LA COMMUNE DE NIEM-YELOWA DE NOUVEAU A FEU ET A SANG

Lundi 04 Sept. 2017 : 11H08

LA COMMUNE DE NIEM-YELOWA DE NOUVEAU A FEU ET A SANG

Sidiki 3rPourquoi n’y a-t-il pas de répit dans les affrontements intergroupes armés en général, et plus particulièrement les 3R de Sidiki et les Anti-Balaka de la région ? Qu’est-ce qui justifie ces affrontements meurtriers, quasi-quotidiens, diluviens intermittents ? Qui sont à leur origine ? Difficile de le dire.

Au courant de la semaine du 21 au 27 août dernier, des combats d’une rare cruauté ont opposé les hommes de RRR (Retour, Réclamation, Réhabilitation) du seigneur de guerre camerounais Sidiki aux Anti-Balaka de la commune de Niem-Yélowa. L’on dénombrait plus d’une cinquantaine de personnes tuées, des civils et des combattants. Des blessés dont nous ne connaissons pas leur nombre ont été aussi enregistrés. Comme d’habitude, dans les affrontements de ce genre, des maisons d’habitation sont parties en fumée. Les populations autochtones errent d’un lieu à un autre à la recherche d’un abri sûr. Ils ne savent à quel saint se vouer pour se protéger et leurs conditions de vie se dégradent de jour en jour.

Comme les affrontements de ces derniers temps ne suffisent pas, les hommes des 3R et les combattants Anti-Balaka se sont encore rentrés dedans ce mercredi 30 août 2017, plongeant de nouveau la commune de Niem-Yélowa à feu et à sang. Alors que les plaies sont encore béantes et que les proches des cadavres sont encore en deuil, un énième affrontement se déroule et se poursuit allégrement au vu et au su des autorités du pays et des responsables onusiens. Au moment où nous mettons cet article sous presse, aucun bilan des affrontements n’est encore disponible. Selon des témoins, des blessés sont transportés dans le centre de santé et suivent des soins, mais aucune information n’est filtrée au sujet de ceux qui auraient perdu leur vie. Et les raisons de ce nouveau regain de violence dans la commune de Niem-Yélowa ne sont encore connues.

En ce qui concerne les affrontements de la semaine surpassée, le porte-parole du mouvement politico-militaire, dénommé 3R avait clairement dit que c’est le vol des bœufs des peulhs éleveurs par les Anti-Balaka qui a poussé les combattants des 3R à s’en prendre à ces derniers. Une accusation balayée du revers de la main par l’un des responsables des Anti-Balaka. Mais qu’est-ce qui se passe réellement entre ces deux groupes armés qui ont élu domicile dans ladite commune ? Pourquoi se regardent-ils constamment en chiens de faïence et n’hésitent pas à découdre ? Difficile pour nous de le savoir compte tenu de l’éloignement de cette commune et peut-être du manque des réseaux téléphoniques.

Donc, il s’avère aujourd’hui indispensable de sensibiliser, de conscientiser les combattants non conventionnels sur la nécessité de la paix, du vivre ensemble et de la cohésion sociale.

Sans nous voiler la face, c’est par manque de connaissance que ces combattants persistent dans la violence car la Bible déclare, « faute de connaissance, mon peuple périt ». Nous avons l’impression que les leaders politico-militaires ne communiquent pas assez à leurs combattants sur le terrain, raison pour laquelle les violences s’amplifient, s’éternisent. Si les uns et les autres prennent conscience de la déconfiture avancée du pays, ils n’auraient pas agi de la sorte. A cause du vol de deux, trois, voire quatre bœufs, des dizaines et des dizaines de Centrafricains à Niem-Yélowa perdent leur vie. C’est vraiment aberrant, ridicule, pour ceux qui se lancent dans cette pratique. Car n’oubliez pas que, chaque fois qu’un affrontement surgit dans cette commune, le porte-parole des 3R ne parle que de vol des bœufs. Alors, pour élever des bovins, faut-il remuer ciel et terre ? Les individus qui exercent ce métier ont-ils opéré des miracles ? Nous ne le pensons pas.

Au vu et au su de ce qui se passe aujourd’hui dans la commune de Niem-Yélowa, l’arbitrage des autorités en charge de l’élevage et des responsables des 3R et des Anti-Balaka s’avère indispensable pour dénouer la crise. Croiser les bras et regarder les combattants non conventionnels écumer les Centrafricains à petit feu dans cette commune, est un silence complice. Ce sont des Centrafricains au même titre que d’autres. Ils ont besoin d’être protégés par leurs dirigeants. Et c’est ce que le député de cette circonscription réclame à cor et à cri, mais en vain. A quand la fin des souffrances de ces compatriotes ? Est-ce au retour de Jésus-Christ ? C’est trop, et c’est déjà trop leur peine, leur fardeau.

D’où nécessité de déployer les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) aux côtés des Casques Bleus basés dans la région, s’ils en existent, pour assurer la sécurité des populations civiles. Hier plus de cinquante morts, aujourd’hui peut-être une centaine, et demain combien laisseront-ils leur peau dans ces affrontements qui sont loin de voir le bout du tunnel ? Dieu seul le sait. Mais il convient de dire aux combattants Anti-Balaka et des 3R que l’heure n’est plus aux affrontements pour vol de bœufs, mais plutôt à la reconstruction de notre cher et beau pays, la RCA. Ceux qui meurent, ce sont des bras valides qui doivent participer activement à l’édification de la RCA.

Que cessent pour toujours les affrontements sans lendemain meilleur entre les hommes de Sidiki et les Anti-Balaka à Niem-Yélowa !

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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