliser autour de notre président Faustin-Archange Touadéra pour qu’ensemble, nous cherchions des voies et moyens afin de sortir de cette crise.

La France et le Tchad doivent cesser leur politique d’autruche et aider réellement la RCA et son peuple à sortir de ce bourbier. La crise a trop duré. Le sang a trop coulé sous le pont. Il faut mettre un terme à cette barbarie, cette hémorragie. Et nous saisissons cette opportunité pour lancer un appel à tous ceux qui alimentent la crise centrafricaine de prendre conscience du mal qu’ils font à la population centrafricaine et de renoncer à cette pratique indigne, inhumaine, bestiale. C’est vraiment dommage !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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