L’« IMPUNITE ZERO » JETTE LE PAVE DANS LA MARE,..

Lundi 15.05.2017 : 09H40

L’« IMPUNITE ZERO » JETTE LE PAVE DANS LA MARE, D’OÙ LA RECRUDESCENCE DE LA VIOLENCE.

F a nguendetLes enfants chéris de la rébellion s’agitent. Le RPR de Ferdinand-Alexandre Nguéndet est dans la tourmente, depuis que l’« impunité zéro » est en marche. Nguéndet est un pur produit des ex-Séléka qui l’ont propulsé au sommet du Conseil National de la Transition (CNT), devenant la seconde personnalité du pays. N’oublions pas que Nguéndet a assuré durant deux semaines la présidence de la République par intérim. Président du CNT, il a effectué un déplacement à Bambari, dans la Ouaka. Un élément de sa garde rapprochée a été tué. De retour à Bangui, il a organisé un point de presse au CNT. C’était l’occasion d’arrêter Ali Daras, pourtant membre de la coalition Séléka. Nguéndét a avalé la pilule très amère sans aucune réaction foudroyante. Une fois dans le décor, Nguéndet se souvient maintenant de Ali Daras, sa cible privilégiée. Ce que Nguéndet a été incapable de faire hier, il veut l’imposer aux autres, afin que sa volonté soit faite.

Malheureusement pour le RPR et Nguéndet, l’impunité zéro se précise. C’est une recommandation forte du Forum National de Bangui (FNB). Dans quelques jours, les magistrats de la Cour Pénale Spéciale (CPS) prêteront serment et les choses sérieuses vont commencer. Les entités politiques qui ont des branches armées, sortent de leur tanière pour faire l’avocat du diable, de l’enfer. Ces partis politiques actionnent le levier de la violence. Le Sud-est de la RCA est à feu et à sang : Bangassou, ce samedi 13 mai 2017, à 04 heures du matin par les Anti-Balaka, version Nairobi, après le carnage au sein des Casques bleus de la Minusca. Les révélations de Joseph Zoundéko continuent de trotter dans notre esprit. Il a mis en cause le président de l’Assemblée Nationale, Abdoul Karim Meckassoua. P.A.T.R.I.E de Crépin Mboli-Goumba était le joyau de la gouvernance du régime Djotodia. Ce n’est pas l’ancien Premier ministre Nicolas Tiangaye qui nous démentira. A cette époque, les destructions de maisons faisaient rage. Les tueries sont le lot au quotidien. Les cadavres jonchaient les rues et d’autres charriaient sur l’Oubangui. Aucun ministre, aucun parti politique, aucune société civile n’a levé le petit doigt pour protester.

Seul Josué Binoua, ministre de la Sécurité s’est distingué en patriote, prenant des risques qui donnaient la chair de poule. Des colonels, des généraux séléka, ont été désarmés, des armes et des munitions ont été récupérées. Il a donné du pouvoir. C’est le seul ministre qui répondait à tous les appels de détresse d’où qu’ils viennent. Plusieurs fois pointé à bout portant, il n’a jamais reculé devant les combattants Séléka. Ce que Nguéndet, 2ème personnalité du pays et Mboli-Goumba, ministre d’Etat, n’ont osé faire. Les malheurs des Centrafricains ont fait le bonheur de certains hommes politiques sans scrupule. Pourquoi Nguéndet s’acharne maintenant sur Ali Daras ? Où était-il au temps chaud ? Pourquoi exclusivement Ali Daras et non Nourredine Adam ? La mort de Zoundéko est devenu une affaire personnelle. Serait-elle pressentie du CNT de la République du Logone ? Nguéndet et Mboli-Goumba s’agitent à Bangui, leur branche armée renoue avec la violence.

Anicet-Georges Dologuélé a reçu le soutien de Bozizé à travers le KNK et sa branche armée. La mise en place de la CPS et sa prochaine prestation de serment donnent la trouille. C’est le Forum de Bangui, sur la base de la Consultation Populaire, qui a recommandé cet outil de régulation sociale. Il n’est donc pas surprenant que l’explosion de violence soit en relation avec les agitations de certains partis politiques. Le peuple centrafricain n’est pas dupe. Il saura qui est qui, qui fait quoi pour sa sécurité, pour la paix et la réconciliation nationale. Des ingénieurs du Génie militaire cambodgien qui réparent les routes et les ponts, ont été froidement abattus, de même que le contingent marocain qui les escortait. Quelque soit le mobile, cela est inadmissible et nous condamnons ces actes barbares d’un autre âge contre les forces de maintien de la paix. Elles sont venues nous aider à sortir de notre propre sauvagerie qui a débordé le vase. Quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, la Cour Pénale Spéciale sera bientôt à pieds d’œuvre. Pour tenir le congrès d’un parti politique, il a fallu la liberté d’aller et venir pour que les militants soient présents. La paix est l’affaire de tous.

 

Julien BELA

 

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