L’HEURE DE LA JUSTICE A SONNE : « TIANGAYE,

Vendredi 30.06.2017 : 10H43

L’HEURE DE LA JUSTICE A SONNE : « TIANGAYE, NGUENDET, MBOLIGOUMBA, LES VICTIMES VOUS DEMANDENT DE RESSUSCITER LES MORTS »

Marche victimesLes victimes des pires atrocités de la crise centrafricaine montent au créneau et fustigent sur des banderoles, les pires ennemis de la paix et de la République. Est-ce un réveil réel des victimes ? Une chose est sûre, il n’y a pas de secrets dans ce monde. Il y a quelques jours, Joachim Kokaté évoquait la situation des leaders politiques qui ont soutenu mordicus le coup d’Etat de la coalition Séléka du 24 mars 2013. Voila que les victimes de la crise centrafricaine remettent en cause, Maître Nicolas Tiangaye, ancien premier ministre de Djotodia, Alexandre Ferdinand Ngendet, ancien président du Conseil National de Transition (CNT) et Maître Mboligoumba, ancien ministre d’Etat de Djotodia, tous leaders des partis politiques, à qui les victimes demandent de ressusciter les morts depuis 2012 à ce jour.

« Dologuélé putschiste », pouvait-on lire sur une banderole, accrochée à la grille du Tribunal de Grande Instance de Bangui. Joachim Kokaté, lors de sa conférence de presse au stade 20.000 places, a évoqué les cas des leaders qui manipulent les groupes armés avec de l’argent, afin qu’ils aillent semer la mort. Les langues se délient peu à peu et les Centrafricains sauront toute la vérité un de ces quatre matins. Il est temps d’agrandir la Maison Centrale de Ngaragba, car les clients seront nombreux au guichet unique. Les leaders des groupes armés s’agitent pour rien. Ils ne seront pas les seuls dans le collimateur de la Cour Pénale Spéciale (CPS) et de la Cour Pénale Internationale (CPI). La grande majorité des leaders politiques véreux seront dans la caravane pour Ngaragba. Nul n’est au-dessus de la loi et la loi est aveugle. Beaucoup de nos leaders, sont des avocats, des professionnels du Droit, mais hélas. « Djotodia, Nourredine Adam, Ali Daras, Abdoulaye Hisseine, Tiangaye, Nguéndet, Mboligoumba, les Centrafricains en ont marre de ces criminels », pouvait-on lire sur une autre banderole. Sur une autre encore, « Abat les Criminels du peuple centrafricain. Nguéndet = Bain de sang du peuple centrafricain ; Mboligoumba = Bain de sang du peuple centrafricain ...». Encore sur une autre, « Dologuélé et ses complices doivent être traduits devant la justice ».

Et pourtant, Dologuélé, Nguéndet et tant d’autres leaders politiques, sont allés à Rome, à la rencontre des groupes armés et Sant’ Egidio. Que sont-ils allés faire réellement  dans cette rencontre ? L’Assemblée Nationale d’un côté avec son Initiative pour la paix, et de l’autre, les partis politiques avec leurs propositions. Sant’ Egidio accouche d’un Accord politique assorti d’un cessez-le-feu, que faut-il prioriser ? Sant’ Egidio a fait l’essentiel, il revient aux Centrafricains de prendre leur destin en main et de sauver la patrie en danger. Selon Sant’ Egidio, « les groupes armés doivent respecter leur parole et leur signature. Que les groupes armés comprennent que l’Economie, le Social, les routes, le pays en a besoin ». Depuis 23 ans, la RCA vogue de crise en crise, une chaîne infernale qui a totalement ruiné le pays. La RCA a touché le fond du gouffre et ne peut plus descendre. Il est temps de la remonter en surface. Il faut être un patriote convaincu, un démocrate pour contribuer au retour de la paix et enfin la réconciliation nationale.

Rigobert Vondo et deux autres combattants pour la paix, la stabilité et la réconciliation nationale, sont trainés en justice par certains leaders politiques pour les avoir dénoncés. Le procès devait avoir lieu ce jour, 29 juin 2017 au Tribunal de Grande Instance de Bangui. Ils sont ovationnés par les victimes venus massivement les soutenir et les encourager dans leur militantisme pour la paix et la justice en Centrafrique. Comme le stigmatisait une figure de proue des groupes armés, « nous et tous les hommes politiques qui sont ici, nous serons à Ngaragba. Que personne ne se trompe. Il faut agrandir la prison centrale de Ngaragba pour recevoir tout le monde ». De tels propos mettent en exergue le grand déballage devant les assises de la CPS dont les magistrats qui la composent, prêteront serment ce vendredi 30 juin 2017. Les choses sérieuses vont bientôt commencer. Les avocats vont retrousser les manches de leur toge, car la partie promet bien des surprises. La presse va se régaler à souhait.

Selon le porte-parole de l’UPC, Souleyman  Daouda, « nous avons accepté que la justice fasse son travail… mais nous nous en tenons à la « Grâce présidentielle ». « Une  faute avouée est à moitié pardonnée », dit-on. La Grâce présidentielle ne peut intervenir qu’après le verdict de la Cour Pénale Spéciale (CPS). Quand aux sanctions des Nations Unies qui frappent certains leaders des groupes armés, Touadéra ne peut plaider leur sort que si ces leaders concernés, fassent preuve de bonne foi, de sincérité et s’engagent résolument pour la paix définitive en RCA. Le comportement des groupes armés est la seule voie qui puisse pousser Touadéra à faire preuve d’humanisme, à libérer, à réduire les peines ou à gracier X ou Y. Tout est question de bonne foi, de sincérité et de coopération patriotique pour la restauration de la paix, de la sécurité et ensuite, la réconciliation nationale qui boucle la boucle. L’Ex-empereur Bokassa 1er a été gracié, malgré les montagnes de dossiers criminels qui lui pesaient sur les épaules, d’où sa condamnation à l’époque. C’est avant tout notre pays, les groupes armés doivent le savoir. Nos compatriotes, particulièrement ceux de nos provinces, ont trop souffert. Faut-il encore tenir compte des populations déplacées, celles en exil. De grâce, sauvons notre pays !

 

Julien BELA

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