L’INTERPELLATION DE YOUSSOUF, ALIAS « BIG MAN » A TOURNE...

Jeudi 09 Fév .2017 : 11H02

L’INTERPELLATION DE YOUSSOUF, ALIAS « BIG MAN » A TOURNE EN BAIN DE SANG AU KM5 : DES MORTS, DES BLESSES, DES EGLISES INCENDIEES

Police

Le mardi 07 février 2017, aux environs de 16 heures, le Km5, dernière enclave musulmane de la capitale Bangui, était en ébullition. Des tirs ont été entendus. Le marché du Km5 s’est vidé en un laps de temps de ses commerçants qui écoulaient leurs produits. Une scène de panique généralisée s’est emparée  des habitants . Des gens ont pris leurs jambes au cou.

D’après certains habitants du Km5 joints au téléphone, c’est l’interpellation de Youssouf, alias « Big man », successeur du défunt Capi, alias « 50 – 50 », tué par les éléments d’auto-défense du Km 5 au début du mois d’octobre 2016, qui est à l’origine de cette tension. En effet, « Big man » a succédé à « 50 – 50 » au mois de novembre dernier. Des exactions de tout genre qui sont perpétrées au Km5 après la mort de Capi, sont l’œuvre de ce drogué. C’est ainsi que les forces de sécurité intérieures, appuyées par les éléments de la Minusca sont allées l’interpeller. Malheureusement, son interpellation à tourné en bain de sang. Voulant tirer sur un élément des forces de sécurité intérieures, celui-ci l’a abattu sur le champ.

Ayant été informés de la mort de leur leader, les hommes de « Big man », pris de colère et de vengeance, ont incendié l’église catholique Saint Mathias qui se trouve non loin du Quartier général (QG) de « Big man ». L’église apostolique était aussi partie en fumée. Malheureusement son pasteur, l’ancien Haut Conseiller à la communication (HCC), Jean Paul Sakanga a été froidement abattu par ces malfrats. Les déplacés de l’aéroport Bangui-M’Poko qui ont regagné le quartier Gbaya-Dombia, ont du retourner sur leur site d’origine. Les bâches qu’ils ont installées et qui étaient temporairement leurs demeures ont été aussi brûlées. Ils se retrouvent aujourd’hui sans abri. Les quelques matériels distribués à ces retournés par certaines ONG humanitaires n’ont pas été épargnés. Ils sont nus comme un ver de terre à l’heure où nous mettons cet article sous presse. Que vont-ils faire pour subsister ?

Jusqu’au matin du mercredi 08 février 2017, le bilan exact de l’interpellation de « Big man » qui a mal tourné, n’est pas encore fourni par les autorités compétentes ou Médecins sans Frontières (MSF), qui d’après les habitants du Km5, avait participé au transfert de ces blessés et morts à l’hôpital. Le mystère demeure encore sur cette interpellation et ses conséquences. Et la rédaction de « Centrafric Matin » s’interroge en ces termes : le Km5 reste et demeure-t-il le « couloir de la mort » ? Il ne fait aucun doute. Malgré les efforts déployés par les éléments d’auto-défense et les FACA basées dans le secteur, les actes barbares sur les populations civiles se perpétuent et sont loin de voir le bout du tunnel. Si certaines zones du Km5 sont sécurisées, d’autres ne le sont pas. C’est le cas du quartier Gbaya-Dombia tenu par le défunt Youssouf, alias « Big man » et ses hommes qui règnent en maître absolu des lieux depuis plusieurs mois.

Nous condamnons avec la dernière rigueur les actes barbares, indignes, inhumains, bestiaux, perpétrés par les hommes de « Big man » sur leurs compatriotes et les incendies des églises et des maisons après la mort de ce dernier. Mais nous nous interrogeons de la manière suivante : le gouvernement et la Minusca, avant d’interpeller « Big man », ont-ils pris des mesures nécessaires pour protéger les populations au cas où cette interpellation allait prendre une tournure comme nous venons d’y assister ? Nous ne le pensons pas. Il y aurait certainement une faille dans cette opération. Et le gouvernement, et la Minusca ont intérêt à prendre préalablement des dispositions nécessaires pour ce genre d’opération au Km5. Car, ce n’est pas pour la première fois que les interpellations des criminels dans ce bastion musulman tournent au vinaigre. Les forces de sécurité intérieures et celles de la Minusca doivent redoubler de vigilance dans une telle opération.

Pacifier le Km5, c’est ce que la population banguissoise en général, et les commerçants du secteur en particulier, réclament à cor et à cri depuis plusieurs années. Si la pacification a déjà commencé, nous jetons des fleurs aux soldats onusiens et à nos forces de sécurité intérieures. Mais celle-ci doit se faire sans bain de sang, sans incident majeur. Ces forces devraient en principe quadriller ces malfrats, ces drogués et les neutraliser sans effusion de sang, ou quoi que ce soit.

Aujourd’hui, les détonations d’armes de tout calibre ont presque cessé dans les six (6) arrondissements de Bangui, sauf les 3ème et 5ème. Mais pourquoi ? D’où nécessité de trouver des voies et moyens pour mettre définitivement fin à ces tintamarres d’armes dont les conséquences sont toujours dramatiques pour les centrafricains. Pour ce faire, les habitants des 3ème et 5ème arrondissements ont intérêt à redoubler de vigilance, à informer à temps la Minusca,  la gendarmerie et  la police sur des personnes qui seraient suspectées de commettre des violences.

Aux dernières nouvelles, il y a eu 4 morts dont « Big man » et ses deux (2) aides de camp, y compris le pasteur Jean Paul Sakanga, et trois policiers ont été  blessés. Mais le bilan pourrait s’alourdir. Malgré la tension d’hier, le marché du Km5 a repris ses activités commerciales.

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

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