L’UPC D’ALI DARAS RENOUE AVEC LA VIOLENCE A BAMBARI : A.F. NG.

Vendredi 18.05.2018 : 08H59

L’UPC D’ALI DARAS RENOUE AVEC LA VIOLENCE A BAMBARI : A.F. NGUENDET MONTE AU CRENEAU ET DENONCE LA COMPLICITE DU CONTINGENT MAURITANIEN

Daras et nguendetLes combattants des branches dissidentes de l’ex-coalition Séléka laisseront-ils les Centrafricains en paix sur la terre de leurs aïeux ? Difficile de le dire. Ils sont loin de renoncer à leurs armes. Le regain de violences ces derniers temps à Bangui et dans certaines villes du pays témoigne à suffisance que ces criminels, ces va-t-en-guerre, ces hors la loi ne sont pas prêts pour une paix en Centrafrique. Tout porte à croire que ces groupes armés roulent la Communauté internationale et les autorités centrafricaines dans la boue durant cette saison des pluies. Ce n’est pas un secret mais plutôt une réalité. Tantôt les combattants Séléka disent qu’ils adhèrent au processus Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), tantôt ce sont ces mêmes hommes en armes qui s’en prennent aux populations civiles. C’est le cas des combattants du FPRC, de l’UPC et du MPC, respectivement de Nourredine Adam, Ali Daras et Alkhatim.

Dans la journée du mardi 15 mai 2018, les combattants de l’UPC d’Ali Daras, lourdement armés, en provenance des villages immédiats, ont attaqué la ville de Bambari, chef-lieu de la préfecture de la Ouaka. Cette attaque est intervenue après que trois (3) sujets peulhs aient été assassinés par les soi-disant non musulmans. Les représailles ont été foudroyantes, destructrices, meurtrières. L’hôpital préfectoral a été assiégé ; la mairie et le commissariat de la police de ladite ville sont tombés sous leur contrôle. On dénombre plus de dix (10) morts pour l’instant dont le gendarme, maréchal de logis Bertrand Bloubawane et des dizaines de blessés. Le bilan pourrait s’alourdir au fil des jours puisque ces combattants de l’UPC sont allés porte par porte pour traquer leurs proies, selon une source digne de foi. Terrorisées et prises de peur, les populations ont dû se refugier de l’autre côté du cours d’eau Ouaka, sur le tronçon qui mène à la ville de Grimari. Des maisons d’habitation ont été incendiées ; des édifices publics et privés ont été pillés et vandalisés ; des locaux des ONG nationales et internationales ont été saccagés et des biens emportés. Le gouvernement centrafricain n’a pas encore réagi à l’attaque de Bambari. D’après RFI, la Minusca a annoncé que la ville est sous contrôle des Casques Bleus. Mythe ou réalité ?

Or, selon l’ancien président du Conseil National de la Transition (CNT), Alexandre Ferdinand Nguéndet, originaire de la ville de Bambari, « Les Casques Bleus mauritaniens se sont joints aux combattants de l’UPC pour attaquer Bambari. Ils ont tiré sur les gendarmes et les Casques Bleus congolais qui défendaient la gendarmerie. Les populations civiles étaient en débandade ». Et d’ajouter, « Le contingent mauritanien de la Minusca doit être délocalisé de la ville de Bambari. Car Ali Daras est le beau frère de l’un des commandants de ces Casques Bleus ».

Les Centrafricains ne sont pas étonnés d’entendre que les Casques Bleus mauritaniens ont prêté main forte aux combattants de l’UPC. A Alindao, c’était la même chose. A Mobaye, c’est ce qui se passe aujourd’hui. Et le peuple centrafricain se demande pourquoi le contingent mauritanien se range derrière l’UPC. La raison est simple : les Casques Bleus mauritaniens et les peuhls nigériens d’Ali Daras sont tous des Foulatha. Comment voulez-vous que le contingent mauritanien laisse ses frères nigériens ? C’est cette situation qui pousse toujours les combattants de l’UPC à s’en prendre aux civils car ils savent que ce contingent mauritanien est avec eux. Donc, là où se trouvent le contingent mauritanien et les combattants de l’UPC, il n’y a et il n’y aura pas la paix. Les Centrafricains doivent le comprendre une fois pour toute.

L’UPC d’Ali Daras a renoué avec la violence à Bambari grâce au soutien de son allié historique, le contingent mauritanien de la Minusca. Nous pouvons valablement affirmer qu’Ali Daras a emboîté le pas à Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène dans leur projet de marcher sur Bangui. Si  aujourd’hui Bambari tombe sous le contrôle de ces combattants de l’UPC, alors, le boulevard est grandement ouvert. La « ligne rouge » tracée au village Ndomété et dans la ville de Dékoa n’existera que de nom. Les autorités centrafricaines doivent ouvrir les yeux sur ce qui se passe à Kaga-Bandoro, au Km 5 et actuellement à Bambari. Si elles ne font attention, le pire arrivera.

D’où nécessité de barrer la route à ces seigneurs de guerre qui se croient tout permis et au dessus de la loi. Les Centrafricains dans les régions sous contrôle de l’UPC et du contingent mauritanien doivent être vigilants. Lors de la cérémonie de remise des certificats à quelques deux cents éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) entrainés par les soldats russes au maniement des armes, le président Touadéra avait solennellement annoncé qu’une partie sera déployée à Bambari, et l’autre à Bangassou. Où en sommes-nous aujourd’hui avec ce déploiement ? Si ces militaires centrafricains étaient redéployés à Bambari, devrions-nous être à ce stade ? Le gouvernement a intérêt à prendre le plus rapidement possible ses responsabilités face aux agissements du FPRC à Kaga-Bandoro et de l’UPC à Bambari pour protéger les civils et défendre les villes de l’arrière-pays contre les envahisseurs. La Minusca disait, « Bambari, ville sans armes, sans groupes armés », « ville modèle ». Ces slogans sont-ils encore d’actualité après l’attaque de cette ville le mardi 15 mai par l’UPC ? Que dira encore la Minusca ? Cette mission onusienne a complètement échoué en RCA car ses propos ne sont pas suivis des faits  sur le terrain. Qu’attend-elle pour… ?

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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