L’INACTION DU GOUVERNEMENT,

Lundi 02 Oct. 2017 : 11H16

L’INACTION DU GOUVERNEMENT, LA PASSIVITE DE LA MINUSCA, LE SILENCE ABSOLU DE L’ASSEMBLEE NATIONALE NE FAVORISENT GUERE LE RETOUR DE LA PAIX ET DE LA SECURITE

 

La crise centrafricaine enclenchée par l’ex-coalition Séléka dure bientôt cinq (05) ans. Elle ne faiblit pas et a atteint une dimension inquiétante. Les 14 préfectures du pays sont aujourd’hui partagées entre les groupes armés. Le regain de violence dans l’arrière-pays suit son petit bonhomme de chemin et s’éternise dans le temps et la durée.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les affrontements intergroupes armés s’allongent et ne faiblissent pas. Dans le Nord-Ouest du pays, précisément dans la préfecture de l’Ouham-Péndé, les éléments des 3R (Retour, Réclamation, Réhabilitation) de Sidiki, prennent contrôle des villes les unes après les autres. Bocaranga vient de tomber la semaine dernière sous leurs bottes. Au Sud-est de la RCA, les combats se poursuivent entre les Anti-Balaka communément appelés autodéfenses et les combattants de l’UPC de Ali Daras, majoritairement peuhls. On nous a signalé le lundi 25 septembre 2017 que les autodéfenses de Bangassou se sont transposés dans la ville de Zémio pour chasser les hommes armés, assimilés aux combattants de l’UPC qui ont pris contrôle de cette localité depuis quelques mois. A Mobaye et dans d’autres villes de la préfecture de la Basse-Kotto, des maisons continuent d’être incendiées par l’UPC. Les tueries à grande échelle, la chasse à l’homme, les destructions sont devenues monnaies courantes. Chaque jour qui passe est un véritable calvaire pour nos compatriotes de l’arrière-pays qui ploient sous le fardeau des groupes armés. Beaucoup ont dû quitter le pays pour se réfugier dans les pays limitrophes de la RCA. Les déplacés affluent sans cesse vers les sites. D’autres errent dans la brousse à la recherche d’un abri sûr. Les conditions de vie des déplacés et des réfugiés deviennent infernales, insoutenables, difficiles et dégradantes.

Et pourtant, un gouvernement légitime, issu des élections couplées de 2015 – 2016 a été mis en place. Il vient à peine d’être réaménagé. Des combattants des groupes armés y ont intégré. Le peuple centrafricain s’attendrait à des actions concrètes, sur le terrain en matière de la sécurité. Hélas, peine pendue. C’est toujours un statu quo. L’inaction du gouvernement n’est plus à démontrer. Tout porte à croire que les tueries, les incendies de maisons, les destructions systématiques, les pillages et exploitations frauduleuses des ressources naturelles du pays vont crescendo. Les groupes armés s’emparent d’une ville, massacrent les populations civiles, bref commettent des exactions de tout genre, ce n’est pas l’affaire du gouvernement. Personne ne tousse. Cette situation n’émeut personne. Tout se passe comme si la population est sacrifiée sur l’autel des groupes armés. A notre humble connaissance, c’est le gouvernement d’un pays qui assure la sécurité et la protection de ses administrés. Il a aussi l’obligation de défendre l’intégrité du territoire national. Mais en Centrafrique, c’est un autre son de cloche. C’est la population qui se débrouille tant bien que mal pour se défendre contre les actes barbares des mercenaires tchadiens, soudanais, nigériens, mauritaniens, maliens et autres. Où va la RCA de feu président fondateur Barthélemy Boganda ? A l’enfer ou au paradis ? Il est urgent et capital que le gouvernement se réveille de son sommeil profond. Son inaction a débordé le vase et nos compatriotes dans les villes de nos provinces ne se reconnaissent pas dans ce gouvernement de Sarandji. Les membres du gouvernement, pour se rendre à l’évidence, doivent effectuer des visites dans leurs préfectures respectives pour toucher du doigt les réalités sur le terrain. Heureusement que la ministre de la Défense Nationale et son collègue de la Sécurité font des pieds et mains pour régler certains différends.

Profitant de l’inaction du gouvernement, les Casques Bleus de la Minusca déployés en RCA pour protéger les civils en l’absence des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), sont et demeurent passifs. Des villes sont conquises, des individus tués sous leur barbe, des édifices publics et privés détruits, ils croisent les bras. Parfois ils n’interviennent qu’en sapeurs-pompiers après l’incendie qui a déjà tout ravagé sur son passage. Quand on leur signifie ces cas, leur porte-parole clame sur tous les toits que la Minusca est là pour protéger les civils. Où est la protection dès lors que les Centrafricains sont écrasés comme des mouches au vu et au su des Casques Bleus ? La Minusca se moque-t-elle du peuple centrafricain, surtout nos concitoyens dans l’arrière-pays ? Il s’avère indispensable qu’on leur dise clairement qu’ils sont passifs, immobiles, inactifs, non clairvoyants. Ils ne maîtrisent pas le terrain. C’est pourquoi ils voguent au gré du vent. Ou bien, c’est parce que certains contingents sont de connivence avec les groupes armés Séléka qu’ils ne veulent pas être actifs. C’est bien dommage pour cette force onusienne qui prétend protéger les civils sur le papier, mais en réalité sur le terrain, leur passivité est criarde. Les Centrafricains ne cessent de la dénoncer. Pauvre Minusca de Parfait Onanga-Anyanga qui est budgétivore et non réactive.

Le silence absolu de l’Assemblée Nationale face aux exactions des groupes armés n’est pas aussi exclu. Combien de sessions ordinaires ou extraordinaires ont-elles été consacrées à la crise centrafricaine afin que les députés s’expriment réellement et trouvent des voies et moyens pour la résolution pacifique de celle-ci ? Difficile de donner un chiffre exact. Seulement, il y avait une initiative parlementaire pour résoudre la crise. Curieusement, elle a fondu comme du beurre au soleil. Qu’est-ce qui explique cette situation ? Est-ce l’accusation portée par Didacien Kossimatchi contre le Président de l’Assemblée Nationale, Abdou Karim Méckassoua dans le prétendu coup d’Etat en préparation qui a mis un terme à cette initiative ?

Est-ce vraiment ça qui justifie aujourd’hui le silence de l’Assemblée Nationale ? Qu’on nous le dise. Car, il est inadmissible que les élus de la nation se taisent, observent un mutisme total alors que ce sont leurs électeurs qui sont abattus comme des bœufs à l’abattoir par les combattants non conventionnels. Pourquoi ce silence de cimetière ? Ceux qui meurent, n’est-ce pas eux qui les ont hissés sur la lune ? Vraiment les Centrafricains ont perdu le bon sens. Chacun cherche son intérêt national. C’est très grave pour l’avenir de la RCA.

Heureusement, certains députés haussent le ton et montent au créneau pour dénoncer les actes barbares de ces criminels, ces hors-la-loi, ces va-t-en-guerre sur les civils sans défense. Nous jetons des fleurs à l’honorable Michel Mandaba et sa suite qui ont mené une médiation entre les groupes armés rivaux à Bria. Ils ont tracé le chemin. Il appartient aux autres de leur emboîter les pas afin que cette crise prenne fin et que les Centrafricains respirent un nouvel air sur la terre de leurs ancêtres.

A vrai dire et sans nous voiler la face, l’inaction du gouvernement Sarandji, la passivité de la Minusca face aux exactions des groupes armés sur les civils, sans oublier le silence absolu de l’Assemblée Nationale sont les facteurs de la persistance de la crise centrafricaine. Si ces institutions nationale et internationale parlaient ou parlent le même langage, nous aurions déjà tourné le dos à cette crise. Force est malheureusement de constater que le gouvernement fait son petit bonhomme de chemin ; la Minusca, de son côté, agit  comme bon lui semble ; de l’autre, l’Assemblée Nationale, se contente de ne rien dire. Avec de telles attitudes, pensez-vous que le peuple centrafricain verra le bout du tunnel ?

 

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

 

 

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