LA CONSTITUTION DE LA RCA EST L’UNE DES PLUS MODERNES, NON...

Jeudi 27 Oct. 2016 : 10h53

LA CONSTITUTION DE LA RCA EST L’UNE DES PLUS MODERNES, NON CONFLIGENE, NI TAILLEE SUR MESURE : LES GROUPES ARMES DOIVENT S’Y REFERER DANS LEURS REVENDICATIONS

Touadera et selekaLa Constitution de la RCA a été adoptée par referendum, le 13 décembre 2015. Elle est l’une des constitutions les plus modernes au monde. Elle a été accouchée par une volonté populaire, durant la transition. Elle donne la chance à tout le monde. Elle n’est pas confligène. Elle n’a pas été taillée sur mesure pour les beaux yeux d’un individu quelconque. Touadéra est arrivé sur un plateau constitutionnel déjà prêt à porter. Il en est non seulement le garant, mais il doit également s’y conformer scrupuleusement. La séparation des pouvoirs n’est plus un mythe, mais une réalité palpable et vécue. L’Assemblée Nationale fonctionne. L’indépendance de la justice est affirmée, mais le droit ne semble pas saisir cette opportunité pour asseoir une justice ou un pouvoir judiciaire digne de ce nom. Les Etats-Unis se sont investis à fond dans la chaîne pénale, mais rien ne semble bouger dans le bon sens. Le clivage entre le peuple et la justice ne cesse de s’agrandir. Un nouveau palais de justice est en construction, mais les animateurs n’ont pas encore décidé de prendre la couleur locale. Comme disait le président Barack Obama, « il faut des institutions fortes et non des hommes forts ». Dans le contexte actuel, la justice centrafricaine est totalement inexistante, effacée. L’Etat de droit repose sur le DROIT. Il faut des hommes pour faire entendre la voix du droit et lui donner toute sa place. Le DROIT est incontournable en démocratie. C’est l’épine dorsale. Est-ce un problème de sécurité des magistrats ? L’environnement n’est-il pas propice à l’expression du DROIT ?

Francis Bozizé a été remis à la justice. Elle s’est prononcée en âme et conscience, personne n’a eu à redire : bon ou mauvais, l’avenir seul se prononcera sur cet arrêt. C’est un exemple qui inaugure l’indépendance de la justice centrafricaine. Les magistrats sénégalais se sont attirés un satisfecit de la planète dans le procès de Hisseine Habré. C’est un honneur non seulement pour la magistrature, mais aussi pour le Sénégal tout entier. C’est une référence. En son temps, la justice centrafricaine avait jugé l’ex-empereur Bokassa. Les juges et les avocats ont été célèbres, admirés dans le monde entier. Depuis ces beaux jours, le pouvoir judiciaire est en chute libre, une  dégringolade qui est encore loin de s’arrêter. Il est donc difficile de dire ce qui s’y passe réellement. Seulement, le peuple centrafricain est loin de se reconnaître dans la justice de son pays, malgré tous les efforts consentis par la Communauté Internationale. Il n’y a plus d’ingérence dans les décisions de la justice, et pourtant tout va mal. Le DROIT étant effacé, chacun en fait à sa tête, au gré de ses caprices; car convaincu qu’il ne sera nullement inquiété.

La Nouvelle Constitution de la RCA est impersonnelle. Or, les revendications de certains groupes armés, notamment le FPRC, le RPRC, l’UPC et le MPC, touchent directement la constitution de la République, socle de l’Unité nationale et de la cohésion sociale. L’incorporation au sein des Forces Armées Centrafricaines (FACA) est un acquis. La Communauté internationale, le gouvernement, en sont conscients. Il ne peut pas être question de quota, car la nouvelle armée centrafricaine en refondation doit être pluriethnique et équilibrée. Toutes les ethnies de la République, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en passant par le centre, doivent s’y reconnaître, s’y retrouver, pour barrer la route à toute hégémonie ethnique d’où qu’elle vienne. Touadéra est issu d’une ethnie hyper minoritaire qui ne peut supplanter l’Armée. Il est donc mieux placé pour veiller au dosage ethnique avec une même mesure pour toutes. Il se conforme strictement aux dispositions constitutionnelles, socle juridique de la République.

La Minusca dispose d’une immunité diplomatique conférée par les Nations Unies à travers la Convention de Vienne. La Ville Morte a donné lieu à toutes sortes d’agression contre le personnel de la Minusca, des jets de pierres en passant par des violences verbales. Ce n’est pas la coloration d’une Ville Morte qui consiste à rester chez-soi, un point, un trait. Les Nations Unies n’ont pas encore réagi, mais la France a sonné la cloche mettant en garde les pêcheurs en eau trouble. La non-violence et le dialogue prônés par le chef d’Etat, ont porté des résultats. Presque tous les groupes armés se sont manifestés, même les plus récalcitrants. Ils ont fait un pas vers le dialogue. La RCA est un  Etat de droit régi par une Constitution consensuelle. Toutes les revendications doivent être tamisées par la Constitution de la République. S’il faut octroyer cinquante pour cent (50 %) à une catégorie de la société, cela va créer un autre déséquilibre, ce qui n’est dans l’intérêt de personne. La nouvelle RCA qui se construit, a pour l’an zéro (0), donc basée sur la Constitution de décembre 2015. Il revient donc à tout Centrafricain d’y veiller pour l’égalité des chances de tout un chacun. Nouvelle Constitution, Nouvelle République, Nouveau Président, Nouvelles institutions de la République, Nouvelle manière d’agir, de voir et de concevoir la Nation Centrafricaine. Aucune région n’échappera à l’élan de développement global du pays.

Cette revendication à l’origine de la crise actuelle qui a plongé le pays dans l’abîme, a été entièrement prise en compte par l’actuel gouvernement. La Communauté internationale a également pris bonne note, afin de donner une réponse d’urgence aux populations du Nord-Est du pays. La RCA fait 623.000 Km2 et doit subir des transformations dans sa totalité. Pourvu que les armes se taisent définitivement pour que des actions allant dans ce sens soient entreprises. La réfection des routes a déjà commencé. D’autres projets suivront pour le bonheur de tous.

Julien BELAJeudi

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