L’OPERATION « TOUMBA-ZENDE » ET « L’HOMME QU’IL FAUT A LA PLACE...

Mercredi 25 Janvier 2017 :13h45

L’OPERATION « TOUMBA-ZENDE » ET « L’HOMME QU’IL FAUT A LA PLACE QU’IL FAUT », DES INVENTIONS QUI ENCHANTENT, MAIS ONT FONDU COMME DU BEURRE

Sarandji 3

Les Centrafricains sont champions, toutes catégories confondues, dans les bonnes initiatives. Il ne se passe pas un jour sans que l’on invente des slogans, qui devraient vraisemblablement aider la Centrafrique à être sur le même diapason des autres pays africains. A l’époque du régime transitionnel de Catherine Samba-Panza, le slogan, «  plus jamais ça », avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Le peuple centrafricain, dans ce slogan ou cette formule magique, s’attendait à un retour, définitif de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Mais hélas, tel ne semble pas être le cas. Les tueries, les massacres, les incendies de maisons et villages ont redoublé d’intensité après les accords de Brazzaville d’où ce slogan est sorti. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les pleurs, les lamentations, les cris de détresse, les errements d’un lieu, à un autre, fusaient de partout. Les Centrafricains étaient les assassinats, les tortures, les disparitions, les prisés d’otage étaient devenus monnaie courante. « Plus jamais ça » ,  s’est volatilisé dans la nature comme une traînée de poudre. Ceux qui ont mis en place ce slogan, n’ont daigné un jour le respecter ou le mettre en pratique.

Après le retour à l’ordre constitutionnel du 30 mars 2016, avec l’investiture du président démocratiquement élu, Faustin-Archange Touadéra et la mise en place du gouvernement de Sarandji, d’autres slogans ont vu le jour. Il s’agit de l’opération, « Toumba-Zéndé » et de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Mais les jours s’égrainent et se ressemblent. L’Opération « Toumba-Zéndé » qui avait démarré en trombe avec certains ministres qui sont impliqués à fond, a fendu comme du beurre au soleil. Prévue théoriquement pour la fin de chaque mois, cette opération n’est plus d’actualité aujourd’hui. L’insalubrité gagne la capitale centrafricaine, Bangui et les villes de nos provinces. Les ministres résidents qui devaient donner les coups d’envoi de l’opération, « Toumba-Zéndé dans les seize (16) préfectures de la RCA, sont cloués dans leurs bureaux ministériels climatisés pendant que les tas d’immondices jonchent les grands artères et engendrent la multiplication des moustiques, surtout les anophèles qui provoquent le paludisme. Ces ministres se soucient-ils réellement de leurs compatriotes qui attrapent de diverses maladies, tels que le paludisme, le choléra et tant d’autres ? Où en sommes-nous avec l’opération « Toumba Zéndé » à Bangui  et dans nos villes de province ? Ces deux (2) questions reviennent de droit au Premier ministre et aux membres du gouvernement.

De l’autre, le Premier ministre, chef du gouvernement, Mathieu Simplice Sarandji, dans l’une de ses déclarations, a souligné qu’il appliquera désormais le slogan, « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », dans les nominations à des postes. Mais, force est malheureusement de constater que ce slogan n’est pas mis en pratique. La preuve en est qu’au sein même de son gouvernement, certains ministres voguent au gré du vent, sans savoir exactement ce qu’ils font. Les dossiers essentiels, importants qui devraient propulser la RCA après cette crise larvée, dorment dans les tiroirs. Personne daigne y jeter un coup d’œil. Certains ministres et directeurs généraux font à leur tête. D’autres estiment pour leur part que ce n’est pas leur régime, mais c’est celui de Touadéra. Même si le régime ne leur appartient pas, la RCA du feu Boganda leur revient de droit. Pour ce faire, ils doivent travailler jour et nuit pour son relèvement. Car Touadéra partira un jour et un autre Centrafricain lui succèdera. Pourquoi sommes-nous ingrats, fourbes, hypocrites, au point de laisser tomber notre pays, plus riche aux mains des étrangers qui exploitent nos richesses naturelles et écument nos compatriotes à longueur de journée ?

La mauvaise foi, la haine, le rancœur des Centrafricains et surtout de certains dirigeants ont franchi le seuil de l’intolérable. D’où nécessité de faire un remaniement ministériel ou de changer le gouvernement pour donner un nouveau souffle à l’Exécutif. L’opération « Toumba Zéndé » du gouvernement Sarandji a lamentablement échoué. Le slogan, « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », a laissé la place aux bras cassés, aux fainéants aux paresseux. Il est urgent et capital, pour l’homme et la sauvegarde de la nation centrafricaine, de trouver d’autres voies et moyens pour pallier  à ces carences constatées ça et là. Le  gouvernement Sarandji doit être reconstruit, redynamisé, recadré, pour que la RCA et son peuple aspirent à une nouvelle vie plus décente. Et cette responsabilité incombe au président de la République, Chef de l’Etat, professeur Faustin Archange Touadéra. « A bon entendeur, salut », dit-on.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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