L’INTENDANT DU LYCEE D’ALINDAO...

Mardi 03 Oct. 2017 : 10H20

L’INTENDANT DU LYCEE D’ALINDAO NOUS RACONTE « SON CALVAIRE VECU AVEC LES PEULHS DE L’UPC ET LES ANTI-BALAKA, AVANT DE REGAGNER BANGUI »

Intendant du Lycée d’Alindao dans la Basse-Kotto pendant plusieurs années, Isaïe Ndakpanga, nous avait raconté son calvaire vécu avec les peulhs de l’UPC et les Anti-Balaka, avant de regagner Bangui, la capitale. C’était le samedi 30 septembre 2017 aux environs de 15 heures, à l’Ucatex dans le 8ème arrondissement de la ville de Bangui. Voici publié son témoignage émouvant et surtout accablant.

« Etant intendant au Lycée d’Alindao et à la prise de cette ville successivement par les peulhs de l’UPC ainsi que les Anti-Balaka, j’avais été l’objet de menaces et pourchassé par ces deux (02) groupes armés. Et ceci pour question d’argent, car je détiens les finances dudit Lycée, en ma qualité d’intendant.

Pourchassé par les peulhs de l’UPC, j’avais abandonné toute ma famille au site des déplacés internes, pour passer un (01) mois en brousse dans des conditions inhumaines et très pénibles. Et ce sont les Anti-Balaka qui s’étaient lancés à ma recherche pour me ramener au site des déplacés internes. Après avoir passé quelques jours, j’avais reçu une lettre de la part de ces Anti-Balaka, m’invitant à venir à leur base, pour soi-disant des entretiens. Une fois arrivé à leur base, ils m’avaient intimé l’ordre de leur remettre tous les frais d’assurance et des droits d’examen (Brevet de Collège et Baccalauréat), car tous ces frais sont destinés à l’Etat. Mais je leur avais fait savoir qu’il y a plusieurs rubriques parmi tous ces frais (part de la MASCA, impression des bulletins de notes et des cartes d’identité scolaire et autres). Sur ce, ils m’avaient donné un délai de deux (02) jours pour répondre à leurs exigences. Je ne m’étais pas présenté à l’expiration de ce délai, et à mon absence, des Anti-Balaka étaient arrivés à mon domicile et ont pris en otage ma première femme, car je suis polygame, et ma sœur aînée.

En fin de compte, je leur avais remis de l’argent dont je me réserve de vous donner le montant. Et c’est ainsi qu’ils les avaient libérées. Motif pour lequel je suis obligé de fuir la ville d’Alindao pour regagner Bangui, la capitale, le 26 juillet 2017, laissant derrière moi toute ma famille dans la brousse ».

Ce témoignage accablant et émouvant de la part de l’intendant du Lycée d’Alindao nous fait comprendre comment nos compatriotes de l’arrière-pays peinent, souffrent des actes criminels et barbares des groupes armés, qu’ils soient des factions Séléka ou des Anti-Balaka (Autodéfense). C’est pour autant dire qu’un rebelle reste et demeure toujours un rebelle, quelque soit sa  nature ou son appartenance ethnique, communautaire. Donc, il ne faut pas leur faire confiance, car étant des criminels et hors-la loi, sans pitié et ayant la gâchette facile.

 

Le Petit YEKOA

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