L’ETAT AVAIT DECRETE UN JOUR DE DEUIL MAIS LA SOCIETE CIVILE M...

Mercredi 26 Octobre 2016 : 10h04

L’ETAT AVAIT DECRETE UN JOUR DE DEUIL MAIS LA SOCIETE CIVILE UNE VILLE MORTE : QU’EN SERA-T-IL DU DESTIN DE LA RCA ?Touadera et lakosso

Depuis un certain temps, les Centrafricains ne font que parler de l’insécurité qui règne dans le pays. C’est bien de demander à la Minusca et au gouvernement centrafricain de tout faire pour ramener la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Car ces derniers, leur mission, c’est de protéger les populations civiles sans défense et de défendre l’intégrité du territoire. Ils font des efforts dans ce sens mais faute de communication, le peuple centrafricain du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest n’a rien perçu. Mais ceux qui ont compris la réalité de ce qui arrive aujourd’hui aux Centrafricains, savent que des efforts sont entrain d’être déployés à tous les niveaux. La sécurité et la paix tant souhaitées par les uns et les autres reviennent doucement mais sûrement à Bangui et dans certaines villes de nos provinces. C’est dans les régions du Nord, Nord-est et le Centre que le regain de violence est souvent fréquent.

Mais nous savons que les principaux leaders de l’ex-coalition Séléka qui se sont réunis du 18 au 19 octobre 2016 en Assemblée Générale (A.G) à Bria, ont réclamé certaines choses du gouvernement. Probablement, leurs revendications sont déjà parvenues au gouvernement qui entamera des négociations avec eux afin de trouver une issue favorable à la sortie de cette crise. Ces leaders de l’ex-Séléka sont des compatriotes. Ils ont certainement pris conscience de la déconfiture du pays. Raison pour laquelle ils veulent cantonner leurs éléments pour bien contrôler les brebis galeuses. C’est un pas vers l’avant et nous devons les encourager dans ce sens et les exhorter à faire encore plus pour la paix et la sécurité dans notre pays.

Mais ce que nous ignorons le plus souvent, c’est l’économie de notre pays. Nous savons tous aujourd’hui que les activités économiques, sont au ralenti. Les commerçants, les opérateurs économiques, les hommes d’affaires ne peuvent exercer librement leur profession. Les agriculteurs, les pêcheurs, les chasseurs, les pisciculteurs, et que savons-nous encore, sont constamment confrontés aux difficultés de tout genre. Et ce, à cause des ennemis de la République et du peuple centrafricain qui ne font que pousser les uns contre les autres dans le seul but de satisfaire leurs intérêts égoïstes, partisans au détriment de l’intérêt général. Et ceux qui paient le plus lourd tribut, ce sont des innocents qui se débrouillent au jour le jour pour avoir leur pain quotidien. Dans la journée du lundi 24 octobre 2016, beaucoup n’ont pu mettre quelque chose sous la dent à cause des évènements douloureux survenus à Bangui. Les enfants n’étaient pas partis à l’école. Les boutiques, les banques, les administrations, les entreprises, les sociétés d’Etat et parapublics, les organismes,  … étaient restés fermés.

Alors, savez-vous combien de millions de francs CFA sont partis en fumée ce lundi 24 octobre 2016 ? Il est difficile d’évaluer aujourd’hui les pertes. Mais les économistes, les financiers en savent déjà quelque chose. Le chef de l’Etat, professeur Faustin-Archange Touadéra avait décrété un jour de deuil et de prière en la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie à Kaga-Bandoro et ailleurs. Si la société civile, et nous voulons parler du Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC) dont Gervais Lakosso est le coordonnateur, avait le souci de son pays et de ceux qui sont tués, elle devait ensemble avec le gouvernement, organiser cette journée de deuil et de prière. Mais tel ne semble pas être le cas. En organisant la « ville morte » à Bangui, c’est encore faire chuter l’économie du pays qui, pourtant se relève peu à peu. Ensuite, c’est encore mettre les bâtons dans les roues de la table-ronde de Bruxelles, prévue pour le 17 novembre prochain. Si nos mémoires sont bonnes, cette mobilisation des bailleurs de fonds au chevet de la RCA, devrait mathématiquement l’aider à avoir son décollage économique. Mais les ennemis de la République ne l’entendent pas de leurs oreilles.

Une chose est de parler de la sécurité car sans elle rien ne peut aller dans le bon sens, mais une autre est de voir aussi l’économie, la santé, l’éducation, l’agriculture, bref tous les secteurs économiques du pays. De grâce, nous demandons aux organisateurs des villes mortes, des marches pacifiques, d’entamer des dialogues francs avec le gouvernement et la Minusca afin de sortir notre cher et beau pays la RCA, du bourbier dans lequel elle s’est enfoncée depuis quelques années. Les groupes armés doivent aussi déposer les armes pour permettre à leurs concitoyens de vaquer librement à leurs occupations habituelles et de vivre en paix sur la terre de leurs aïeux. Réclamer la sécurité, c’est bien. Mais faire progresser l’économie du pays, c’est aussi formidable.

Denis LOUGOUSSOU-NGOUVENDA

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