L’UPC ATTAQUE LES POSITIONS DE LA FORCE

Ven. 01/06/2018 : 10H35

BAMBARI : L’UPC ATTAQUE LES POSITIONS DE LA FORCE SPECIALE PORTUGAISE ET DES FSI

Ali darassa mahamatLa ville de Bambari, chef-lieu de la préfecture de la Ouaka, au centre du pays, vient une fois de plus de sombrer dans une violence, après la dernière attaque menée par les combattants de l’UPC qui a coûté la vie à plus d’une trentaine de personnes et a fait des blessés. Ces mêmes rebelles du tristement célèbre Ali Daras, chef charismatique et soi-disant protecteur des peuhls, sont entrés de nouveau en action, le mercredi 30 mai 2018, dans Bambari, localité meurtrie par des attaques à répétition de l’UPC.

Cette énième attaque, en l’espace de quelques jours, intervient alors que Bambari tentait lentement mais sûrement de reprendre son souffle. Les activités commerciales au Centre-ville avaient repris timidement. Quelques boutiques ont ouvert leurs portes. Malheureusement, de nombreux compatriotes qui se sont refugiés dans la brousse et dans les sites des déplacés, n’avaient pas encore regagné leurs maisons respectives, du moins celles qui n’ont pas été incendiées par les hommes d’Ali Daras. S’agissant de cette nouvelle attaque, les informations qui nous parviennent sont diverses et variées.

En effet, d’après un communiqué gouvernemental lu à la radio nationale, il est fait état de ce que, depuis quelques jours, les combattants de l’UPC ne cessent de tirer en l’air autour de l’hôpital préfectoral de ladite ville. Curieusement, ce mercredi 30 mai, ils ont voulu attaquer les positions de la force spéciale portugaise basée dans la ville et la gendarmerie. Les réactions ne se sont pas fait attendre. La force portugaise et les Forces de Défense et de Sécurité (policiers et gendarmes) ont riposté rigoureusement en boutant hors de la ville ces seigneurs de guerre, ces va-t-en-guerre qui prennent les armes pour le bout de leur nombril. Ils les ont pulvérisés. Pour l’heure, ils se sont retranchés dans les villages immédiats de Bambari, principalement dans les environs de l’élevage à quelques kilomètres de la ville.

Selon d’autres sources, c’est le vol d’une moto par les Anti-Balaka qui a mis le feu aux poudres. Des affrontements auraient opposé ces Anti-Balaka aux combattants de l’UPC. Après avoir pris le dessus, les hommes d’Ali Daras ont profité de la situation pour tenter d’attaquer les positions de la force spéciale portugaise et des Forces de Défense Intérieures (FSI). Des tirs à l’arme lourd et légère ont été entendus pendant plus de quatre (4) heures. Et à en croire l’ancien président du Conseil National de Transition (CNT), Alexandre Ferdinand Nguéndet, les rebelles de l’UPC ont incendié des maisons et le site des déplacés. Les femmes enceintes, les vieillards seraient tués. Dans leurs fuites pour trouver un abri sûr, des parents ont laissé derrière eux leurs enfants. Le bilan de cette attaque fait état de 12 à 14 morts dans le rang de l’UPC, selon une source concordante.

A la lumière de ce qui se passe aujourd’hui dans cette localité, ne peut-on pas affirmer que les slogans, « Bambari, ville sans armes, sans groupes armés », « ville pilote pour le vivre ensemble, la cohésion sociale » ont  volé en éclat ? Il ne fait aucun doute. La Minusca, en caressant les combattants de l’UPC dans le sens du poil, a donné feu vert à ces derniers. La ville de Bambari risque un jour de basculer dans la main de ces rebelles si le gouvernement ne prend pas ses responsabilités. Ali Daras qui a été contraint par la Minusca, reprendra pieds à Bambari, pour la simple raison que les responsables de la Minusca ne joignent pas l’acte à la parole. Pire encore, Ali Daras est considéré par cette force onusienne comme le « mal nécessaire ». C’est pour dire qu’il fait du mal à la population de la Ouaka, de la Basse-Kotto et consorts mais il est nécessaire pour la Minusca en lui fournissant les richesses du sous-sol centrafricain en contrepartie des armes et munitions. Pauvre Minusca de Parfait Onanga Anyanga qui est défiée constamment dans la ville de Bambari par les rebelles de l’UPC. Quelle honte pour les soldats dits de la paix !

Sans nous voiler la face, tant que le contingent mauritanien demeurera dans la ville de Bambari et dans certaines régions occupées par l’UPC, nos compatriotes n’auront pas de répit. Les plaintes, les lamentations, les gémissements, les pleurs des habitants, les tueries, les massacres, les incendies de maisons,  ne verront pas le bout du tunnel. Ce n’est pas un mythe mais plutôt une réalité que ces populations vivent au quotidien. Leur calvaire vient de ces Casques bleus mauritaniens qui sont à leur première mission de maintien de la paix de l’ONU et qui brillent par leurs connivences avec l’UPC d’Ali Daras. Nous ne savons pas si le salut de ces populations précitées viendra de la force spéciale portugaise et des Forces de Défense et Sécurité. Attendons de voir dans les jours à venir pour en dire plus.

A l’allure où vont actuellement les choses dans cette partie du pays, les habitants de Bambari et ceux des localités sous le contrôle de l’UPC doivent prendre leur mal en patience. Car, tant que les éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) ne seront pas redéployés dans cette localité, les différentes formules mathématiques à plusieurs inconnus, inventées par la Minusca, ne seront pas résolues par les Centrafricains. Les populations de Bambari ont intérêt à s’organiser pour se protéger contre les envahisseurs car il ne passe pas un jour sans qu’on entende que la ville de Bambari est attaquée, alors que la Minusca y est présente et l’a déclarée, « ville sans armes, sans groupes armés ». C’est quand même absurde. Jusqu’à quand cette force onusienne mettra-t-elle fin aux agissements de l’UPC à Bambari ? Probablement après le Retour de Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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