L’UPC DE ALI DARAS LANCE UN ULTIMATUM DE 03 JOURS...

Mardi 30.05.2017 : 09H57

L’UPC DE ALI DARAS LANCE UN ULTIMATUM DE 03 JOURS AUX PRETRES ET AUX PASTEURS DE MOBAYE DE LIBERER LES DEPLACES

Ali daras 02Un groupe rebelle a-t-il le pouvoir de lancer un ultimatum aux religieux de libérer tous les déplacés qui se sont mis à l’abri dans les différentes églises ? Les combattants de l’UPC l’ont fait. Se croient-ils tout permis ? Il ne fait aucun doute.

En effet, dans la journée du samedi 27 mai 2017, un autre soi-disant général de l’UPC, patron des rebelles de cette dissidente branche armée de l’ex-coalition Séléka qui a élu domicile à Mobaye, s’est rendu dans les sites des déplacés, principalement à l’église Saint Joseph et à l’église évangélique Elim de Mobaye. Il a intimé l’ordre aux serviteurs de Dieu de faire libérer tous les hommes, femmes et enfants qui ont pris d’assaut ces lieux de culte. Il leur a lancé un ultimatum de 72 heures. Cet ultimatum doit en principe expirer le mardi 30 mai à minuit.

Qu’adviendra-t-il à l’expiration de cet ultimatum ? C’est toute la question qui se pose avec plus d’acuité. La population de Mobaye est aujourd’hui entre le marteau et l’enclume, à l’approche de la fin de cet ultimatum. A en croire un habitant de ladite localité, joint au téléphone et qui a requis l’anonymat, la peur gagne tout le monde. Les habitants sont inquiets. Ceux qui ont un peu de moyens financiers continuent de traverser la rivière Oubangui pour se réfugier au Congo Démocratique. Leurs conditions de vie se dégradent de jour en jour et ils ne savent plus à quel saint se vouer pour se protéger.

Le contingent mauritanien de la Minusca ne fait absolument rien. D’après des informations à notre possession, les Casques Bleus mauritaniens sont de connivence avec les combattants de l’UPC. Ces soldats onusiens sont en étroite collaboration avec les hommes de Ali Daras qui ont pris contrôle de la ville de Mobaye et y règnent en maître absolu. Les habitants de Mobaye ne peuvent pas appeler publiquement leurs frères et sœurs au téléphone pour dialoguer avec eux. Rester au bout du fil, c’est attirer la foudre des hommes de l’UPC. Se mettre ensemble pour échanger des idées est considéré par ces rebelles comme un complot pour les attaquer. Quant aux hommes, ils sont suivis à la loupe. Leur déplacement est contrôlé, si bien qu’ils n’ont pas le courage de se promener. Ils préfèrent se terrer dans les sites en attendant d’être délogés par ces hommes en armes après leur ultimatum de trois (3) jours. Les femmes de leur côté, ne savent plus où aller pour trouver de quoi à nourrir leurs enfants qui ne vont plus à l’école, alors que les examens de fin d’année ont déjà commencé.

La situation dans laquelle se trouve la population de Mobaye devrait en principe interpeller la conscience de nos dirigeants et de nos futurs éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) qui sont les Casques Bleus de la Minusca. Mais tel ne semble pas être le cas. Tout se passe comme si la ville de Mobaye est délaissée et la population abandonnée dans la gueule des loups. Même si aujourd’hui on ne signale aucun affrontement entre l’UPC et les éléments d’autodéfense assimilés aux Anti-Balaka dans la ville de Mobaye, la situation sécuritaire qui prévaut dans cette partie du pays est très alarmante. Le gouvernement et la Minusca ont l’obligation de prendre leur responsabilité avant qu’il ne soit trop tard. Le fait d’intervenir comme des sapeurs-pompiers après l’incendie n’est pas bon. Il est toujours déploré par la population centrafricaine, toute entière. La Minusca et nos autorités doivent changer de fusil d’épaule pour épargner des vies humaines en danger de mort à Mobaye et dans les autres localités du pays.

Nous souhaiterions qu’un autre contingent de la Minusca soit déployé à Mobaye avant l’expiration de l’ultimatum lancé par les combattants de l’UPC. Si la population de cette ville s’est déplacée dans les lieux de culte, c’est pour autant dire qu’elle se sent en danger et que le contingent mauritanien ne peut pas et ne pourra jamais la protéger contre les exactions de ces seigneurs de guerre, ces criminels qui n’hésitent un seul instant à faire usage de leurs armes.

Nous profitons de cette occasion pour mettre à témoin l’opinion nationale et internationale sur ce qui se trame à Mobaye. Que demain, personne ne nous dise qu’il n’est pas informé de la situation. Les habitants de Mobaye sont devenus les valets des combattants de l’UPC, après ceux de Bambari. Ce n’est un secret pour personne. C’est au vu et au su des autorités du pays.

Après la fin de l’ultimatum qui s’avance à grand pas, la ville de Mobaye ne risquerait-elle pas de sombrer dans un chaos indescriptible, si rien n’est fait ? Nous ne le souhaitons pas. Mais il faut agir vite pour éviter que le sang ne coule à nouveau.

A bon entendeur, salut !

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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